Entreprendre Société

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Les pays émergents ont connu des cycles de forte croissance en majeure partie du fait du marché des extractions minières et énergétiques et des matières premières. Quand la crise s’installe, suite à un revers de marché, une chute des cours, une crise des changes ou de la dette d’un pays, c’est à ce moment-là que l’on sait si le modèle économique tient.

Il en est de même pour une jeune entreprise, start-up ou non. Les mots ne veulent plus rien dire.

L’économie fonctionne par cycles et par étapes. La vie d’une entreprise, son cycle de développement est une série d’étapes : le scale-up.

Au départ un flash, une idée ou une contrainte, une expérience personnelle.

Il ne faut pas se mentir. Ce n’est pas une mode, ce n’est pas une tendance, ce n’est pas un job.

Il n’y aura pas de la place pour tout le monde et l’État ne peut rien pour vous.

 

Être entrepreneur, c’est une vocation. Une façon de voir les opportunités que d’autres lisent comme des problèmes. Un état d’esprit. Mais attention, l’entrepreneuriat de survie ou de subsistance n’est pas une fin en soi. Être entrepreneur n’est pas uniquement «cool». C’est sans aucun doute un des chemins les plus compliqués. Vous avez besoin de deux choses : de l’énergie et de l’humilité.

La motivation n’est pas de devenir riche, nous sommes des faiseurs, des créateurs, des entités agiles et rapides, prêtes et programmés pour le changement. Nous sommes le changement.

Nous cherchons, creusons, recommençons tant que nous n’avons pas trouvé la bonne formule : que ce soit pour un usager, un membre d’une communauté, un client. Il s’agit de servir, d’adresser un usage, une problématique, une demande. Que vous ayez plus ou moins de technologie, le process restera le même. L’entrepreneuriat social est une voie royale. Les technos sont souvent dépendantes d’infrastructures, de très haut débit et d’investissement. Ne réinventez pas ce qui existe déjà. Investissez sur les services de proximité, le commerce, l’agriculture, la bourse et diversifiez-vous ensuite en faisant travailler votre argent sur des projets plus consommateurs de CAPEX.

 

Les études indiquent que trois pays représentent 70% du PIB continental (Afrique du Sud, Nigeria, Egypte), 90% des ventures des secteurs innovants (les TMT), sont captés par 5 pays anglophones. Les KiNGS (Kenya, Nigeria, Ghana, South Africa) et l’Éthiopie et l’Égypte sont désormais dans le sillon. La Côte d’Ivoire ne représente que 1%. C’est une réalité. Observez la corrélation entre la qualité des infrastructures, du système éducatif, la taille du marché, et la culture «business» d’un pays.  

Un état libéral (le modèle anglophone) permet d’assurer aux entrepreneurs un environnement «safe». Plus cette culture est présente, plus vous aurez des entrepreneurs.

Il n’appartient pas à l’État de créer des entrepreneurs mais de réduire les barrières et la corruption.  

Il appartient aux entrepreneurs de créer des valeurs. L’économie c’est vous.

Loin du buzz, entreprendre est une responsabilité sociétale ; créer des emplois, conquérir et fidéliser des clients, former des collaborateurs, développer son quartier, sa région, son pays.

 

La Côte d’Ivoire dispose de talents, d’énergie, d’idées, mais souffre d’un déficit de projets.

Les banques ont certes leur responsabilité et les concours n’y changeront rien, ils sont trop souvent un alibi de communication pour des marques vers de jeunes consommateurs ou une astuce marketing d’appartenance sociétale. Le gap avec les autres pays champions du continent est important.

Pour y remédier, un cycle de maturité est nécessaire, nous semblons y arriver rapidement, passé l’effervescence. Tout commence maintenant. 99% des idées de départ sont mauvaises et inutiles, le constat est mondial et par essence, créer repose sur le paradoxe de l’opportunité et du risque.

Ne confondez pas votre statut avec ce que souhaite votre marché. Vous n’avez pas besoin d’argent pour débuter. Observer, réfléchissez, regroupez-vous. Il faut inverser le paradigme ivoirien et c’est là un superbe challenge. Investir sur la crédibilité et le contenu. S’inspirer des meilleurs continentaux.

La visibilité qu’offrent les réseaux sociaux est malheureusement contre-productive. Souvent des cycles gadgets. Au final, rien, pas de contenu, juste un logo, une photo, une personne, un self-branding.

 

Le marché est mondial, le benchmarking est omniprésent. Le décryptage facile. Le niveau est élevé et les codes sont connus. Limitez les excès et les effets d’annonce. Participez à une nécessaire évolution : investissez sur le fond, le contenu, les faits, pas sur les illusions. Tout est à portée de main.

Le succès parlera pour vous. C’est le challenge de votre génération. Concentrez-vous sur le contenu et la création d’une valeur, celle de votre offre. Il n’y a rien de pire que de promettre et décevoir.

Soyez prêt et prenez le temps. L’échec fait partie de l’équation, il faut adapter et revoir la copie mais le chemin est riche en expérience et vous saurez en recommençant ce que c’est d’entreprendre.

Tout est dans le chemin et les rencontres, c’est là le secret. Alors vous attendez quoi ?

 

Franck BERTHOD, Entrepreneur et Président d’Antilop Capital

 

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