Entrepreneuriat : J’ai lancer ma Start up avec 100 francs CFA Leadership

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Né d’un père libanais, je suis ivoirien issu d’une famille modeste qui réside en Côte d’Ivoire, pays dans lequel j’ai passé la majeure partie de ma vie. Après mes études d’ingénieur, ma mère a fait des pieds et des mains pour que je ne chôme pas. Elle m’a trouvé un emploi que j’ai exercé pendant 10 ans. Pendant cette période, j’avais la mentalité de la plupart des jeunes Ivoiriens : être embauché et développer parallèlement des activités pour compléter la bourse de fin de mois. Dans cette logique, j’ai lancé plusieurs activités dans plusieurs domaines et toutes échouaient les unes après les autres par manque d’expérience.

 En dépit de tous ces échecs, le plus important pour moi, était l’expérience dont je bénéficiais. Fin 2012, je décide d’abandonner mon CV d’ingénieur pour lancer ma startup : Mariages.ci. Mais je n’avais pas d’argent pour financer mon projet car toutes mes économies étaient épuisées. Elles avaient servi à rembourser mes dettes. La solution pour laquelle j’ai opté a été de vendre ma voiture pour espérer payer mon matériel. Mais là encore, c’était un mauvais calcul. Cet argent a plutôt servi aux dépenses de la famille et à éponger encore des dettes. Après environ huit mois passés dans cette situation, une idée lumineuse me traversa l’esprit, le 03 janvier de l’année 2013, jour de mon anniversaire.

Ce jour-là, je me souviens n’avoir qu’une pièce de 100 francs CFA en poche. Avec cette pièce, je décide d’appeler l’un de mes amis, propriétaire d’un appareil photographique, pour l’utiliser comme principal outil de travail. Après plusieurs hésitations et atermoiements, il finit par accepter. J’ai réussi à le convaincre de me suivre dans cette aventure.

L’idée c’était de proposer aux futurs couples un service de couverture photo et vidéo de qualité, à bas prix, pour défier la concurrence. Mais avant, la stratégie de succès que j’avais trouvé était de sillonner les mairies d’Abidjan, pour faire ce travail gratuitement; je dis bien gratuitement !!! Et nous l’avons fait sur une période de six mois.

J’ai donc passé plus d’un an à regarder le ciel et la terre sans savoir comment nourrir ma famille. Quelquefois, je passais deux à trois jours avec seulement un repas. Souvent, j’avais juste un poisson dans la sauce pour les enfants. À la naissance de mon enfant Ghazi, je n’avais aucun sous pour lui acheter du lait… J’avoue que cette période a été la plus difficile.

Après ce moment, il fallait absolument remonter la pente du succès. Et c’est ce que ma jeune équipe et moi avons réussi à faire. Nous avons proposé des services de qualité à un prix qui défiait la concurrence. Après cette période de gratuité, nous avons commencé à recevoir nos premiers clients… 

Ne faire confiance qu’à soi-même

J’avais fait appel à des amis, qui étaient dans la même situation que moi, afin de relever ensemble le défi. Ils ont tous été intéressés par le projet. Plus nous avancions, plus le travail prenait de l’ampleur et devenait difficile. Les moyens venaient au compte-gouttes et les bénéfices étaient maigres, très maigres. Cette situation a fini par avoir raison de la détermination de la plupart des apprenants qui, au fil du temps, ont commencé à faire preuve de pessimisme. Ceux qui auparavant montraient un intérêt pour le travail ont carrément changé d’attitude. Du jour au lendemain, ils énuméraient de longues plaintes et commençaient à salir l’image de la startup et sa notoriété que nous avions commencé à acquérir. Tout ceci a naturellement provoqué le départ de certains, et d’autres se sont mis au service de mes concurrents. L’équipe restante et moi avons donc cherché à mettre en œuvre des stratégies pour faire avancer le travail.

 La perle rare
Ce qui m’a le plus impressionné dans cette aventure, c’est la découverte de la perle rare. Emmanuela TOSSE m’a rejoint lorsqu’elle était en classe de seconde. Elle fréquentait une école de la commune de Port-Bouët, quartier Jean-Folly. À cette époque, elle a demandé que je l’embauche, mais j’étais hésitant quant à l’idée de l’intégrer dans mon équipe. J’ai juste accepté qu’elle vienne me donner un coup de main les mercredis, samedis et dimanches. Mais Emmanuela a changé ma manière de voir les choses. Au fur et à mesure, je me laissais persuader par le dynamisme de cette jeune fille. Après deux ans de service chez moi, elle obtient le baccalauréat et ce, en dépit de la pression de l’organisation des mariages des clients. Une fois en année de BTS, Emmanuela décide de s’inscrire en cours du soir, pour se consacrer à son travail et ce de 7h à 17h. Je suis toujours agréablement surpris par autant d’engagement de cette Jeune fille. Admise à l’examen du BTS 2016, Je peux affirmer sans ambages qu’elle a constitué une sorte de muse pour mon aventure professionnelle. Elle m’a permis de comprendre la célèbre pensée de Will SMITH : « Tu as un rêve, tu dois le protéger. Ceux qui en sont incapables te diront que tu en es incapable. Si tu veux quelque chose, bats-toi, prends-le, point final ». J’ai donc compris qu’il fallait COURIR VERS MON BUT malgré les nombreuses pressions familiales auxquelles j’étais soumis. En fait, les parents ne croyaient plus en moi, en mes projets.

 De 100 à 1 000 000 francs CFA
L’une des plus grandes expériences vécues dans la création et la gestion de notre startup, durant ces trois dernières années, a certainement été ce que j’appelle LA LOI D’ATTRACTION. Elle stipule que nous attirons à nous tout ce dont nous avons besoin, à condition de juste visualiser nos objectifs pour les voir se matérialiser dans la vie. Notre objectif, c’était d’ajouter quatre autres zéros aux deux de la pièce de 100 francs CFA. À partir de là, notre vie, chaque jour, matin et soir, durant trois ans, était guidée par l’atteinte de cet objectif. Finalement, nous y sommes arrivés. Si LA LOI D’ATTRACTION a marché pour les quatre zéros, pourquoi ne marcherait-elle pas pour un petit zéro supplémentaire, c’est-à-dire pour dix millions de francs CFA (10.000.000) par mois ? Rendez-vous donc en l’an 2018 et 2019.

 En conclusion
De la petite expérience acquise avec cette équipe qui m’a été fidèle, je peux dire qu’il est réellement possible de déplacer les montagnes, comme nous l’a dit JESUS-CHRIST. La première condition consiste à y croire fermement et la deuxième, c’est de se faire entourer de bonnes personnes partageant nos rêves. Je tiens particulièrement à remercier Madame Noëlle Kamagaté AMICHIA. Dans l’ombre, elle a supporté mes caprices, mes idées et mes inventions.

Inspirer les gens, les faire sortir de leur zone de confort, pour réaliser ce qui n’a jamais été fait. Une nouvelle mission pour mon existence sur terre.

Auteur de l'article

Tomorrow Magazine

Le 1er Magazine 100% Jeune

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