Plus que ZUCKERBERG ou GATES, Jean-Philippe m’a émerveillé Leadership

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En l’an 2011, la Côte d’Ivoire traverse une crise postélectorale sans précédent. À cette époque, j’étais étudiant à l’extérieur du pays et j’ai profité des congés de Noël pour retrouver ma famille. Ce jour-là, nous étions le 21 janvier 2011, et perdu dans mes pensées, un bruit insistant me ramène à la réalité. Quelqu’un frappe à la porte. Ma sœur s’empresse d’ouvrir et de loin j’entends : – Bonjour madame, je suis affamé. Pourrais-je avoir de quoi manger ? Ma sœur est hésitante. Depuis le début de la crise tout le monde se méfie de tout. Je la rejoins et… c’est le choc. Devant moi, un ami d’enfance très brillant avec qui j’ai fait l’école primaire. Je m’exclame – Jean-Philippe, est-ce bien toi ?

C’était bien Jean-Philippe. Installé à Bouaké avec ses parents, la guerre avait séparé sa famille et lui s’était retrouvé à Abidjan. Faute de moyens, il m’explique qu’il est désormais un «enfant de la rue» et vit grâce à de petits boulots qu’il peine à trouver du fait de la situation du pays […].

Cette rencontre me bouleversa. Au plus profond de moi, j’étais triste et révolté de voir mon ami obligé de mendier pour vivre. Je retins difficilement mes larmes et à la fin de la conversation, ma mère lui remit un sac plein de vivres et un peu d’argent. Il nous fit un large sourire puis s’en alla.

L’image de Jean-Philippe me resta gravée dans la mémoire et après mon retour définitif à Abidjan en 2014, j’ai décidé de le rencontrer. Au téléphone, il avait l’air très occupé, mais me donna rendez-vous une semaine plus tard. Nous nous sommes rencontrés et lors de l’échange, il m’expliqua qu’après avoir déambulé dans le quartier, il a remarqué que les services de salubrité ne fonctionnaient plus, du fait de la situation politique du pays. Il a donc commencé à faire du porte à porte pour collecter les ordures ménagères de la cité, puis son action s’est étendue à tout le quartier. Avec le temps, les affaires ont prospéré et il a réussi à embaucher cinq puis dix personnes et s’était même acheté deux véhicules de collecte d’ordures. Ce ‘’petit’’ métier qui pouvait paraître humiliant à ses débuts, lui permettait aujourd’hui de bien gagner sa vie. Réduit à vivre de l’aumône des autres, il avait réussi à se révéler et était aujourd’hui à la tête d’une activité florissante. À la fin de la rencontre Jean-Philippe insista pour payer l’addition.

Je n’ai jamais rencontré Mark ZUCKERBERG ou Bill GATES, mais je n’en ai plus besoin. J’avais été le témoin privilégié de la réussite de Jean-Philippe, lui qui, du plus profond du trou avait allumé une étincelle qui était devenue aujourd’hui un grand feu. Et j’en étais terriblement fier.

Ce jour-là, j’ai compris que contrairement aux idées reçues, nous étions tous nés pour briller, et cela indépendamment de notre couleur de peau, de notre origine ou des attributs physiques offerts par la nature.

NON ! Il n’y a pas de raccourcis vers le succès. Aucune situation n’est éternelle.

Jeunesse africaine, il est temps de prendre ton destin en main !

Auteur de l'article

Andeka OULE

Directeur associé Sohonet France

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