Jordan SERA, invite la Jeunesse ivoirienne à participer au programme YALI Leadership

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YALI en 2014, Jordan SERA a bénéficié de la Bourse Mandela Washington Fellowship du président Barack OBAMA. Pendant six semaines, il a été intensivement formé au Leadership Civique à l’Université du Delaware. Dans cette interview exclusive menée par l’Equipe de Tomorrow Magazine, il nous raconte son expérience américaine et sa rencontre avec le président Obama.

 

TM : Présentez-vous aux Jeunes lecteurs de Tomorrow Magazine

JS : Merci pour l’opportunité que m’offre Tomorrow de m’adresser à la Jeunesse. Je suis Jordan SERA. Jeune activiste ivoirien qui milite pour la participation des Jeunes au développement de notre pays. Je suis par ailleurs Coordonnateur d’une Organisation de Jeunesse dénommée « Associations Tous Unis » et je travaille sur des questions de Jeunesse au niveau de l’Université du réseau ASPNET de l’UNESCO en Côte d’Ivoire. Je suis enfin Volontaire en ligne des Nations-Unies. J’ai été donc, pour mon activisme et mon engagement en faveur de la Jeunesse, sélectionné par leGouvernement américain pour participer au Programme du YALI (Young African Leaders Initiative).

TM : Pour  commencer à parler de ce Programme YALI, nous sommes bien curieux de savoir ce qui a incité Jordan à s’y inscrire.

JS : Très belle question, il faut d’abord dire que le YALI est un Programme de haut niveau. J’ai eu auparavant à participer à certains Programmes de Jeunesse et de développement en France, au Kenya, au Soudan et en Ethiopie, mais le bon sens est de reconnaitre que le YALI c’est un autre niveau. Ce Programme a une vision à long terme, une vision de développement pour l’Afrique et pour sa Jeunesse. Le YALI permet aux Jeunes africains de bénéficier de formation en Gestion des affaires publiques, en Business et Entrepreneuriat et en engagement civique. C’est donc une occasion de rencontrer d’autres Jeunes africains qui partagent avec nous la même vision, celle de voir un Continent africain développé par sa Jeunesse, par ses Ressources naturelles et par son Capital humain.

TM : Le YALI suscite beaucoup d’engouements chez la Jeunesse africaine, l’an dernier on a pu noter 50 000 Jeunes inscrits pour 500 retenus. L’une des étapes cruciales pour la participation à ce Programme, c’est l’inscription en ligne. Comment se fait-elle ?

JS : Le processus d’inscription pour le YALI 2015 a débuté depuis le 07 octobre 2014 et prendra fin le 05 novembre. Pour s’inscrire, il faut se connecter au site internet du Programme www.yali.state.gov sur lequel vous aurez toutes les informations utiles, fournie par Le Département d’Etat américain et IREX l’agence de mise en œuvre du projet. Le Jeune qui veut s’inscrire au YALI doit avoir un âge qui varie entre 25 et 35 ans, il faut qu’il soit un Jeune engagé dans sa communauté, un Jeune qui a un impact social sur son entourage et surtout qui prend des initiatives pour le bien être de son entourage.

TM : Quel intérêt pour un Jeune à postuler à YALI ?

JS : L’intérêt réside dans le fait que le Jeune aura le bénéfice d’appartenir à un réseau et à certaines ressources. Pour être plus clair, le Jeune qui s’inscrit au YALI appartient au YALI Network qui est une communauté ouvert à tous les Jeunes inscrits, qu’ils aient été retenus ou pas. Les membres de ce réseau YALI bénéficient de formations, ont accès à des informations de diverses opportunités.  Toutes ces informations et ces formations contribueront au développement du Leadership du Jeune inscrit. Participer au YALI, c’est 06 semaines de formation dans 20 prestigieuses Universités des États-Unis d’Amériqueen Leadership, c’est 01 semaine de rencontre avec le Président Obama, son épouse, son Administration, les Membres du Congrès, les Responsables de grandes entreprises américaines, etc. Participer au YALI permet également de se faire assez de contacts avec des Jeunes Leaders africains qui ont beaucoup de projets de développement pour l’Afrique et d’appartenir à leur réseau.

TM : Qu’est ce qui attend de façon concrète les Jeunes Leaders africains une fois aux États-Unis ?

Jordan SERA : Pour faire plus simple, je parlerai de mon expérience là-bas. J’ai eu cette énorme opportunité d’être sélectionné à YALI 2014 dans la catégorie Civic Leadership ou engagement civique. J’ai été sélectionné pour l’Université du Delaware dans la ville de Newark sur la côte est des Etats-Unis. Cette Université a également accueilli 24 Jeunes Leaders issus de 19 pays africains. Nous avons bénéficié de formation en gouvernance démocratique, sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), sur le management des Organisations Non Gouvernementales, sur le développement durable, sur la mobilisation des ressources et développement du Leadership. Nous avons par exemple appris que le Leader ne doit pas être celui qui domine et qui ne cesse de donner des ordres, mais c’est celui qui se met au service de ceux qu’il dirige ou de sa communauté. Nous avons, par ailleurs, eu l’opportunité de rencontrer des Leaders d’Organisations pour profiter de leur expertise en matière d’organisation de la société civile et effectuer des visites de sites. Ces rencontres et ses visites nous ont permis de nous imprégner de la politique et de l’expertise des américains en matière de gestion des Organisations Non Gouvernementales. Nous avons aussi bénéficié de certaines rencontres avec des Autorités politiques de l’Etat qui nous a accueillis, notamment le Sénateur, le Gouverneur et le Représentant de l’Etat au Congrès. Nous avons aussi participé à des festivités culturelles et nationales américaines, particulièrement la fête de l’indépendance.Pour finir, nous avons visité des villes comme New York City, New Jersey, Philadelphie et Baltimore. C’est donc un programme dynamique à même d’ouvrir l’esprit d’u Jeune.

