Slam : C’Katcha libère les mots Leadership

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Le Slam est sa passion et il ne jure que par cet art. C’Katcha, ce Jeune slameur ivoirien, a de l’ambition. Devenir un jour le meilleur slameur de son pays et de son continent. C’Katcha y travaille. Récemment vice-champion de la toute première compétition de Slam de Côte d’Ivoire, il s’est prêté aux questions de Tomorrow Magazine.

 

Tomorrow Magazine : Présentez-vous à nos lecteurs.

Bienvenue Katcha COULIBALY : Je suis Bienvenue Katcha COULIBALY et je suis étudiant à l’École Nationale de Théâtre et de Danse de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC). Je suis poète-slameur depuis quelque temps et je suis vice-champion 2017 de « Slam de Côte d’Ivoire ».

 

TM : Parlons du Slam. Est-ce un nouveau genre musical ?

BKC : Le Slam n'est pas un genre musical, même si la plupart des gens l’ont connu à travers des supports CD ou numériques avec un fond musical. Selon le dictionnaire Larousse, le Slam désigne une poésie urbaine faite en public. Un pratiquant de cet art vous le définira comme une déclamation avec un ensemble de jeux vrais, c'est-à-dire que le public doit ressentir les émotions que vous dégagez sur scène. Le terme Slam vient du verbe anglais to slam qui veut dire claquer. Ce genre poétique naît dans les années 60 avec l’anglais Marc SMITH. Celui-ci prend soin de codifier le slam. Par exemple, selon lui, un texte Slam doit durer 3 minutes, il doit être récité en position debout avec un micro à pied... Notons que le micro à pied est bien le symbole que l'on attribue à cet art. Le Slam est le lieu où l’écoute, le partage et la libre expression sont valorisés. Le slameur se réserve le droit de tout dire de façon élégante ou non.

 

TM : Comment est-ce que Katcha devient slameur ?

BKC : J’ai un texte que j’aime bien et dans lequel je dis ceci : «Je suis poète par vocation, poète par émotion, poète par passion. Et non poète par raison.» Je crois que la poésie habite en moi et que ‘’je suis né poète’’. Depuis ma classe de 6ème, je m’exerçais déjà à l'écriture poétique. Plus tard, j'ai obtenu un BAC H3 (BAC artistique spécialité théâtre) au Lycée d’Enseignement Artistique d’Abidjan. À l’école, j’ai appris la versification. En jouant des pièces de théâtre classique, j’ai appris à déclamer. Après mon BAC, je pensais avoir les armes et les aptitudes nécessaires pour faire un bon slameur. En 2015, je participe à un concours de poème dénommé ‘’Ecole Des Poètes’’ et je suis rapidement éliminé. J’ai compris que j’avais encore beaucoup de choses à apprendre. L’un des membres du jury, Bee Joe un slameur ivoirien, m’aborde et m’invite plus tard à une scène Slam. C’est de là que tout est parti.

 

TM : Parlons de cette compétition de Slam à laquelle vous avez participé. Qu’est-ce qu’elle vous a apporté ?  

BKC : Le fondateur du Slam, Marc SMITH, déclarait que pour devenir un bon slameur, il faut obligatoirement participer aux scènes Slam ou participer à un concours Slam. Le championnat national de « Slam de Côte d’Ivoire » était pour nous, nouveaux slameurs, une aubaine de se frotter à l’univers compétitif de cet art et de devenir de véritables professionnels. L’expérience a été belle et nous avons forgé notre déclamation. À l’issue de cette compétition, j’ai occupé la deuxième place. Cette expérience me pousse à travailler davantage.

 

TM : Que ressentez-vous le micro à la main et face à un public ?

BKC : Sur scène, je ne suis plus Bienvenue Katcha COULIBALY, mais je deviens C’Katcha. En face d’un public, je suis animé d’une joie immense parce que des oreilles outres que les miennes écoutent mes écrits. Et cette joie accroît quand ce public, devant moi, réagit favorablement à mes vers. À partir de ce moment, je peux déclarer que le feu tricolore de mon Slam est vert.

 

TM : Comment préparez-vous vos textes ?

BKC : Mes textes, je les travaille après l’écriture. En répétant maintes fois mon texte poétique écrit, les rimes s’améliorent, le sentiment général du texte prend forme et le texte se fortifie. Après ce travail personnel, je me donne en spectacle devant des professionnels avant de le faire devant le grand public. Cette présentation devant les connaisseurs m’aide à m’améliorer et à perfectionner mes textes. Vous savez, le regard des autres sur nous est la voiture de notre réussite.  

 

TM : Cet art semble avoir des difficultés à décoller en Côte d’Ivoire, croyez-vous en une percée ?

BKC : En Côte d'Ivoire tout comme dans la sous-région, le Slam n’est pas encore profondément intégré dans les mœurs. Mais il faut noter tout de même qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le public du Slam s’agrandit. Le mois de mars 2017 a abrité la première édition du Festival International de Slam d’Abidjan (FISA). Initié par le Collectif Au Nom Du Slam, ce festival a permis au public ivoirien de découvrir de nombreux slameurs et l’on pouvait lire la joie sur le visage des spectateurs. Je crois qu’avec le temps et le travail des slameurs ivoiriens ‘’aujourd’hui ne sera pas demain’’ (une phrase du slameur Bee Joe). J’aimerais signifier que je suis le plus jeune de la tribu des slameurs ivoiriens. Je crois fortement en une percée fulgurante de cet art en Côte d’Ivoire et partout en Afrique. Je continue de travailler mon style. Pour finir, je retiens ceci d’un sage «pour devenir grand il faut gagner le cœur du monde.»

 

Interview réalisée par Yannick DJANHOUN

 

 

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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