Entreprendre, c’est chic ! Société

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Nous y voilà ! En ce moment, j’interviens très souvent sur le thème de l’entrepreneuriat auprès d’associations, de groupes de jeunes, lors d’événements. Pour l’entrepreneur en herbe, il s’agit d’identifier, explorer et développer ses qualités d’entrepreneurs, son aptitude à créer, innover et intégrer des nouvelles idées et compétences, réseauter, trouver des fonds.  Selon moi, favoriser l’entrepreneuriat est une des clefs pour lancer et développer l’économie d’un état et responsabiliser les populations afin de créer un monde meilleur. Même si la Côte d’Ivoire gagnerait beaucoup à favoriser et créer les conditions pour entreprendre dans de bonnes conditions, il s’agit avant tout d’une démarche personnelle portée par une intentionnalité.

Je souhaite partager avec vous le riche parcours de l’un de mes clients entrepreneurs, Victor. À mon sens, il traduit bien la réalité et le quotidien d’un entrepreneur. Rien n’est simple surtout quand il est question d’entreprendre. Les affres et petits bonheurs, les expériences, bonnes ou mauvaises, nourrissent et instruisent l’entrepreneur. Son histoire est une parfaite illustration des  essais, des tribulations, des réussites, des doutes, des frustrations, du stress, des échecs qui jalonnent le chemin  de tout créateur d’entreprise. Ainsi, avec de l’ingéniosité, de l’intelligence, de la persévérance, de la discipline, des compétences, de la formation et un coaching adapté…j’ai failli oublier le facteur chance, il récolte au bout de quelques années les fruits de son dur labeur et de son engagement total.Lors d’une séance avec Victor, nous sommes arrivés à un constat qui fait écho aux propos de Jeffry Timmons.  L’entrepreneuriat n’est pas simplement une question de création d’entreprises et d’emplois, de capitaux, de formation, d’innovation et de créativité, de succès ou d’échecs. Il s’agit pour entreprendre de favoriser un état d’esprit nourri par de l’intelligence, de l’ingéniosité, un sens de l’adaptation. Deux axes majeurs sont à intégrer. Le premier à faire grandir le soi et le second contribue  à faire grandir  l’humanité.

Voici donc  un mini-guide de survie à l’attention de ceux qui sont passionnés et impliqués dans la création de leur avenir, ceux qui souhaitent contribuer économiquement, socialement et qui sont prêts à sortir des sentiers battus pour se dépasser. Il suit différentes phases et clefs :

La phase de conscientisation et de réalisation

Victor, franco-ivoirien exilé à Londres, diplômé d’une école de commerce, a travaillé pendant de nombreuses années dans le service commercial d’une grande entreprise de la place. Sa première prise de conscience a été qu’il en avait assez de travailler pour autrui, qu’il voulait créer, donner du sens à sa vie en s’impliquant socialement et évoluer dans un environnement artistique. Pas évident me direz-vous de faire ce pas. Il lui a fallu beaucoup de maturité et de courage pour accepter la situation, traverser des moments de lassitude, de découragement et de fatigue pour continuer à se poser les bonnes questions, y répondre et agir.

 C’est à ce moment-là qu’il a décidé de faire appel à mes services. Nous avons donc commencé  l’accompagnement pour qu’il devienne l’entrepreneur  qu’il souhaitait être.

Soutenu par sa famille, Il a décidé de préparer sa reconversion professionnelle pour, à moyen terme, entreprendre et créer sa société de production. Sa première idée, produire des pièces de théâtre.  En négociant avec son directeur, Il a pu faire ce pas progressivement sans quitter du jour au lendemain son emploi. Cela lui a permis de se concentrer, relativement sereinement, sur le développement de ses compétences, la création de son réseau et l’apprentissage du métier de producteur.  

Sa première pièce de théâtre a eu un certain succès et  lui a permis de rencontrer les « bonnes » personnes. À cette époque, il m’avait dit que, malgré toutes les difficultés, cette petite réussite lui avait  donné de la force et avait renforcé son envie  de « faire bouger les choses et de suivre son rêve.

Mise en réseau et collecte de fonds

Monter des pièces de théâtre et des spectacles à Londres est une  excellente préparation pour un entrepreneur, parce que cela exige non seulement des compétences pour réseauter utile, mais aussi la capacité à transformer des contacts en investisseurs. Victor devait construire des équipes pour chaque spectacle, faire collaborer des gens d’horizons différents, avec des compétences complémentaires, tout en prenant le temps de convaincre des investisseurs de suivre les projets.  Sa première production, une comédie, a été un succès artistique et la critique l’a encouragé.

Endurance

Victor a été producteur pendant 3 ans. Ses objectifs : accumuler de l’expérience, développer son réseau et être reconnu pour la qualité de son travail tout en faisant des choix qui reflètent son intégrité artistique. Toujours soutenu par sa famille, Il a participé à des productions en Europe et en Afrique. Il a travaillé pour des organisations, participé à l’écriture de pièces de théâtre, coproduit des spectacles mêlant différentes formes d’expression artistique, organisé des tournées…etc.

Il est passé par des hauts et des bas, des échecs, des moments d’intenses frustrations, des inquiétudes pour sa famille. Il a bataillé pour continuer à se former, rester au top avec pour idée : maîtriser le plus d’éléments possible.

En faisant le point sur ce que cela lui a apporté, il m’a répondu : « J’ai développé mon goût pour le challenge, ma résistance au stress et mon endurance ».