TM : De retour des Etats-Unis quels sont les retombées pour les Jeunes YALI et pour la Jeunesse africaine ?

JS : Vous savez, nous avons à travers ce Programme développé nos compétences. Ces compétences nous entendons les partager avec la Jeunesse ivoirienne et les mettre à la disposition de la population. Notre satisfaction c’est qu’en tant que Jeunes, nous avons désormais notre mot à dire. Nous avons acquis une petite expérience et de l’expertise pour améliorer le vécu quotidien de nos amis ici en Côte d’Ivoire. Grace au YALI, nous avons pu rencontrer un certain nombre d’Autorités ministériels et d’Organisations Internationales pour leur partager notre vision du développement de la Côte d’Ivoire et leur dire que nous sommes au service de l’émergence de notre pays. Mais ce qui est le plus intéressant pour les 12 YALI ivoiriens de la génération 2014, c’est d’échanger avec nos amis Jeunes et leur adresser des messages d’espoir et de réveil. Nous leur disons que nous sommes certes Jeunes, mais nous avons le potentiel pour nous, nous avons l’énergie pour nous, nous avons la force pour nous. Il devient donc intéressant pour la Jeunesse de capitaliser toutes ces atouts pour les mettre au service de la communauté.

TM : L’on parle également de financement de projets. Financement octroyé par le Gouvernement américain aux différents YALI répartis sur tout le continent africain. Pouvez-vous nous en parler ?

JS : Oui effectivement, juste après le Programme YALI, nous avons comme je l’ai dit plus haut, l’opportunité d’appartenir à un réseau. Ce réseau est en lien permanent avec le Département d’Etat américain et IREX, l’agence de mise en œuvre du Programme et nous avons eu une fois de retour en Côte d’Ivoire, des possibilités de stages, de mentoring  avec des mentors qui ont de l’expérience professionnelle et qui nous suivrons permanemment. Nous aurons surtout des financements pour nos projets. Il y aura à cet effet une série de projets dont les financements seront disponibles à partir du début de l’année prochaine. Le montant de ces financements s’élève à 25 000 dollars (12 500 000 FCFA) par projet. On aura également des soutiens de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire pour le suivi et la concrétisation de ces projets. Par ailleurs, il est important de noter que notre pays a eu l’insigne honneur de se voir sélectionner pour abriter un YALI SPACE. Un YALI SPACE est un incubateur de formation de Jeunes entrepreneurs et nous aurons, en tant que Jeunes YALI l’opportunité de faire la promotion de cet espace qui, très bientôt sera inauguré par l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire.

TM : Qu’est-ce que vous, Jordan SERA, avez-vous particulièrement gagné à ce YALI ?

JS : J’ai d’abord développé mes compétences et c’est vraiment important pour un Jeune Leader de les développer. Je me suis fait énormément de contacts, non seulement avec des Jeunes Leaders africains de plus d’une vingtaine de pays, mais aussi avecdes hommes d’affaires et des Responsables d’Organisations Civiques américains. Ces contacts me permettront d’avancer dans mon processus de développement personnel et dans mon cursus professionnel. Une autre chose importante que je gagne, c’est d’avoir été sélectionné par la Première Dame américaine, Michelle OBAMA, pour faire partie de la Commission pour l’Education de la Jeune Fille en Afrique et sur les 500 Jeunes YALI de 2014, quelques uns ont été choisis dont moi. C’est une Grande satisfaction et une grande fierté.

TM : Vous avez à la fin de votre séjour aux Etats-Unis rencontrez le Président américain Barack OBAMA, nous imaginons votre émotion, votre joie…

JS : C’était magique de voir le Président OBAMA de si près et de pouvoir lui serrer la main et de lui adresser la parole. J’ai eu le privilège d’avoir 30 secondes pour lui dire une phrase et je n’ai eu qu’une seule chose dans la bouche « Monsieur le Président, la Jeunesse de Côte d’Ivoire vous remercie. » Vous savez le YALI, on peut le souhaiter même à son pire ennemi car c’est un programme extraordinaire. Je n’avais jamais pensé une fois dans ma vie rencontrer le Président OBAMA et cela est arrivé. Rencontrer ce genre de Leader, ça change la vie, ça emmène à croire en notre pays et croire en ce que nous faisons. Son discours a été de nature à nous inspirer à continuer à travailler au développement de l’Afrique et de toujours se battre malgré les faibles moyens dont nous disposons. Il a dit l’ développement oui, mais le développement par les Jeunes c’est la meilleure voie à suivre.

TM : Si vous aviez un message à faire passer à la Jeunesse africaine, se serait lequel ?

JS : Ce serait de leur dire que le développement de notre chère et tendre Afrique est plus que possible. Il faut que nous Jeunes africains y travaillions et c’est par l’espérance, le travail, la vision et la foi que nous y arriverons. Le développement de l’Afrique passera par le dynamisme de sa Jeunesse et ça je tiens à y mettre un point d’honneur. Nous ne devons pas attendre forcement que nos Chefs d’Etats et nos Gouvernements viennent changer les choses, nous devons descendre dans l’arène, retrousser nos manches et redresser notre Afrique. Je vous remercie.

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Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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