Moon’Art, l’art au pluriel

Mouna Mékalé avec une amie qui lui sert de modèle pour la valorisation de Moon'Art et de ses créations

Mouna Mékalé (à droite) avec une amie qui lui sert de modèle pour la valorisation de Moon’Art et de ses créations

 

En regardant Mouna MEKALE, on pense à ces belles princesses que l’Afrique a connues dans le passé lointain et dont les griots n’ont jamais cessé d’exalter la beauté. Belle, Mouna l’est physiquement, mais elle l’est surtout à l’intérieur. Cà n’étonne donc personne de voir tous ces objets d’art qu’elle produit et présente dans sa boutique d’œuvre d’art, Moon’Art. Moon’Art présente aux visiteurs ce que l’Afrique a de plus authentique et de plus beaux. Zoom sur une princesse africaine qui a un seul désir, celui de vous rendre africainement beau et belle.

 

Mouna et l’art, une passionnante histoire d’amour

Maïmouna Madeleine MEKALE est le nom à l’état civil de Mouna. Cette jeune femme de nationalité ivoirienne respire l’art. Elle le respire tellement que ce serait un supplice que de lui demander de ne pas concevoir un objet d’art pendant une journée. Mouna, en effet, est tout le temps en train de créer. Sa boutique, doit présenter chaque jour ce qu’il y a de plus beau et de plus innovant en matière d’art.

Ceux qui ont connu Mouna à son bas âge ont certainement pensé une fois qu’elle deviendrait une artiste. En effet, déjà aux primaires elle ne laissait personne indifférente quand elle chantait. À cet âge, elle savait qu’elle deviendrait une virtuose de l’art, « En grandissant, j’ai appris tout ce que je suis capable de créer aujourd’hui. Je me souviens qu’enfant, je disais à mes parents que je voulais aller à l’école des Arts. Ils m’ont répondu que je devais d’abord aller à l’école classique et envisager après de m’orienter où je voulais. »

 

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Bien qu’ayant l’art dans le sang, Mouna ne boude pas pour autant les études. Elle va à école et obtient un BAC G2, puis un BTS en finance comptabilité et enfin une licence en marketing management. C’est donc une fille plein la tête qui décide finalement de se consacrer à l’amour de sa vie, l’Art. Cet amour inconditionnel, Mouna le tient de ses grands-parents et de ses parents, « J’ai vécu à Korhogo avec mes grands-parents qui étaient profondément tournés vers le traditionnel et la culture. Ensuite, j’ai vécu avec mes parents à Danané, mais c’est avec ma mère que j’ai découvert la Côte d’Ivoire. J’ai donc connu différentes cultures et cela m’a inspiré encore davantage. » Par ailleurs, son attachement à l’Afrique s’explique, selon elle, par ses origines diverses, « J’aime à le dire, je suis une femme CEDEAO. Figurez-vous que je suis à moitié sénégalaise, ghanéenne, ivoirienne et arabe. Mais plus ivoirienne parce que je suis née ici. »

 

Moon’Art, la boutique du beau

Mouna confectionne de nombreux objets d’art, mais n’a pas d’endroit où les stocker. L’idée d’ouvrir une boutique lui vient à l’esprit. Mais le véritable déclic survient en août 2014 pendant le Camp Mondial de la Jeunesse organisé par l’ONG international IYF. Présente à la Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro à l’occasion de ce rendez-vous mondial de la Jeunesse, Mouna a l’occasion de côtoyer des milliers de jeunes et surtout de participer à des conférences de partage d’expérience. « Ce camp ma beaucoup forger, parce que j’ai rencontré de nouvelles personnes et j’y ai appris une mentalité de gagneur. Là-bas, j’ai pu écouter les témoignages de personnes comme Asalfo de Magic System, du doyen de la musique Paul WASSABA… Ces témoignages m’ont vraiment motivé et je me suis promis de continuer quelles que soient les difficultés. »

La même année elle ouvre Moon’Art, une boutique de vente d’objets d’art. On y trouve un peu de tout. Des bijoux, des tableaux, plusieurs objets de décoration intérieure, des vêtements. La particularité de tous ces objets, ce sont leur identité africaine. Pour Mouna, chaque africain est un ambassadeur de la culture africaine, « Je crois que chaque africain devrait avoir chez lui un objet d’art traditionnel, c’est ce qui nous identifie en tant qu’africain. » 

 

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Mouna a participé à plusieurs expositions et à de nombreux festivals. Le MASA, le SITA et le MIVA, cette année encore, elle participe au MASA. Outre ses activités artistiques, Mouna donne de son temps pour les autres. Elle participe à de nombreux œuvres humanitaires à travers des ONG et autres organisations internationales telles que le PNUD ou le MESAD.

Notre artiste a des projets. Mouna entend réaliser son projet d’enfance qui consiste à créer un centre artistique. Elle rêve d’y faire des expositions avec des enfants et d’y faire des ateliers de formation.

Son mot à l’endroit des jeunes filles est clair, « L’erreur que commettent certaines jeunes filles, c’est de croire qu’elles sont belles, qu’elles peuvent séduire tous les hommes, mais c’est un piège. Nous devons compter principalement sur ce qu’on a dans la tête et dans le cœur. Lorsqu’on a un projet, il faut le réaliser sainement. »

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Yannick DJANHOUN