Frédéric TEA : La terre est généreuse et elle n’attend que vous Expression

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Retourner à la terre est considéré à tort comme un échec. Plutôt mourir de pauvreté que d’aller se salir dans la terre boueuse de nos villages. Voici certainement la réponse de la plupart des jeunes citadins et même ruraux devant une invitation à intégrer le monde agricole. Frédéric TEA est un jeune ivoirien qui voit les choses différemment. Entrepreneur social et agricole, Frédéric nous parle de ses activités agricoles et de sa vision de l’agriculture.

 

Tomorrow Magazine : Qui est Frédéric TEA ?

Frédéric TEA : Merci pour cet immense honneur que m’accorde Tomorrow Magazine pour cette interview. Je me nomme Frédéric TEA, diplômé d’un master en philosophie et d’un master en gestion des ressources humaines. Je suis présentement président directeur exécutif d’une entreprise sociale dénommée ASBL Kouady. L’entreprise est basée à MAN, parce que nous intervenons très souvent dans la région du Tonkpi. Nous intervenons dans le secteur agricole, c’est-à-dire que nous sommes des entrepreneurs agricoles et nos activités s’étendent également dans des villes telles que Sangouiné et Zouan-houin.

TM : Pourquoi avoir choisi ce secteur d’activité ?

FT : Je dirai que j’ai opté pour ce secteur d’activité à cause de ma passion pour l’entreprenariat agricole. D’ailleurs, c’est un choix judicieux, ne dit-on pas que l’économie de notre pays repose sur l’agriculture ? Ensuite, nous voulons lancer un message à la jeunesse. Elle est aujourd’hui confrontée à des questions d’emploi, nous voulons les ramener à la terre, en étant nous-mêmes des exemples et des modèles dans le secteur, afin de freiner l’exode rural. Nous voulons leur dire que la terre est très généreuse et elle n’attend qu’à les rendre heureux et épanouis. En outre, nous existons depuis trois ans maintenant et ne cessons de poser des actions sociales, tels que le Festival des Promotions des Activités Génératrices de Revenus (FEPROAGR) et le bénévolat.

TM : Vos activités ont-ils un écho favorable auprès des autorités ?

FT : Jusqu’à présent, non. Ça fait maintenant trois ans que nous menons le combat du retour à la terre de la jeunesse et nous avons maintes fois tenté de leur faire comprendre le bien-fondé de nos combats. Malheureusement, nos autorités ne semblent pas comprendre la portée de nos actions en ne nous accompagnent pas comme il le faut dans nos différentes actions. Cependant, nous continuons à persévérer sans baisser les bras parce que nous pensons que nos actions à venir vont les pousser à nous accompagner.

TM : Vous organiser chaque année le FEPRO AGR et l’édition 2016 s’est tenue, il y a peu. Quelle a été la touche particulière de cette édition-ci ?

FT : Cette édition 2016 du FEPRO AGR a été très enrichissante et meublée de plusieurs activités didactiques de jeunes agriculteurs entrepreneurs présents. La particularité de cette édition a été la participation de plusieurs amis leaders de jeunesse des zones urbaines surtout d’Abidjan, en l’occurrence Wilfried ADINGRA, Jean-Louis BOA, etc. Ils étaient environ 25 leaders à s’être déplacés pour apporter leur expérience aux jeunes entrepreneurs du monde rural. Ce FEPRO AGR a été un moment de partage d’expériences, de renforcement de capacités et je peux vous assurer que les jeunes du monde rural sont retournés tous satisfaits, parce qu’ils ont beaucoup appris.

TM : Quel message pouvez-vous lancer à l’endroit de ces jeunes ne sachant quoi faire et qui vivent dans l’oisiveté ?

FT : Je leur dirai que s’asseoir et se plaindre ne résoudra rien de leurs difficultés. Ils doivent mettre la main à la pâte, croire en ce qu’ils ont comme idée et avoir la ferme détermination de s’engager parce que rien ne s’acquiert sans souffrance. Nous n’avions rien, absolument rien lorsque nous débutions l’aventure d’ASBL Kouady.  Il ne faut pas attendre de réunir toutes les conditions pour démarrer une aventure entrepreneuriale.

TM : Avez-vous des projets ? Pouvez-vous nous en parler ?

FT : Je pense à la création d’une entreprise de nettoyage. Mais avant je suis sur le point de terminer l’installation d’une entreprise agricole qui sera opérationnelle à partir du mois d’avril 2016. Outre ces deux projets, j’ai des actions sociales en cours d’exécution et j’entends étendre mes actions sur toute l’étendue du territoire nationale.

TM : Un dernier mot à l’endroit de tous ceux qui lisent Tomorrow Magazine.

FT : Avant de vous lancer, il faut nécessairement croire en vous et en votre projet. Nous voulons aussi dire merci à tous ces jeunes leaders qui nous accompagnent depuis quelques années. Pour finir nous voulons dire merci à Tomorrow Magazine pour tout ce qu’elle fait pour la Jeunesse et pour ce qu’il nous permet de nous exprimer.

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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