En 2012, Victor a décidé qu’il devait passer à l’étape supérieure et a commencé une formation d’un an à la National Film and Television School afin de se diriger vers la production audiovisuelle ou cinématographique. Cette période très riche et intense lui a permis de prendre conscience que les écueils et les exigences dans ce type de production étaient très lourds et ne correspondaient pas à sa recherche d’équilibre. Nous avons ainsi entamé un  travail de mise au point et d’ajustement afin de déterminer le meilleur cadre pour qu’il puisse évoluer tout en tirant parti de tout son parcours, ses talents et de tout ce qu’il a acquis.

Polyvalence et nouvelle expérience

Victor a alors décidé de se centrer sur son identité, ses compétences et ses passions.  Avec un associé, il a fondé une société de conciergerie de luxe qui propose des expériences de voyage et d’accueil haut de gamme. Traiter avec de riches clients exige un très haut niveau de professionnalisme, un sens de l’observation, de l’écoute, de l’intuition, de l’adaptation, de l’anticipation, un sens aiguisé du détail, un excellent réseau…pour un service parfait. Victor, riche de toutes ses expériences, organise et planifie des activités et des soirées dans les plus beaux endroits du monde.

Le changement est perpétuel

La société de Victor remporte un franc succès. Malgré un rythme effréné,  Victor déborde d’idée et s’apprête à lancer une start-up numérique qui va faire le lien entre ses activités actuelles et son envie de contribuer socialement.

L’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille.  Ce n’est pas simple. Avoir une idée est la base. Créer, exécuter et livrer permettent de réussir. L’histoire de Victor illustre à quel point la progression suit rarement un chemin bien établi. Cela exige de l’adaptabilité, ténacité, confiance, optimisme et surtout, de la passion. 

Quelques qualités qui nous permettent de reconnaître un entrepreneur à succès ?

  1. La passion et la persévérance. Les entrepreneurs sont portés par leur passion. C’est un des aspects important de la réussite. Ils se donnent les moyens et le temps pour réussir.
  2. La communication et la collaboration efficace. Pour citer Nelson Mandela, « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ». Les entrepreneurs qui réussissent savent collaborer et communiquer. Il s’agit de compétences cruciales pour le branding, le marketing, la création et le développement d’une équipe performante, la recherche d’investisseurs…
  3. Savoir bien s’entourer et se faire accompagner. Ils comprennent la valeur et la force que procure le soutien de leur famille, leurs amis, leur communauté et leur coach. Ils n’ont ni peur ni honte de faire appel à autrui.
  4. Valoriser le positif. Il valorise les petits succès et les petites victoires. Attitude très écologique, bonne pour le moral et engageante pour les autres.

 Pourquoi entreprendre en 2016 alors que le contexte et l’environnement ne sont pas rassurants ?

  1. Il existe de nombreuses associations et communautés qui accompagnent les entrepreneurs en herbe. Ils offrent aux entrepreneurs des ressources, de l’inspiration, soutien par les pairs, mise en réseau, des événements et plus encore.
  2. Les entrepreneurs peuvent accéder à beaucoup d’informations et de cours en ligne via des MOOCs (Coursera, EdX…) ou des sites d’éducation gratuite en ligne, comme la Fondation Kauffman ou la Khan Academy.
  3. Les entrepreneurs peuvent implémenter leurs idées, concepts et produits avec moins de capital initial aujourd’hui, en utilisant les nouvelles technologies et des plates-formes participatives. Il existe des incubateurs d’entreprises et des espaces de coworking.
  4. Il est possible de faire appel à des coachs qualifiés qui, par une approche originale et sur mesure, permettent à l’entrepreneur de développer ses habiletés, son leadership tout en étant guidé.
  5. La création d’entreprise n’est plus une question de généalogie, d’élite ou d’éducation. Chacun peut entreprendre, il s’agit simplement de se préparer et de se former.
  6. Les consommateurs et clients sont plus ouverts à utiliser de nouveaux produits et de nouvelles solutions. Il existe des testeurs ou bêta-testeurs qui sont disposés à offrir aux entrepreneurs leurs impressions et rétroactions pour affiner les produits ou services.

Quelques  conseils pour les nouveaux entrepreneurs :

  1. Commencer petit même si vous voyez grand. Il y a quelques temps, j’ai rencontré à Accra un jeune entrepreneur vendant des chaussures de sport. Il a commencé avec une seule paire de chaussures (pas de magasin, de stock ou de financement). Il les a vendu et utilisés son profit pour acheter deux paires qu’il a revendu jusqu’à ce qu’il ait assez d’argent pour inclure d’autres produits. Ce n’est qu’au bout d’un temps conséquent qu’il a investi dans un espace et un stock.  
  1. Identifier vos atouts, vos ressources et vos points d’appui pour développer et réaliser vos idées. Penser aux compétences autour de vous. Votre frère est peut-être un bon graphiste. Votre cousin peut vous aider dans vos démarches administratives. Prendre du temps permet de concentrer nos efforts sur des éléments que l’on peut maîtriser.
  1. Bâtir son modèle et attendre avant de partir à la recherche de capitaux étrangers. Trouver des mentors, des conseillers avant de trouver des investisseurs est bien plus cohérent.  Les conséquences d’accepter un financement extérieur ne sont pas à prendre à la légère.
  1. Construire la bonne équipe. Chaque membre d’une équipe, au début, devra apporter des  compétences nouvelles et complémentaires tout en partageant l’intérêt pour le concept.
  1. Tester la vision continuellement. Valider votre idée, améliorer votre concept, mesurer la réussite, ajuster et changer de direction si besoin. Aucun système ne peut rester figé. Il est important de s’adapter et d’adapter son produit ou service.

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Auteur de l'article

Soizic MERDRIGNAC

Directrice Générale de Smart Metrix

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