Ces milliardaires africains pourront-ils garder le continent noir ? Société

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Le misérabilisme du continent africain serait-il en train définitivement de faire partir du passé ? Il y a quelques années en arrière, il était impensable de croire qu’un africain oserait avoir l’intention d’acheter un club de football européen de première classe. Aujourd’hui, c’est le cas. Des années en arrière, le classement Forbes des plus fortunés de la planète affichait à peine le nom d’un noir africain. Aujourd’hui, ils sont une dizaine à en faire partir. Ces africains élitistes, milliardaires, conquérants, donnent de l’espoir à tout un continent. Déterminés, pour certains, à montrer une autre image de l’Afrique et de l’africain, ces derniers sauront-ils redonner toute sa fierté au continent berceau de l’humanité ?

De plus en plus d’africains bâtissent des empires financiers à partir de leur audace à entreprendre. De belles success stories surgissent de partout sur le continent et cela est de nature à inspirer plus d’un. Plusieurs de ces nouveaux milliardaires africains brûlent d’envie de démontrer qu’on peut être noirs, vivre en Afrique et figurer parmi les plus fortunés de la planète. Développer leurs affaires, investir davantage et créer des emplois sur le continent, voici le leitmotiv de certains parmi eux. Mais sur le terrain, ils doivent faire face à d’autres milliardaires, très agressifs, venus de l’Occident et de l’orient, et prêts à garder les marchés les plus importants d’Afrique pour eux. Ces derniers, à qui on ne pourrait prêter un quelconque amour pour l’Afrique, sont pourtant et étrangement devenus des ‘’papas bonheur’’ sur le continent.

Lorsque la philanthropie occidentale s’empare de l’Afrique

Ils sont CEO de Facebook, de Google, de Microsoft, de Bouygues, et des plus puissants conglomérats du monde. Ces richissimes hommes d’affaires venus de l’autre côté de l’océan et à la tête de multinationales, injectent des milliards de dollars chaque année dans les œuvres sociales et caritatives en Afrique. L’Afrique n’est-elle pas le continent de toutes les calamités ? Il faut aider ces populations qui n’arrivent même pas à honorer deux des trois repas quotidiens. Il faut éviter une catastrophe humanitaire en apportant des centaines de caisses de médicaments à ces descendants de tirailleurs, dont les gouvernants arrivent à peine à payer le salaire de leurs fonctionnaires.

Mark ZUCKERBERG, Bill GATE et bien d’autres entrepreneurs à succès occidentaux débarquent en Afrique comme des héros prêts et déterminés à changer les choses. Loin de nous de denier les conséquences heureuses de leurs initiatives qui ont permis de sauver des milliers de vies et d’en améliorer autant. Mais serait-ce pour autant qu’on devrait croire naïvement que la Chan Zuckerberg Initiative, la Fondation Bill et Melissa GATE et la Google Foundation, avec leurs 100 millions de dollars d’aide, sont des philanthropes au cœur pur et désintéressé ? Pas si évident.

En 2013, l’américain Mark ZUCKERBERG, fondateur de Facebook et 6ème fortune mondiale, lance l’initiative ‘’Internet.org’’. La mission assignée à ce programme est très noble, permettre à des millions d’africains, vivant dans les endroits les plus reculés, d’avoir accès à une connexion internet correcte. Deux années après le lancement du projet, le Jeune milliardaire de 33 ans déclare avec beaucoup de fierté qu’il a réussi à connecter plus de 15 millions d’africains. Ça mérite un applaudissement. Mais les ovations risquent de s’estomper lorsqu’on saura par exemple que cette connexion internet ne permet aux utilisateurs que d’avoir accès à quelques sites internet, dont celui de Facebook principalement. On n’a pas besoin d’être un génie pour comprendre la visée de Mark. Derrière la générosité, se cache un flair de businessman accompli. Cette possibilité de se connecter à internet, limitativement à souhait, ne rendrait qu’accroc les populations bénéficiaires à Facebook. Ce qui permettra à l’entreprise du jeune milliardaire américain d’augmenter, de facto, ses utilisateurs sur le continent. Bien malin n’est-ce pas ?

