Vous avez dit développement durable ?

La notion de développement durable, aujourd'hui, est plus que jamais au centre des grandes décisions de ce monde

La notion de développement durable, aujourd’hui, est plus que jamais au centre des grandes décisions de ce monde

Aborder une chronique dédiée au développement durable n’est pas chose aisée. En effet, le sujet est vaste. Mais nous nous évertuerons à en exposer sa réalité au regard de notre pratique. Dans ce numéro de Tomorrow Magazine, nous débuterons par une ébauche d’analyse de la notion de développement durable et de ses enjeux pour nous, jeunes africains.

 

Rendu populaire par le rapport de Brundtland du nom du Premier ministre irlandais Harlem Brundtland à la tête de la commission qui l’a préparée  lors de la conférence mondiale sur l’environnement et le développement en 1987, le développement durable se définit comme étant « le développement qui prend en compte les besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Cette définition unanimement acceptée comme la définition universelle révèle la triple dimension du développement durable « l’environnemental, le social et l’économique ». Ces trois dimensions du développement durable en sont les piliers égaux et interconnectés.

Il est d’abord et avant tout une science et un processus au service de l’homme et de son bien-être. À ce titre il s’adapte aussi bien à l’homme, à la société qu’à ses composantes essentielles. Ainsi, lorsqu’il est appliqué ou pratiqué par le monde de l’entreprise ou des organisations, il se décline sous le vocale RSE (Responsabilité Sociétale des entreprises) ou RSO (Responsabilité Sociétale des organisations comprenant l’État, ses démembrements, les ONG et associations.)

On le voit, l’un des éléments essentiels que fait ressortir l’adoption d’une démarche de développement durable est la responsabilité.

 

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Alors en tant que jeune, il serait intéressant de nous interroger aujourd’hui  sur notre responsabilité vis-à-vis de nos sociétés, de l’environnement, du corps social, mais aussi sur notre engagement dans la difficile quête de développement de nos États et du bien-être de l’humanité.

Plus que jamais la jeunesse africaine a entre ses mains l’occasion en or de contribuer au développement de l’humanité, au développement local, national, transformant ainsi la vision pessimiste portée sur nous a tort ou à raison.

L’élaboration en septembre dernier des 17 objectifs de DD (ODD) et de leurs 169 cibles et l’appel sans cesse de la jeunesse pour sa contribution de leur atteinte à tous les niveaux  confirment bien ce que nous affirmions tantôt.

Au regard de ce qui précède, on est en droit d’affirmer qu’avec le développement durable, l’Afrique a une dernière chance de refaire son retard sur le reste du monde. Et les jeunes l’opportunité de prendre le lead de la démarche de développement de nos États. Mais comment allons-nous y parvenir ?

Une seule recette, l’innovation. Qu’elle soit sociale, technologique, environnementale, énergétique, innovation économique ou entrepreneuriale, elle se présente à nous comme le premier outil après la décision d’adoption d’une démarche DD. Elle nous offre les moyens de répondre aux défis dans tous les domaines (agriculture, eau potable, accès à l’énergie propre et économique, santé éducation, protection de l’environnement, accès aux tics, transport, tourisme).

Avec l’innovation, nous sommes dans l’action et mieux dans l’action éthique et responsable. C’est ce qu’ont vite compris des États tels que le Kenya, le Rwanda le Maroc qui font aujourd’hui figure de bons élèves dans le domaine sur le continent. Plus près de nous, le Sénégal, et le Burkina Faso s’illustrent aussi dans le domaine de l’innovation agricole et de l’entreprenariat vert. L’ingénierie se met au service des questions et préoccupations quotidiennes. Des solutions durables ou vertes permettant de favoriser de plus en plus l’accès à une énergie propre, l’accès à l’eau, le développement de l’innovation sociale (entreprenariat social, social business, permet de répondre aux besoins sociaux de populations de façon plus économique et plus équitable). Ces solutions offrent chaque jour des dizaines d’emplois, attirent de plus en plus d’investissements étrangers et l’émergence de jeunes entrepreneurs influents. L’élaboration de ces solutions, il faut le rappeler, est normalement et traditionnellement du ressort de l’État ou des bailleurs de fonds.

 

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La philosophie est établie, les moyens d’action connus, des exemples concrets de réussite à nos portes, le reste est affaire de volonté. Alors jeunesse ivoirienne et africaine, quel monde légueras-tu à ta descendance ?

Nous nous sommes décidés à prendre notre part en créant dès fin 2014, sur fond propre le 1er media online ouest-africain entièrement dédié au développement durable et à son actualité, baptisé www.greencountries.net.

Aujourd’hui, totalement engagé dans l’entrepreunariat vert, le groupe Green Countries fondé par des jeunes ivoiriens formés à Abidjan compte six jeunes et vient de recruter des jeunes sortis d’écoles de commerce pour le développement du groupe et de son service de lutte contre le gaspillage alimentaire et non alimentaire. Le groupe est en pleine évolution, malgré les obstacles. Notre objectif, devenir le groupe leader du Green service  et l’un des premiers employeurs du secteur de l’économie verte en côte d’ivoire et en Afrique. Alors wait and see.

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Aimé MORO

Chargé de développement au groupe Green countries