Ock Soo PARK, fondateur d’IYF : Mon rêve c’est que les jeunes soient heureux Leadership

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Ses cheveux gris et ce large sourire qui ne le quitte presque jamais nous font rappeler un grand-père bienveillant. Le révérend Pasteur Ock Soo PARK est un éducateur hors pair de la Jeunesse mondiale. Fondateur d’IYF, l’une des plus grandes Organisations de cette frange de la population, Pasteur Park ne trouve sa joie que dans celle des jeunes.  À l’occasion du Camp Mondial IYF de la Jeunesse 2016, qui s’est tenu en juillet dernier à Abidjan, Tomorrow Magazine l’a rencontré. Interview exclusive.

 

Tomorrow Magazine : Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Ock Soo PARK : Je suis le révérend Pasteur Ock Soo PARK et je travaille pour planter l’espoir dans le cœur des Jeunes du monde entier. Pour tout dire, je suis un peu comme un cultivateur, mais je ne cultive pas des fruits, ni des légumes, mais le cœur de la Jeunesse mondiale. Vous savez, dans le cœur des Jeunes il y a tellement de mauvaises pensées. Alors je travaille à retirer ses mauvaises pensées de sorte à ce qu’ils aient des cœurs saints et purs. Je suis un éducateur de la Jeunesse mondiale

TM : Partout dans le monde, l’on parle de l’Organisation Internationale de Jeunesse IYF (International Youth Fellowship) que vous avez créé. De quoi s’agit-il concrètement ?

OSP : IYF a été fondé en 2001 en Corée du Sud. La création de cette organisation remonte à l’année 1995. Cette année-là, je me suis rendu à Los Angeles pour une tournée d’évangélisation et là-bas une dame, apparemment désespérée, est venue me voir. Elle m’a raconté qu’elle vivait avec son fils unique dénommé Andy et qu’elle lui avait donné tout son amour. A l’âge de 15 ans, Andy a commencé à vivre une vie de délinquance. Il traînait avec des Jeunes drogués, cela inquiétait énormément cette femme et depuis lors il est devenu très agressif et portait même souvent des armes à feu sur lui. Elle m’a supplié de l’aider à sauver son fils de la rue. Je ne savais pas trop quoi faire, mais elle est venue à trois reprises. A la troisième rencontre, elle a versé beaucoup de larmes et m’a dit qu’elle avait chaque nuit la sensation que son fils était en train de mourir dans une fusillade. J’ai demandé à cette pauvre femme la permission d’emmener son fils avec moi en Corée du Sud. Sa vie était très misérable.

Une fois en Corée, j’ai commencé à apprendre à celui-ci le monde du cœur. Après trois mois, Andy avait complètement changé. En retournant à Los Angeles, ses parents, ses amis et toutes les personnes qui l’entouraient étaient dans l’étonnement. Peu après, 28 Jeunes de cette ville nous ont été confiés. Le résultat fût le même. Un an après c’était 58 Jeunes qui nous étaient confiés. En 2001, c’était 500 Jeunes qui nous ont rejoints. Un mois durant, nous avons appris le monde du cœur à ces Jeunes. La plupart d’entre eux ont complètement changé de vie et leur vision du monde s’en est trouvé plus positif. La même année, j’ai fondé IYF et nous l’avons implanté dans plus de 200 pays aujourd’hui.

Chaque année, nous organisons un programme dénommé le Camp Mondial de la Jeunesse. Progressivement, de nombreux gouvernements ont apprécié le sérieux avec lequel nous travaillons. Des présidents et anciens présidents de la République de plusieurs pays ont participé à nos camps mondiaux, une vingtaine de ministres, une soixantaine de présidents d’universités et plus de 300 pasteurs y ont déjà pris part. La première dame du Malawi est une admiratrice d’IYF et de ses programmes. En Corée du Sud, le nombre de participants au Camp Mondial peut atteindre 4 000 personnes. A ces Jeunes on apporte la Paix, la Joie et nous leur montrons la vie de Jésus-Christ, afin qu’ils s’en inspirent. Le Camp Mondial IYF a changé des milliers et des milliers de Jeunes.

