Pas besoin de réinventer la roue !

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«L’Afrique est le continent le moins développé, le moins avancé et le plus en retard du monde… !»  Rassurez-vous, cette sombre et redondante description de notre cher continent n’est pas de moi, mais plutôt d’un article de WIKIPEDIA. Vous pourrez le vérifier en tapant «Économie de l’Afrique», dans la barre de recherche de la célèbre encyclopédie libre créée par Jimmy WALES et Larry SANGER. Curieusement, les rédacteurs de cet article se sont sentis obligés de jongler avec superlatifs d’infériorité et de supériorité pour dépeindre la situation économique «désastreuse» de notre «pauvre» continent. Une telle gymnastique n’était pourtant pas nécessaire… Le sous-développement du «berceau de l’humanité» est de notoriété universelle ; du moins si l’on s’en tient aux critères que suppose la notion «occidentale» de «développement».

Au regard desdits critères, le diagnostic est plutôt alarmant : insuffisance alimentaire, faiblesse de l’agriculture, industrialisation réduite, faiblesse du revenu national et des niveaux de vie, subordination économique, secteur commercial hypertrophié, structures sociales arriérées, sous-emploi, faiblesse du niveau d’instruction, état sanitaire défectueux, etc. À cela, il faut ajouter les fréquentes «déstabilisations» militaro-politiques et une dette extérieure totale qui s’élèverait, selon le même article de WIKIPEDIA, à 255 milliards de dollars. Avec une population d’environ 1 milliard 200 millions d’individus, si l’on devait répartir ce montant par tête d’habitants, chaque africain devrait payer 215 dollars (environ 125.000 FCFA) pour venir à bout de cette dette. Or, selon la Banque Mondiale, plus de 35% de la population du continent vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 1,90 dollars (soit à peu près 1 000 FCFA).

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Pourtant, ce n’est pas les ressources qui manquent. Le continent africain compte en effet parmi les plus peuplés et abrite la plus grande proportion de jeunes et donc de forces vives dans le monde. Sa superficie d’environ 30 500 000 km² le place au deuxième rang du classement des sept continents. Cette vaste portion de terre dont les côtes sont baignées par plusieurs mers et océans, est généreusement pourvues de richesses précieuses, de terres productives, de ressources naturelles, minières et minérales. Elle est habitée par une diversité de peuples avec plus de 2 000 différentes langues et un patrimoine culturel et historique immense…

Mais, c’est ailleurs que se trouve le plus gros atout de l’Afrique ; un atout inestimable qui pourrait être l’aiguilleur d’un développement rapide et durable ; un atout que les dirigeants africains semblent ignorer et que les rédacteurs de l’article de WIKIPEDIA, à l’image de l’ensemble des spécialistes, exhibent comme étant le problème. Cet atout, c’est le retard de l’Afrique.

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En effet, faire la course «en queue de peloton» peut paradoxalement s’avérer un gros avantage. À cette position, on a le temps de voir et d’apprendre des erreurs des autres et surtout de copier les bonnes pratiques. Or si le développement occidental fait office de référence, il a aussi ses fourvoiements : déliquescence de la cellule familiale, détérioration de l’environnement et de la richesse culturelle, avilissement des bonnes mœurs, avidité au gain, établissement de barrières sociales, appropriation des richesses par les institutions financières, etc.  L’Afrique n’a pas à copier cela ! Elle a par contre devant elle des exemples édifiants de succès comme ceux de l’Inde et de la Corée du Sud qui, tout en conservant leur patrimoine culturel et leur langue, et en développant un système économique tenant compte de leurs réalités, avec une forte culture du travail, sont parvenus à «émerger» en seulement quelques décennies.

L’Afrique n’a donc pas besoin de réinventer la roue ! Il lui faut tout simplement tirer les conséquences du monde qui l’entoure, sortir du mimétisme politique, économique et social et, sans complexe, copier ce qui a marché ailleurs ; car «les mêmes causes produisent les mêmes effets» !

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José-Landry GUEHI

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