Murielle AHOURE : Plus qu’une femme, une championne Leadership

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Porter haut les couleurs de la Côte d’Ivoire et représenter dignement l’Afrique, tel a toujours été le leitmotiv de Murielle AHOURE, la championne ivoirienne du sprint. Pourtant, rien de particulier ne la prédestinait à cette carrière fascinante. Mais à force de travail et grâce à son humilité et à sa volonté de faire partie des meilleurs, Murielle a su s’imposer pour construire, étape par étape, son succès. La « flèche ivoirienne » n’a qu’une phrase à la bouche lorsqu’on lui demande le secret de sa réussite : « Travailler dur, dur, dur. » Zoom sur une femme devenue championne.

 

Murielle AHOURE a un désir profond. Montrer à la jeunesse africaine que tout est possible par la force du travail et la détermination. Sa carrière parle et témoigne de la véracité de ces propos.

 

Rien ne le présageait pourtant…

Née le 23 août 1987 à Abidjan, Murielle AHOURE est la fille d’un Général de l’armée ivoirienne. À l’âge de 2 ans, elle est envoyée par ses parents en France, rejoindre sa tante où elle est éduquée jusqu’à l’âge de l’adolescence. 12 ans plus tard, en raison de la crise que traverse son pays la Côte d’Ivoire, elle part retrouver son oncle en Virginie aux États-Unis. Dépaysée à cause de son handicap de la langue, elle trouve grâce aux yeux de la directrice de son collège qui lui propose, pour faciliter son intégration, de faire partie d’une équipe de sport. Au bout d’un certain moment, la jeune Murielle se trouve une qualité toute particulière pour une femme, « J’ai constaté que j’étais quand même rapide. En France, pendant la récréation, je courais avec les garçons. C’était juste un talent naturel, une force et rien d’autre. »

En 2004, la jeune femme s’éprend de passion pour l’athlétisme, motivée par les performances de son modèle, Lauryn WILLIAMS. « J’ai vu Lauryn WILLIAMS gagner sa médaille d’argent (sur 100 mètres aux Jeux d’Athènes en 2004). Elle n’avait que 19 ans, c’était vraiment incroyable. Je me suis dit qu’il fallait que je sois olympienne et que je représente mon pays. » Confie-t-elle au site Slate Afrique.

Elle s’investit ensuite pleinement dans l’athlétisme, sa passion. Déjà étudiante, elle arrive à se faire un nom lors des championnats universitaires. Pleine d’ambition et persuadée de son succès, la sprinteuse, malgré les difficultés, travaille désormais avec acharnement pour réaliser son rêve olympique.

Un parcours remarquable…

En mars 2012, pour sa première compétition internationale, elle devient vice-championne du monde en salle à Istanbul. Elle remporte le 31 mai 2012, les 100 mètres du Golden Gala de Rome avec 11s 00 (record national ivoirien) devant les trois Jamaïquaines qui avaient alors composé le podium aux Jeux olympiques d’été de 2008 à Pékin : Shelly-Ann Fraser-PRYCE, Kerron STEWART et Sherone SIMPSON. Cinq jours après s`être mis en évidence au meeting de Rome, Murielle s’impose (11 s 32) sur les 100 mètres du meeting de Montreuil en France.

Plus que jamais déterminée, la championne travaille d’arrache-pied en s’infligeant un régime strict pour atteindre ses objectifs, sous le regard bienveillant de son entraineur. Elle avance ainsi, victoire après victoire, pour décrocher en 2014, la médaille d’Or au championnat d’Afrique d’athlétisme à Marrakech au Maroc. Ce qui fera d’elle la reine de l’Afrique.

La Côte d’Ivoire toute entière est fière de sa championne et c’est à juste titre qu’elle a été reçue à deux reprises par le Président de la République Alassane OUATARRA au Palais présidentiel avec tous les honneurs. Le 17 septembre 2013, elle rejoint le panthéon des Officiers de l’Ordre National de Côte d’Ivoire.

Devenir la lumière de la jeunesse…

Consciente de son impact médiatique, « la flèche ivoirienne » veut désormais semer l’espoir dans le cœur des jeunes et surtout des filles. « Je veux apporter à la jeune fille une autre façon de penser. Je veux juste pouvoir raconter mon histoire et leur dire qu’on peut tout faire dans la vie. » Déclare-t-elle avec beaucoup de fierté.

Les difficultés, Murielle en a pourtant connu, mais sa passion, son abnégation et surtout sa volonté de faire la fierté de son pays lui ont permis d’avancer et de remporter chaque victoire avec joie et avec la manière. Pour elle, les jeunes africains ont la capacité de défendre le continent, seulement ils doivent en avoir la volonté. Elle y a cru, elle y est arrivée avec trois secrets qu’elle partage avec nous : croire en soi-même, se respecter et surtout travailler dur. Lors des festivités marquantes de l’ouverture de l’UFHB en 2014, elle affirmait toute heureuse et scintillante ceci, « Ma présence ici est sans nul doute symbolique, cependant je souhaite être comme une lumière pour la jeunesse. »

La sprinteuse désormais devenue l’idole d’une nation, montre ainsi à la jeunesse l’exemple à suivre. Pour elle, le sprint du développement de l’Afrique a déjà commencé !

Une femme au grand cœur…   

Nommée Ambassadrice de la promotion du genre féminin en septembre 2013 par le ministre de la solidarité, de la femme et de l’enfant, Murielle AHOURE s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire et encourage l’éducation des jeunes filles, car sa passion pour le sport lui vient de l’école.

Aussi, persuadée que la Côte d’Ivoire regorge de nombreux talents, elle se lance dans la recherche de nouveaux génies pour développer l’athlétisme dans son pays.

Généreuse, elle s’adonne à des journées d’initiation au sprint et à des actions de bienfaisance dans des orphelinats, pour nous rappeler que le chronomètre du cœur ne doit en aucun cas s’arrêter.                                                                                                                                                                                

Par son travail et sa détermination, la jeune sprinteuse a su s’imposer pour devenir aujourd’hui bien plus qu’une femme, une championne, l’idole d’une nation, l’idole de toute une jeunesse.

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Auteur de l'article

Audrey BLE

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