La Palestine, pas un Etat, mais un territoire Société

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Il est quasiment impossible de suivre l’actualité mondiale sans qu’on n’entende parler de la crise Israélo-palestinienne. Chou gras des médias d’information politique, cette guerre entre Israël et la Palestine a de nombreuses conséquences. L’un des effets majeurs est la non-considération officielle de la Palestine comme un État.

 

Origine du conflit moderne

On assiste depuis 1947 à la version moderne de ce conflit entre Israël et la Palestine qui, en réalité, dure depuis des millénaires.

Cette année-là, le monde se remet petit à petit de la guerre la plus meurtrière. Le monde est en pleine restructuration et deux peuples, les israéliens et les palestiniens, sont au bord de l’affrontement, à cause d’un territoire dont ils se disputent la propriété. Les Nations unies, fraîchement créée, proposent la création de deux États, l’un juif et l’autre arabe. L’Organisation onusienne propose de mettre la Palestine sous mandat britannique. Cette proposition  créée de vifs mécontentements dans les deux camps. Les israéliens se présentent comme les seuls propriétaires de ce territoire, car croyant fermement en être les héritiers historiques et divins. Les palestiniens, quant à eux, refusent d’être sous tutelle d’un quelconque pays et réclament une indépendance totale. L’enjeu dépasse l’ONU. Le conflit est inévitable.

La première guerre entre juifs et arabes éclate au moment de la proclamation de l’État d’Israël en 1948 par son Premier ministre et fondateur, David Ben GORION. La Palestine est la grande perdante. En effet, après avoir essuyé une première défaite contre Tsahal (l’armée israélienne), elle n’est pas officiellement reconnue comme un État. Une deuxième guerre éclate en 1967. Elle est connue sous le nom de la guerre des Six Jours. Pendant cette guerre, l’État hébreux annexe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors sous contrôle de la Jordanie. La bande de Gaza, sous administration égyptienne, sera aussi arrachée par l’armée israélienne. Six ans plus tard, soit en 1973, une troisième guerre intervient, la guerre du Kippour. Cette fois-ci, Israël fera face à une coalition de pays arabes conduits par l’Egypte et la Syrie. Ces pays arabes, soutiennent la Palestine et militent fortement pour son indépendance. Ce conflit de 1973 ne changera pas grande chose, les palestiniens et leurs alliés arabes n’obtiendront pas gain de cause. D’autres guerres verront le jour.

Les États-Unis d’Amérique, soutien indéfectible d’Israël

Si l’État hébreu peut dormir tranquille, malgré le fait qu’elle ne soit entourée que par d’États arabes hostiles, c’est bien à cause du soutien financier et militaire indéfectible du pays de l’oncle Sam. En effet, les États-Unis d’Amérique, de tout temps, ont toujours été profondément attachés à l’existence d’un État hébreux fort et ne sont, en réalité, pas d’accord pour la création d’un État palestinien.

La cause est à rechercher dans l’influence de la puissante communauté juive américaine. Celle-ci, très bien organisée, constitue un électorat important dans ce pays. De nombreuses autres communautés chrétiennes, surtout protestantes, soutiennent également l’État hébreu. En vérité, ces soutiens sont influés par le concept de la Bible qui veut que la restructuration de l’État hébreu en Palestine est la condition du retour de Jésus-Christ sur terre.

Washington s’oppose, par son droit de Veto, à toutes les propositions tendant à reconnaitre la Palestine comme un État. En 2012, l’Assemblée Générale de l’ONU vote une résolution d’admission de la Palestine comme État observateur non-membre. Plus de 120 pays soutiendront cette résolution. Mahmoud ABBAS, représentant de l'Autorité Palestinienne, jubilait après ce vote historique en déclarant que, «La décision récente de l'ONU représente ‘’le certificat de naissance de l'État de Palestine’’.» De son côté, à cette époque, les États-Unis, à travers son ambassadrice à l’ONU, déclarait que «La résolution de l'ONU qui accepte la Palestine en tant qu’État observateur non-membre, n'établit pas la Palestine comme un État.»

Bras de fer qui depuis n’a pas encore trouvé d’issus. Mais que dit la Loi internationale sur l’existence d’un État ?

Qu’est-ce que c’est qu’un État ?

Avant de trouver la réponse à cette question voyons ce que dit la Charte de l’ONU à propos de la reconnaissance d’un nouvel État. «La reconnaissance d’un nouvel État ou d’un nouveau gouvernement est un acte que seuls les autres États et gouvernements peuvent accomplir (...) L’ONU n’étant ni un État, ni un gouvernement, elle n’est pas habilitée à reconnaître un État ou un gouvernement.»

Il est donc légitime de penser qu’il n’appartient donc pas aux États-Unis, malgré son droit de Veto, de s’opposer à l’existence étatique de la Palestine. Mais l’État américain s’appuie sur la Conférence de Montevideo de 1933 qui définit les droits et les obligations des États. Selon cette conférence, «Un État doit posséder une population permanente, un territoire défini, un gouvernement et la capacité d'entrer en relation avec d'autres États.»

Pour les américains et les partisans de l’inexistence d’un État palestinien, la Palestine pèche par le non-respect d’une obligation prescrite, celle de la possession d’un territoire défini. Pour ceux-ci, la Palestine n’a pas de frontière stable et donc pas un territoire qui pourrait formellement lui être attribuée. En effet, au gré des guerres et des expéditions militaires israélo-palestiniennes, les frontières de celle-ci reculent ou avancent.

Chacune des personnes imprégnées de ce conflit a choisi leur partie. Quand d’autres crient aux violations des droits du peuple palestinien, d’autres, pro-israéliens, déclarent qu’historiquement Israël possède ce territoire de droit.

Les tractations et les conciliabules se poursuivent dans les couloirs des Nations unies et des grandes chancelleries et selon toutes vraisemblances, cette histoire risque de prendre encore du temps avant de voir sa résolution.

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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