Il y a trois jours de cela (27 juillet 2016), le président de la République de l’Ouganda m’a invité au Palais présidentiel et m’a demandé de mettre sur pied un programme qui permettra à toute la Jeunesse ougandaise de changer positivement sa mentalité. Quelques jours plutôt, je rencontrais le président du Malawi qui m’a confié la même mission. Il y a quelques mois, c’est le président du Kenya qui m’accueillait à son palais et qui me demandait de sillonner les universités et de former les étudiants à la bonne mentalité. Ainsi ce sont plusieurs gouvernements qui confient leur Jeunesse à IYF. Les problèmes de la Jeunesse touchent tous les gouvernements du monde entier. Les Jeunes sont devenus très violents. Ce n’était pas le cas en Afrique il y a une dizaine d’années en arrière. Lorsque je quittais le Kenya il y a quelques mois, les élèves menaient une grève assez violente, c’était vraiment malheureux de voir ces Jeunes dans un tel état. Dans le passé, les jeunes réfléchissaient, aujourd’hui ce n’est vraiment plus le cas. Ils vivent à leur guise et ne courent que vers un sens. Ils ne pensent pas au résultat.

En Corée du Sud, les Jeunes se suicident pour une raison qui n’existe presque pas. La Zambie, l’Inde et le Bénin nous ont gracieusement offert des hectares de terrains l’an passé pour construire des centres de formation, des écoles, etc. pour leur Jeunesse. Ce soir (Pendant le Camp 4ème jour du Camp Mondial IYF de la Côte d’Ivoire), j’ai présenté comment le cœur peut changer à travers l’histoire biblique de la femme surpris en flagrant délit d’adultère. Il y a un mois j’ai publié un livre dont le titre est ‘’La boutique qui vend le cœur’’. Dans ce livre, je montre la voie du véritable changement du cœur. Lorsque nos habits sont usés nous les changeons, n’est-ce pas ? On en fait de même lorsque nos chaussures se gâtent. Les personnes qui ont donc le cœur violent, cupide, etc. Je travaille à leur donner un cœur brillant et utile pour la société. La différence entre IYF et les autres organisations se situe au niveau du résultat du changement véritable des personnes qui la rencontre. A l’occasion du Camp Mondial IYF, je vais m’entretenir avec la Jeunesse de Côte d’Ivoire et je vais essayer de leur montrer ce que c’est que le cœur véritable d’un leader. Ne vous inquiétez plus pour vos jeunesses. Envoyez les tous à IYF.

TM : Pourquoi ce lien fort entre vous et les Jeunes ?

OSP : Mon rêve c’est que les jeunes soient heureux. Je suis heureux lorsque les Jeunes sont heureux. Vous savez, j’ai créé la chorale Gracias qui est aujourd’hui la meilleure du monde (Grand Prix de la prestigieuse compétition internationale de chorale philarmonique Marktoberdorf en Alemagne) rien que pour qu’elle chante pour donner de la joie aux Jeunes. Les adultes ont un cœur qui change difficilement, alors que les Jeunes ont un cœur pur, qui peut changer assez facilement. J’ai 73 ans cette année et je voyage partout dans le monde pour donner des conférences aux Jeunes. L’on ne me paye pas pour ça, mais j’y tire une joie immense.

TM : Pensez-vous que la Jeunesse de Côte d’Ivoire changera aussi ?

OSP : Oui j’y crois fortement. En donnant la conférence, les plus de 2 500 Jeunes présents lors de ce Camp ont réagi favorablement à mes messages d’espoir et d’espérance. Je crois qu’ils aspirent à une vie meilleure. Je crois qu’ils veulent servir leur pays. Ils veulent vivre pour les autres. Il faut juste créer les conditions. Après l’un de mes passages au Ghana, nous avons remarqué un Jeune originaire de ce pays qui avait une très belle voix, mais qui avait un handicap à la main. La chorale Gracias l’a intégré dans le groupe et aujourd’hui il voyage partout avec elle pour apporter la joie dans le cœur de ces milliers de Jeunes que nous rencontrons. Nous avons essayé de soigner cette main en Corée du Sud, mais c’était impossible. La déformation qu’il avait depuis 23 ans ne pouvait pas se réparer. Si l’on avait traité le mal pendant qu’il était tout petit, les choses n’en seraient pas ainsi. C’est la même chose avec la Jeunesse. Si l’on s’y prend très tôt avec elle, elle change. La Jeunesse de Côte d’Ivoire peut devenir un modèle et IYF veut y contribuer. Confiez-nous la Jeunesse ivoirienne pendant 10 ans seulement et vous verrez le résultat. Vous verrez ce que deviendra la Côte d’Ivoire. Laissez-moi vous partager une conviction, la Jeunesse IYF conduira ce monde dans 10 ans. Arrêtons de penser qu’avec l’argent on pourra changer le cœur des Jeunes. Seul le monde du cœur peut changer la Jeunesse et IYF, c’est le monde du cœur.

TM : Vous êtes auteur de plusieurs livres best-seller, mais parlez-nous en particulier du livre ‘’Qui es-tu, toi qui m’entraînes ?’’

