Le Conseil de Sécurité : les cinq qui dirigent le monde

Publié par

Les drapeaux des cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité

Le conseil de sécurité est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cet organe a pour rôle principal le maintien de la paix et la sécurité internationale. À cet effet, il dispose de pouvoirs spécifiques tels que  l’établissement des sanctions internationales et l’intervention militaire. Les décisions (résolutions) prises par le Conseil de Sécurité ont force exécutoire. Par conséquent, tous les pays membres de l’Organisation sont contraints de les accepter et de les appliquer. Seuls cinq pays sont pourvus d’un droit de Veto dans ce conseil et y ont droit de permanence. Cela fait d’eux “les rois incontestablement du monde“. Mais une question revient toujours dans l’esprit : pourquoi seulement cinq pays ?

 

Histoire

Deux Grandes guerres mondiales ont marqué l’histoire de l’humanité. Il s’agit de la Première Guerre qui dura de 1914 à 1918 et la seconde de 1936 à 1945. Deux ans après la dernière guerre, le 17 janvier 1947 plus précisément, le Conseil de Sécurité de l’ONU sera créé à Londres. Cet organe sera défini comme ayant la «responsabilité essentielle du maintien de la paix et la sécurité internationale» selon la charte de l’Organisation des Nations Unies. Les membres de l’Organisation voulaient ainsi éviter de vivre à nouveau “le cauchemar“ des deux guerres précédentes.

La première réunion du conseil de sécurité s’est tenue le 17 janvier 1947 dans le bâtiment Church House à Londres. Il fut dès son origine composé de cinq membres permanents à savoir : les États-Unis, L’Union Soviétique, Le Royaume-Uni, la France et la République de Chine.

Ces cinq pays ont ceci de commun qu’ils furent les principaux vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale. Autre force de ces pays mis ensemble, leur population constituait à eux seuls la majorité de la population mondiale. Ils partagèrent aussi un même statut : puissance nucléaire, puissance militaire, puissance démographique, mais également puissance diplomatique et puissance géographique.

A lire aussi : Donald TRUMP, si méprisé, mais si président

Notons qu’en 1971 le conseil de sécurité connaîtra une modification au niveau de ses membres permanents. La République Populaire de Chine prendra en effet la place de la République de Chine (Taïwan) suite à la guerre civile qui prit fin avec la victoire des maoïstes. Par la suite, la Fédération de Russie prendra la place de l’Union soviétique en janvier 1992 suite à la dislocation de celle-ci.

Les cinq membres permanents ont été pourvus d’une “arme“ qui leur permettra d’établir leur suprématie sur le reste du monde. il s’agit en du droit de Veto.

Le droit de Veto

Le Conseil  de Sécurité compte 15 membres, dont les membres permanents mentionnés plus haut. Les décisions de ce conseil sont promulguées par un vote de ces membres. Ces décisions appelées aussi résolutions portent soit sur des questions de procédure, soit sur des questions de fond (embargos, intervention militaire, maintien de la paix). Lorsqu’il s’agit du dernier cas, il faut nécessairement un vote affirmatif de neuf de ces membres dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents. En d’autres termes, il suffirait qu’un seul membre permanent vote «NON » pour que le texte adopté par le conseil soit invalidé. C’est cela le “droit véto“. Son rôle, empêcher la validation d’un texte. Disposer de ce droit est donc un véritable privilège pour les cinq vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale.

Critiques à l’encontre du conseil de sécurité.

Comme nous l’avons mentionnée plus haut, une des raisons qui ont motivé le choix des cinq membres permanents a été la représentativité de leur démographie par rapport à  population mondiale. Or aujourd’hui les données ont changé. Les cinq ne représentent que 30% de la population mondiale, y compris la Chine qui à elle seule représente 20%. Parallèlement, nous assistons à une croissance démographique galopante en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. De plus, nombreux sont aujourd’hui les pays qui possèdent l’arme nucléaire et qui par ailleurs ont des ressources économiques très importantes. Cette situation explique pourquoi depuis 1970 de nombreux États membres de L’Organisation conteste l’existence des membres permanents du Conseil de Sécurité. Des pays comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Algérie, l’Allemagne, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie manifestent aujourd’hui leur désir d’intégrer eux aussi le Conseil de Sécurité en tant que membres permanents. Mais tenez-vous bien, le véto a été utilisé jusqu’en 2006 cinquante-neuf (59) fois afin d’empêcher l’adhésion de nouveaux membres permanents.

A lire aussi : L’Afrique, c’est 53, 54 ou 55 pays ?

Le droit de veto, on le voit clairement, est utilisé par nos cinq supers pays pour la protection de leurs intérêts. Et cela se fait de plus en plus remarquer dans le conflit syrien et dans la quête de résolution du problème nucléaire nord-coréen. La Russie brandit régulièrement son véto afin de protéger son ami Bachar AL-Assad avec qui elle entretient de bonnes relations économiques. Quant à la chine, elle fait aussi usage de son véto afin de protéger son allié la Corée du Nord. Des exemples similaires sont.

Ces dernières années, des voix se font de plus en plus entendre pour réclamer des réformes au sein du Conseil de Sécurité. Vivement que ces réformes se fassent car il est grand temps de sortir de ce monde de l’hégémonie à cinq.

Téléchargez gratuitement Tomorrow Magazine en cliquant ICI

 

Pamphile GNAHOUA

Partager cet article...Share on Facebook7Share on Google+0Tweet about this on Twitter0Share on LinkedIn0

Les commentaires sont fermés .