Interview : L’entre­preneuriat social et environnemental est la clé Société

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L’entrepreneuriat social et environnemental passe de plus en plus sur les lèvres des experts. Cet type d’entrepreneuriat, au service de l’intérêt général, recouvre l’ensemble des initiatives économiques dont la finalité principale est sociale ou environnementale et qui réinvestissent la majorité de leurs bénéfices au profit de cette mission. Dans sa 7ème parution, le bulletin numérique d’information entrepreneuriale, Entrepreneurship, a rencontré le Docteur Franck EBADirecteur de l’unité Agricole Intégrée de Sucrivoire du Groupe SIFCA. Celui-ci livre sa vison de l’entrepreneuriat social.

 

Entrepreneurship : Dr EBA vous avez contribué à démocratiser le développement durable en Afrique de l’ouest, au­jourd’hui il devient commun d’en parler. Pour vous, quelles ont été les avancées et les principaux im­pacts sur les dix dernières années ? Peut-on déjà parler de bilan énergétique ?

Dr EBA : Face à l’écart de plus en plus important entre le nord et le sud en matière de développement et aux catastrophes en­vironnementales telles que le Probo Koala en Côte d’Ivoire en 2006, l’Afrique de l’ouest a pris conscience de la mise en œuvre d’un développement prenant en compte les 3 champs de contraintes que sont : le sociétal, l’économie et l’environnement. Je pourrai citer 3 avancées majeures :

  • Au niveau institutionnel avec la création de Ministères dédiés au développement durable et la mise en place de politiques et de stratégies nationales ;
  • Au niveau du secteur privé et des ONG avec la créa­tion de réseaux RSE et RSO (Responsabilité Sociétale des Entreprises et Organisations) pour mettre en œuvre des démarches structurées.
  • La formation avec la création de masters en gouver­nance, éthique, stratégie et responsabilité sociétale, et l’expertise avec l’émergence d’un pôle d’experts dans le domaine.

Les résultats sont visibles avec des efforts pour une meilleure gouvernance, un taux de crois­sance économique soutenue, un intérêt pour de meilleures conditions de travail, une prise en compte des intérêts des parties prenantes dans les projets et des actions pour la préser­vation de l’environnement. Sur le volet énergé­tique, une orientation est faite sur les énergies renouvelables ou vertes, avec des projets de barrages, de production d’énergie solaire et à base de biomasse. Les gouvernements ont bien compris qu’il fallait trouver une alternative aux énergies produites avec des combustibles fossiles non renouvelables.

Entrepreneurship : Votre démarche repose sur ce qu’on appelle l’Intrepreneuriat, qui repose sur la conduite du changement et les adaptations nécessaires aux résistances et aux variables socio-cultu­relles. Quel retour d’expérience en tirez-vous et quels sont les moyens que vous avez employés pour lever et les freins ? Quels exemples recommandez-vous en matière etc.

Dr EBA : En effet, le plus difficile est de pouvoir chan­ger le comportement des hommes car ils sont la plupart du temps réfractaires aux change­ments. Mon expérience provient de l’ancrage territorial et du développement local. C’est-à-dire un développement à la base qui est un processus utilisant les initiatives locales comme moteur du développement économique. Ainsi, on intègre les communautés locales ou envi­ronnantes dans nos activités et on procède en quelque sorte à un partage de richesse gagnant-gagnant. Les freins principaux sont le manque de formation, l’incompréhension du concept développement durable et inclusif, le manque d’expertise dans l’accompagnement, la non-capitalisation des bonnes pratiques, et l’absence de promotion de modèles. Je recom­mande surtout la prise en compte des réalités socio-culturelles africaines pour un dévelop­pement adapté et inclusif. Je reste persuadé qu’avec une RSE ou RSO africaine nous pour­ront réussir avec un entrepreneuriat plus respon­sable et plus durable.

 

Entrepreneurship : D’ici 2030, près de 430 millions de jeunes se présenteront sur le marché du travail. L’entre­preneuriat social et environnemental est une clef. Quelles tendances observez-vous, quels exemples et success-story pouvez-vous citer ?

Dr EBA : Pour pouvoir absorber ces 430 millions de jeunes en 2030, l’entrepreneuriat durable se pré­sente comme une véritable opportunité avec la capacité de créer de l’emploi et de la richesse sur le continent. Mais pour réussir, il faudra être ambitieux et capable de dénicher des niches de business avec de l’audace et de l’innova­tion. Nous devons vendre le rêve possible à la jeunesse en faisant la promotion des exemples, des bons modèles et des talents africains. L’il­lusion s’installera si les états ne sont pas ca­pables d’asseoir un véritable cadre légal et de se doter de structures et d’experts pour former et accompagner les futurs entrepreneurs. Au­jourd’hui, on observe de très bonnes initiatives avec l’ONG dénommée « YACOLI VILLAGE ECOLE OUVERTE » (YVEO) du Président Mar­cel Kessy ZADI, un outil de management du développement local ou de proximité sur plu­sieurs sites d’expérimentation en Côte d’ Ivoire qui sont des laboratoires pour le progrès des villages sur le chemin du développement. Le second exemple est celui de VMK de Vérone MANKOU qui a créé la première tablette et le premier smartphone africains depuis 2011 et qui connaît un succès sur le continent. Et enfin, je terminerai par Stéphane EHOLIE, le PDG hors pair de SIMAT (Société Ivoirienne de Manuten­tion et de Transit) qui est le premier opérateur économique ivoirien coté sur le marché bour­sier parisien en 2007. Un dirigeant sans cesse animé par l’envie d’entreprendre, de créer et d’innover.

 

Source : Entrepreneurship N°007

Auteur de l'article

Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN est un Journaliste ivoirien de 30 ans. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, c'est un passionné des questions touchant au leadership de la Jeunesse africaine et de l'éducation des enfants.

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