Que dire du géant de la toile américaine Google ? Son fameux PDG indien Sundar PICHAI, par ailleurs créateur du navigateur Google Chrome, a présenté son ambitieux programme de formation d’un million de Jeunes africains aux différents métiers du numérique. Bien accueilli sur le continent, ce vaste programme didactique a d’autres objectifs que celui de permettre aux africains de maitriser le digital. Google est tout simplement en train de se créer une grande base de données de main d’œuvre pour continuer à dominer le secteur.

Mais quoi ? Irions-nous jusqu’a à en vouloir à ces milliardaires et à ces entreprises de vouloir assurer la croissance de leur business. Il faut bien qu’ils s’assurent la pérennisation de leurs affaires. C’est de bonne guerre.

Pas question donc de leur jeter la pierre. La vraie question, c’est de savoir ce que nous faisons, nous africains, pour ressentir de moins en moins ce genre ‘’d’escroquerie’’ sur notre continent. Chaque africain, aujourd’hui, au vu des énormes potentialités du continent, a la capacité de devenir millionnaire, voire même milliardaire, créer des emplois et sortir son quartier, sa région ou son pays de la boue, sans attendre que magnat chinois, arabe ou juif ne vienne le faire.

Ces milliardaires africains qui veulent changer la donne

Selon le World Wealth Report 2010, ils étaient, à cette époque, 100 000 millionnaires en dollars US, ces africains qui ont réussi dans les affaires. Parmi ceux-ci, on en trouvait, toujours à la même époque, que 14 milliardaires en dollars US. Même si les choses ont légèrement évolué aujourd’hui, c’est un chiffre très insignifiant, lorsqu’on sait qu’il y a, selon le magazine Forbes, 1 210 milliardaires en dollars US dans le monde, avec une fortune cumulée s’élevant à 4.5 trillions de dollars US.

La philanthropie des milliardaires africains peut être un moyen très efficient pour transférer les ressources aux plus pauvres et d’influencer surtout les décisions politiques relatives aux politiques de lutte contre la pauvreté. Les actions de ces milliardaires, très influents, peuvent inciter en effet les gouvernants à s’impliquer davantage pour le bien-être de leur population.

Le nombre de milliardaires africains en dollars est certes insignifiant, mais les actions de certains richissimes Hommes d’affaires de ce continent méritent d’être mises sous lumière. On en présentera deux.

Aliko DANGOTE, ce magnat nigérian qui coiffe le classement des africains les plus riches est une véritable source d’inspiration pour la Jeunesse de ce continent. Avec des entreprises présentes dans une quinzaine de pays en Afrique, Aliko n’exercice plus que dans la cimenterie, le secteur dans lequel il a débuté sa carrière d’homme d’affaires. Le pétrole, la télécom, la farine, les pâtes alimentaires, etc. sont les nouveaux secteurs dans lesquels le nigérian a investi ces dernières années. Aliko est certes plein aux as et on doit en parler, mais c’est ce qu’il fait de cette richesse pour l’Afrique qui mérite d’être présenté. Aliko est le premier employeur privé du continent africain avec 26 000 salariés répartis dans toutes ses entreprises et usines en Afrique. Imaginons un instant que l’Afrique, à l’instar de la Chine, compte des dizaines de centaines de milliardaires en dollars, possédant la force de mentalité d’Aliko DANGOTE et sa vision. Le chômage ne serait certainement pas totalement supprimé, mais on aurait atténué le fléau.

Et cet autre nigérian appelé Tony ELUMELU ? Banquier de son état, Tony s’est reconverti dans les affaires et cela lui a bien réussi. 31ème richesse du continent selon Forbes, il a lancé depuis fin 2014 son programme annuel de financement des start-up africaines. Ce seront en tout 10 000 start-up qui seront financées sur toute l’Afrique et ce sur une période de 10 ans. Déjà deux éditions sont passées et de nombreuses jeunes entreprises innovantes africaines ont obtenu du financement et essayent aujourd’hui de prendre leur envol.

Alors à quand votre tour de rejoindre les milliardaires en dollars pour aussi aider l’Afrique à devenir ce que vous rêvez qu’elle soit ?

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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