Interview : C’est qui un entrepreneur ? Leadership

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En quoi consiste réellement le métier d’entrepreneur. Tomorrow Magazine a rencontré Wilfried ADINGRA, jeune entrepreneur ivoirien, pour recueillir son témoignage. Belle interview à lire. Bonne découverte.  

 

Tomorrow Magazine : Parlez-nous de vous et de votre société ?

Wilfried ADINGRA : Bonjour Tomorrow Magazine! Je suis Wilfried ADINGRA, jeune entrepreneur ivoirien de 27 ans. Je suis titulaire de deux licences, une en Génie Logiciel et l’autre en économie et Gestion. J’ai complété à mon background académique une quarantaine de certificats internationaux en management et en business Development. Je suis actuellement Directeur Général et Fondeur de la compagnie LUMEN Corporation SAS, qui se veut être le premier catalyseur d’innovation en Afrique intégrant le business design, le marketing Stratégique et la Finance alternative comme solutions au développement des entreprises africaines. L’objectif étant de, contribuer à l’amélioration de l’écosystème entrepreneurial, accroitre les performances des entreprises et faciliter leur accès au financement. Nous adressons plus particulièrement les modèles économiques des projets d’entreprise et des solutions innovantes, en matière de produits et de services, en les adaptant bien sûr à notre contexte économique, politique, social et culturel.

TM : Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer votre propre entreprise ?

WA : À la base, il faut dire que j’ai toujours rêvé d’entreprendre et je me suis toujours investi dans l’entrepreneuriat. Auparavant, je n’avais pas forcément conscience du challenge que cela représentait, mais l’expérience accumulée dans le temps, m’a permis d’en comprendre les bases et quelques rouages. J’ai pensé LUMEN Corporation lorsque j’étais encore au lycée. À  cette époque, j’aimais beaucoup l’infographie et je signais toujours ‘’lumen’’ sur mes visuels. J’ai gardé aujourd’hui encore certains de ces visuels avec moi. Je savais que LUMEN Corporation devait intervenir dans la créativité et à l’innovation, mais je n’avais pas encore une vision précise et les compétences nécessaires pour poursuivre ma ‘’folle’’ ambition. J’ai donc commencé par créer des structures intermédiaires de capitalisation de compétences et intervenir dans déférentes organisations communautaires pour enrichir mon expérience.

Ainsi en 2008, avec des ainés, nous avons créé un cabinet de courtage sur le marché des changes de devises, d’où j’ai développé des compétences en économie, finance et marché de capitaux. En 2010, j’ai monté une petite structure de conception infographique et multimédia sur fonds propre, qui a échoué neuf mois après, par ma méconnaissance des questions fiscales. En fin d’année 2011, je reçois un financement de 5 000 000 FCFA d’une ONG internationale pour créer GIOTIC Group, une entreprise focalisée sur les Sciences, les technologies et l’innovation. Ce n’est qu’en fin d’année 2015 que je me suis senti prêt et suffisamment aguerrit pour relancer LUMEN Corporation.

TM : Pour vous, c’est qui un bon entrepreneur ?

WA : Pour moi, être un bon entrepreneur c’est être sensible aux besoins de sa communauté et allier trois facteurs clés dans sa recherche de solutions. Le premier facteur, est la dimension humaine : l’entrepreneur doit savoir qu’une idée d’entreprise doit nécessairement répondre à un besoin humain suivant l’échelle pyramidale de Maslow. Le deuxième facteur, est la dimension technique : l’entrepreneur doit être à mesure de structurer sa démarche depuis la modélisation de son idée jusqu’à l’élaboration des différents mécanismes par lesquels ses produits et/ou services sont réalisés et délivrés. Enfin, le troisième facteur est la dimension économique : l’entrepreneur doit être à même de toujours associer un modèle économique viable à son affaire, c’est-à-dire, qu’il doit toujours s’assurer du moyen par lequel il génère de l’argent à travers son projet.

TM : Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?

WA : Ma perception des difficultés est relative, car j’ai appris à capitaliser sur tout, même sur mes échecs. Mais je peux dire que mon plus grand défi a été de me refocaliser sur mon ambition entrepreneuriale. Vous savez, le plus grand défi de tout homme est de définir un objectif clair pour sa vie. Rapporté à un entrepreneur, cela peut être fatal.

En début d’année 2015, lorsque que je faisais le bilan de mes expériences passées, je me suis rendu compte que j’intervenais dans plusieurs projets simultanément, dans différents domaines, tant au niveau national et qu’international. J’étais simplement inefficace. Bien que cela m’offrît une pseudo-répétition et beaucoup d’opportunités de voyage à travers le monde, je savais que je n’étais pas en train de me réaliser. Pas que toutes ces expériences ne m’ont été bénéfiques aujourd’hui, mais à un moment donné, il me fallait admettre que j’en avais suffisamment pour passer à autre chose et me consacrer à ma passion.

TM : Avez-vous un message à l’endroit de nos Jeunes lecteurs ?

WA : J’adresserai mon message à toute la jeunesse, qu’elle soit diplômée ou non. Je nous invite à quitter ce confort relatif que semble offrir l’emploi. Si nous en trouvons tant mieux, mais si nous n’en trouvons pas, alors entreprenons. Il n’y a pas meilleure manière d’adresser la question du chômage que par l’entrepreneuriat. La courbe d’évolution de l’entrepreneur peut sembler volatile, mais elle arbore une tendance haussière, tandis que celle de l’employer reste quasiment statique. Ne regardons pas aux difficultés que nous allons rencontrer sur notre chemin, car elles ne sont que temporaires. Disons-nous simplement qu’il n’y a rien qu’on fasse dans la vie avec persévérance qui ne porte pas de fruits. Peu importe ce que nous avons fait comme formation, nous pouvons aussi explorer nos capacités à travers l’entrepreneuriat. N’attendons pas forcément un emploi.

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