OSP : Ce livre est la retranscription de mes conférences en Chine, lorsque j’ai été invité par la Jeunesse communiste de ce grand pays. Je leur ai montré comment éviter de se laisser entraîner. Plusieurs Jeunes chinois ont changé de cœur à travers la lecture de ce livre. Beaucoup d’autres personnes dans le monde ont aussi changé de cœur grâce à ce livre.

TM : D’où IYF tire tous ces moyens pour l’organisation de ces grands événements à travers le monde ?

OSP : Plusieurs personnes posent cette question et c’est bien de le faire. IYF est une organisation à but non lucratif. Généralement ce sont les parents dont les enfants ont changé qui nous apportent l’essentiel de l’aide. Le cœur remplit de reconnaissance, ces personnes nous aident à subvenir à tous les besoins de l’organisation. A travers l’Eglise que j’ai aussi fondé, IYF reçois une aide considérable. On a aussi les concerts de la chorale Gracias organisées partout dans le monde qui nous font gagner de l’argent. En décembre par exemple, cette chorale organise une trentaine de spectacles appelés Cantate de Noël. Le billet d’entrée à ce spectacle avoisine les 50 000 FCFA par personne. Cet argent, nous l’utilisons pour les billets d’avions et pour l’organisation de nos événements.

TM : L’Afrique connaît beaucoup de difficultés, comment est-ce que le monde du cœur dont vous parlez peut changer le continent ?

OSP : Le problème d’une bonne partie du peuple africain c’est qu’elle pense qu’elle est pauvre et toujours en difficulté. Dans son esprit, elle est faite pour souffrir et il est fait selon sa pensée. Elle demeure effectivement pauvre, malheureuse et misérable. Gardez s’il vous plaît toujours en mémoire l’exemple de la Corée. 70% du territoire de cette partie du monde est composé de montagne. La Corée a été divisée en deux et seulement une petite portion du territoire de la Corée du Sud, mon pays, sert à la construction des écoles, des usines, des hôpitaux, des plantations, etc. Il n’y existe aucune goutte de pétrole encore moins de minéraux dans le sous-sol. Des études présentent qu’il faut cent millions d’habitants à un pays pour qu’il se développe, alors que la Corée du Sud, en plus de cette faiblesse que j’ai énuméré ci-dessus, ne possède que cinquante millions d’habitants. Nous avons connu une guerre sanglante. Le PIB à la fin de la guerre était de 65 dollars. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 30 000 dollars de PIB. Nous devrions donc être un pays misérable et pauvre. Nous devrions nous apitoyer sur notre sort, mais nous avions une bonne mentalité et on a changé notre pays. Certains spécialistes affirment que dans 15 ans la Corée du Sud deviendra la troisième puissance mondiale après les Etats-Unis et la Chine.

Avant, il était impossible de comparer l’Allemagne et la France à la Corée du Sud, mais nous créons aujourd’hui l’étonnement. Nous achetions les Trains à Grande Vitesse à la France, mais nous en fabriquons de meilleurs désormais avec un prix plus bas que celui des français. Avec Samsung, nous avons détrôné le japonais Sony dans la fabrication des appareils électro-ménagers. Dans l’automobile, nous gagnons du terrain avec Hyundai et Kia. Pourtant, il y a quelques années, nous achetions nos moteurs chez Toyota. Ne considérez pas vos faiblesses, chers frères africains. Changeons de mentalité. IYF veut faire ce travail. Les pays qui sauront éduquer leur Jeunesse, sont ceux-là qui dirigeront le monde demain. Mais la plus part des gouvernements ne savent pas comment s’y prendre. Comme je l’ai dit tantôt, de nombreux présidents de la République nous invitent et sont en train de nous confier leur Jeunesse. Nous sommes petit à petit des relatons avec les autorités ivoiriennes pour travailler ensemble pour la Jeunesse.

Les problèmes politiques que rencontrent la Côte d’Ivoire ne permettent pas au gouvernement de se pencher sérieusement sur les questions liées à la Jeunesse et un mandat de 5 ans n’est pas suffisant pour faire un travail efficace. Si l’on plante le blé, on pourra récolter dans six moi, en trois mo on récolte la pomme, mais la culture des Jeunes prend beaucoup plus de temps. Nous voulons former les présidents d’universités, nous voulons donner des cours sur le changement de mentalité dans les écoles, etc. la Jeunesse ivoirienne peut devenir le fer de lance du développement de la Côte d’Ivoire. Faite venir vos enfants à IYF et ils changeront le pays.

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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