La compagnie BAK’IN GADO réinvente le conte Leadership

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Ange GRAH, Hervé BOLOUGBEU, Cyr ATTA et Jean AKE, sont tous issus de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle d’Abidjan (INSAAC). Ces artistes, tous jeunes, composent la compagnie BAK’IN GADO et sont en train de « réinventer » le conte. Qu’est-ce qu’ils font de si prodigieux ? Vous vous posez certainement la question. Nous vous répondrons simplement qu’ils associent trois instruments de musique à la voix d’un conteur pour enchanter ceux qui les écoutent.C’est inédit et c’est fantastique. Découvrons BAK’IN GADO.

 

BAK’IN GADO est une compagnie artistique qui fait du conte musical. Cette qualité artistique allie le récit de faits ou d’aventures imaginaires, enveloppé dans une orchestration musicale qui vise à distraire ou à édifier. BAK’IN GADO veut dire héritage noir en langue Haoussa (langue parlée dans plusieurs pays ouest-africains). Ange GRAH, conteur et porte-parole du groupe nous situe sur le choix de cette langue, « Nous avons choisi la langue Haoussa car c’est l’une des langues les plus parlées en Afrique. Des peuples la parlent en Afrique de l’ouest, du centre de l’est. Elle est même parlée dans des chaînes de télévision et de radio. Pour nous, c’est une forte belle manière de rendre hommage à ce peuple qui existe toujours et qui représente si bien l’Afrique. »Avec BAK’IN GADO, ces quatre garçons entendent mettre sous la lumière l’héritage qu’ils ont reçu de l’Afrique.

…Et BAK’IN GADO naquît

BAK’IN GADO est composé d’un trompettiste, d’un balafoniste, d’un percussionniste et d’un conteur. En assistant à l’un de leurs magnifiques spectacles, on ne voit pas le temps passer. On est traversé par plusieurs émotions. Éclatde rire, réflexion, suspense, repentance, prise de résolution, mélancolie etc. L’originalité de cette compagnie ne réside pas que dans ses prestations, il faut surtout la chercher dans le but de sa création. En effet, BAK’IN GADO a été créé pour donner une petite leçon d’entrepreneuriat à tous ces étudiants de l’INSAAC qui, après l’obtention de leur diplôme, chôment et passent leur temps à accuser tout le monde de leur misère. « Le constat ici à l’INSAAC c’est que la plupart des étudiants restent sans emploi après leurs études. Ils attendent pour la plupart les concours de la fonction publique et lorsque ça ne marche pas, ils abandonnent ceux pourquoi ils ont été formés et deviennent souvent même des gérants de cabines téléphoniques. » Affirme Ange GRAH. Cette situation doit changer et une décision a été prise, « Nous avons décidé de mettre un terme à cette situation et avons développé ce que nous appelons ici l’auto-emploi artistique. Cela consiste à nous employer nous-même après nos études en créant une entreprise. »

Tout part de la vision de Yasmine KANO, une étudiante, metteuse en scène et comédienne de la même école que le quatuor. Celle-ci conçoit le projet de former un groupe de conte musical et d’y associer des étudiants. Le mélange est parfait et la compagnie a fait depuis son petit bout de chemin. Elle a participé à plusieurs événements et spectacles, mais trois sont gravés en lettres d’or dans leur cœur de chaque membre du groupe. Le Camp Mondial IYF de la Jeunesse 2015 à la Fondation FHB de Yamoussoukro où ils ont joué devant près de 2000 personnes, leur sacre en tant que Meilleurs Talents de Côte d’Ivoire 2015 et leur participation au MASA 2016 en sélection officielle.

Un style unique et exportable partout

Ce qui renforce l’originalité de BAK’IN GADO c’est l’universalité de ses prestations. En plus des deux instruments typiquement africains que l’on retrouve dans ses prestations (Djembé et balafon), la compagnie BAK’IN GADO fait un clin d’oeil à l’occident avec l’utilisation de la trompette. Ange et ses amis n’ont pas besoin d’électricité pour faire plaisir à un public et c’est cela l’avantage du choix de leurs instruments, « Chacun des musiciens de cette troupe a choisi un instrument qu’il maîtrise et le véritable avantage de ses instruments est qu’ils n’ont pas besoin d’électricité pour fonctionner. Nous pouvons jouer n’importe où. Il nous suffit juste d’avoir un espace, un public et c’est parti pour un spectacle plaisant à voir et à écouter. »

Des messages d’espoirs et de défi

Dans leurs différentes prestations, la compagnie BAK’IN GADO éveille les consciences endormies. Leur cible principale, c’est la jeunesse et ils trouvent que celle-ci ose peu,« Les jeunes sont cantonnés dans le possible. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas à aller au-delà de leur limite. Nous les incitons à faire plus et à exceller. »Déclare Ange GRAH. La compagnie veut panser les plaies, elle veut soulager les esprits abattus et Ange traduit éloquemment l’état d’esprit du groupe, « Aujourd’hui, avec mille euros, l’on peut s’acheter une kalachnikov et détruire des vies. Mais avec mille euros, BAK’IN GADO peut s’acheter un certain nombre de choses et rendre des vies heureuses. » 

Des projets ? La compagnie en a. Aux dires d’Ange, BAK’IN GADO entend organiser de nombreux spectacles dans des orphelinats, dans des villages et certains lieux reculés. Pour ce faire, un soutien financier, logistique et moral est nécessaire.

Pendant ce temps, BAK’IN GADO continue de conter encore et encore des histoires pour vous changer vous et nous.

Auteur de l'article

Isabelle ZONGO

Blogueuse Art & Culture sur le blog Originvl
Blogueuse généraliste sur My Overviews

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