Stimuler le leadership chez la collégienne

Il y a deux ans, je participe à un atelier à Abuja au Nigeria. Les organisateurs prennent le soin d’assurer la parité au niveau des participants. Mais combien sont les femmes qui prennent la parole pendant les débats ? Mon voisin, un travailleur social spécialisé sur le genre se plait à les compter. Au décompte des trois jours de séminaire, il constate que certaines n’ont rien dit du tout. N’avaient-elles vraiment rien à proposer ? Je ne le pense pas. Chaque participant avait une histoire avec le thème.

De ma petite expérience de huit années dans le journalisme, je constate également que des femmes refusent de s’exprimer lors des micros-trottoirs ou quand il s’agit de témoigner d’un événement. D’ailleurs, si plusieurs enquêtes réalisées relèvent que les femmes sont moins représentées dans les médias, c’est bien l’une des raisons. Oui, 17 ans après l’entrée dans le troisième millénaire, certaines femmes peinent encore à parler en public. Mon propos n’est pas de les blâmer. Mais pour que demain soit meilleur, il faut corriger l’hésitation.

Aussi, il apparaît important de stimuler le leadership chez la jeune fille. Cette stimulation devrait débuter depuis le bas âge, et s’accentuer au collège. J’insiste sur le collège parce qu’à partir de la classe de 6ème, on a davantage conscience de soi. L’entrée en sixième marque la préadolescence. Les psychologues disent que c’est le dernier grand rite de la petite enfance. «Les années collèges commencent et, avec elles, c’est un véritable bouleversement physiologique et psychologique qui se met en marche.», indique Michèle MARECHAL, auteure d’un guide sur le collège. Ce moment de l’affirmation, est un moment propice pour la jeune fille.

Pour cela, les établissements scolaires en Côte d’Ivoire et ailleurs où ce n’est pas encore le cas en Afrique, devraient développer davantage des programmes de leadership, impliquant les filles et les garçons. Il faut mettre l’accent sur la prise de parole en public, la mimique, la gestuelle, la posture… Les écoles peuvent, en dehors des exposés de classe, organiser un samedi matin par mois, un débat contradictoire auquel prennent part les élèves de sixième sous les regards des parents et des encadreurs. Les activités parascolaires sont une source supplémentaire d’apprentissage de la vie publique, de motivation et de confiance en soi.

Mieux argumenter, c’est aussi être mieux cultivé. Aussi à côté de l’instruction scolaire, les parents sont invités à aiguiser le goût de la culture et du leadership. Il faut encourager vos petites sœurs collégiennes à participer aux activités socio-culturelles et sportives de leur choix. Les salons du livre, les spectacles de slams, le cinéma, les concerts, les colonies de vacances, les conférences publiques, etc.

Habituée ainsi à discuter, à argumenter publiquement et à voir d’autres personnes le faire, la jeune fille n’hésitera plus à parler, une fois devenue femme. Pour que  demain soit meilleur, demain, c’est maintenant…

Téléchargez gratuitement Tomorrow Magazine en cliquant ICI

Nesmon De Laure,

Rédactrice en chef adjointe à politikafrique.info