Noëlle Tiewa COULIBALY, lieutenant de l’armée ivoirienne et fière

Devenir soldat et servir sa patrie n’est certainement pas le rêve d’un grand nombre de Jeunes. C’est clair. Particulièrement, la plupart des Jeunes filles considèrent ce métier comme uniquement réservé aux hommes. Mais quelques-unes, à l’étonnement de tous, exercent cette profession avec autant de passions et de professionnalisme que leurs collègues masculins. Noëlle Tiewa COULIBALY est soldat, cadre de l’armée de l’air ivoirienne et vit sa profession avec dévouement. Tomorrow Magazine vous l’a fait découvrir, elle et ce rêve qu’elle chérit depuis sa tendre enfance.

Tomorrow Magazine : Bonjour, qui est Noëlle Tiewa COULIBALY ?

Noëlle Tiewa COULIBALY : Noëlle Tiewa COULIBALY est une Jeune ivoirienne. J’exerce la profession de militaire et je suis officier (lieutenant) de l’armée de l’air de la République de Côte d’Ivoire. Je suis célibataire sans enfant et je suis dans la vingtaine d’années d’existence sur terre.

TM : Une femme militaire, c’est rare de le voir sous nos cieux. Que cherche une femme dans ce corps d’activité ?

NTC : Cet amour de l’armée me vient de l’enfance. Toute petite, j’aimais déjà les jeux que pratiquaient mes amis garçons, tels que le football, la course de fond, la chasse, etc… Cela plaisait à mon Père, car n’ayant qu’un seul fils et quatre (4) filles, il voyait en moi un deuxième garçon. Pendant les fêtes de Noël, j’avais des balles et des billes en lieu et place de petites poupées ou de dinettes. J’ai aussi fait le syndicalisme. J’ai été à la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) où j’occupais une place de responsabilité. Vous conviendrez que toutes ces choses ne sont pas le premier dada de tout le monde encore moins une fille.

TM : Le métier des armes, on le sait n’est pas du tout facile, mais il existe tout de même un  traitement de faveur réservé aux femmes n’est-ce pas ?

NTC : Non aucunement. J’ai fait l’école des Forces Armées de Zambakro et c’est une école où il y a plus de 95% de pensionnaires de sexe masculin. Alors, lorsque tu arrives là-bas, tu es obligée d’oublier ton statut de demoiselle, parce que tu subiras le même traitement que tous les autres élèves militaires. C’est ce qui fait notre fierté et c’est à partir de cela que tous les hommes qui sont passés par cette école, ont toujours ce grand respect pour toutes les filles qui y ont été formées. Je dirai même que la formation est beaucoup plus dure pour les filles, parce qu’on veut nous faire sortir de notre peau de femme.

TM : D’où tirez-vous cette force à tenir dans ce métier de militaire ?

NTC : C’est tout simplement l’amour de la chose. J’adore tous les métiers d’hommes surtout l’armée. Aujourd’hui, je pris nuit et jour, afin d’intégrer un corps d’élite pour mieux servir ma nation.

TM : Vous semblez très croyante. Dieu a certainement une grande place dans votre vie.

NTC : Je suis chrétienne de l’église Baptiste Missionnaire de Port-Bouët à Abidjan. Alors c’est tout à fait naturel que j’accorde une place capitale à Dieu dans mon cœur et à son Fils Jésus-Christ, qui d’ailleurs est mon ami. En lui, j’ai mis toute ma confiance. Vous savez, le métier est risqué et ma protection ne vient uniquement que de Lui.

TM : Quel est votre avis vis-à-vis de la peur que ressentent certaines femmes lorsqu’il s’agit d’intégrer l’armée ?

NTC : Je pense qu’elles ont juste peur parce qu’elles se disent que c’est un truc pour hommes. Certaines ne se voient pas se faire raser la tête, courir, transpirer, se salir, etc. Mais pour moi tout cela ne compte pas, c’est la fin qui justifie les moyens. Il n’y a rien de facile sur terre, tout est difficile. Il ne faudrait pas qu’elles aient peur. Certes, on n’a pas les mêmes capacités physiques que les hommes, mais nous avons aussi notre mot à dire dans l’armée. Nous pouvons pourquoi pas être des officiers supérieurs et commander des troupes ?

TM : Si vous aviez un conseil à donner à toutes ces Jeunes filles qui vous lisent actuellement, quelle en serez la teneur ?

NTC : Je leur demanderai d’oublier les choses de ce monde et de ne pas se laisser piéger, car tout est vanité sur cette terre. Je leur dirai de se mettre au travail. Si aujourd’hui j’arrive à m’en sortir, c’est parce qu’avec les maigres moyens qu’avaient mes parents, je voulais coûte que coûte réaliser mes rêves. Obtenir des diplômes à l’université afin d’exercer le métier de mon choix. C’est chose faite grâce à Dieu. Tout le monde aime s’amuser, j’adore aussi m’amuser, mais quand vient l’heure du travail, je bosse et rien ne peut me distraire. La vie est tellement courte qu’on se doit de faire ce qui est juste.

TM : Quels sont vos projets ?

NTC : Mes projets se résument en ces trois choses : boulot, mariage et enfants. Je souhaite en avoir deux (2). J’attends toujours mon âme-sœur car pour le moment, personne ne s’est encore déclaré. Aussi, j’aimerais créer un centre d’accueil pour les enfants démunis et comme je l’ai dit plus haut, appartenir à un corps d’élite de l’armée ivoirienne.

TM : Votre mot de fin.

NTC : Merci à Tomorrow Magazine de m’avoir permis de m’exprimer. J’exhorte toutes les jeunes filles qui sont en quête d’emploi avec le niveau requis de s’intéresser à l’armée. Il y a un grand déficit en personnel féminin. Enfin, confions nos vies à Dieu car c’est lui qui sait ce qui est bien pour nous. Amen.      

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Interview réalisée par Hervé DEKOSSA