La femme ne doit plus être un écho, mais une voix Leadership

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Il y a quelques années j’ai été à Gohitafla, le village de ma mère. Ce hameau est situé au centre-ouest de la Côte d’Ivoire.

Là-bas comme dans de nombreux villages, les hommes ont droit à épouser plusieurs femmes. Devant ce constat, j’ai pensé ceci : «Ces hommes doivent surement bosser triplement tous les jours pour subvenir aux besoins de leurs nombreuses femmes.» Mais que nenni.

Au contraire ce sont les femmes qui faisaient presque tout, sinon tout. Elles se lèvent les premières les matins pour aller chercher de l’eau au marigot, accompagnent les enfants à l’école, font à manger pour les apporter à leur mari aux champs, les aident, reviennent les soirs pour encore faire à manger, ….bref elles font tout.  

Un jour une cousine qui a pratiquement le même âge que moi et qui venait d’être mère pour la troisième fois, m’a demandé ceci, «Qu’est-ce que tu attends pour te marier et avoir des enfants ?» Avant d’ajouter, «Avec tes faux ongles et les bagues sur tes doigts, comment arrives-tu à piler du foutou*?» Et encore, «Pourquoi mets-tu des vêtements au-dessus des genoux ?» «Pourquoi… ?»

Toutes ces questions m’ont fait penser généreusement à nous autres, femmes citadines, celles de ma génération, celles d’Abidjan, celles de mon secteur d’activité. Plusieurs d’entre nous se sont illustrées comme des adeptes de la facilité, mais il y en a plusieurs que j’ai rencontrés et qui m’ont séduites par leur merveilleux état d’esprit. De véritables battantes. Certaines sont des marques, même avant leurs 20 ans. Amoureuses du travail bien fait, elles impactent leur génération.

L’entreprenariat est tout aussi présent dans notre génération qu’elle ne l’a été auparavant. J’entends bien souvent dire qu’une «Femme ne peut être accomplie si elle n’est pas mariée». À ce genre de réflexion, je réponds qu’une femme ne peut être accomplie si elle n’est pas heureuse.

Non, la plupart de cette nouvelle génération de femmes ne balayent pas la culture, mais elles n’ont pas non plus envie de la subir.

Lors de la formation des mondoblogueurs à Madagascar, j’ai rencontré deux  jeunes entrepreneures, Aminata THIOR et Sandrine NAGUERITA. Aminata est ce qu’on peut appeler une femme accomplie mariée. Elle est Mère, possède un boulot, un magnifique projet en montage et une ambition de malade. Sandrine, c’était le pareil sauf qu’elle n’est pas mariée et n’a aucun enfant. Mais ces deux dames, bien qu’ayant deux situations différentes ont deux points communs : elles sont heureuses et ambitieuses.

Une mamie du quartier me disait ceci, «Certaines personnes de notre génération pensent que vous ne valez rien. C’est vrai, piler le foutou, par exemple, et votre génération ne va pas forcément de pair. Mais les femmes d’aujourd’hui savent se faire entendre. Aujourd’hui, vous n’êtes plus un écho qu’on entend de loin, comme nous l’étions à notre époque. Vous êtes une voix, sinon des voix. Car chacune s’impose et impose le respect des hommes».

Mais, il y a un truc que je trouve un peu fou dans la communauté web ivoirienne, au lieu que les hommes (certains) soient fiers du succès des femmes dans ce secteur, ils préfèrent les prendre pour cibles et les fustiger. C’est bien dommage. Mais je pense que les hommes doivent comprendre que lorsqu’une femme s’engage et décide de faire quelques choses, elle le fait très bien. J’en suis sûr et convaincu, pour cela même Bill GATES peut passer prendre des cours.

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