L’échec, quelle belle école !

Pour devenir un bon leader, nous avons besoin d’avoir une bonne mentalité. C’est une évidence. La bonne mentalité nous confère une bonne attitude en période de difficulté.

En tant que jeune entrepreneur, je résume mon parcours comme une succession de « down & up » ; un ensemble de chute sans abandon. 
Il y a 2 ans, nous avons créé un cabinet conseil en comptabilité et gestion d’entreprise. C’était une expérience assez stimulante. Nous étions motivés et pleins d’envies. Je me souviens que nous avons parcouru, pendant un mois, toute la commune de Cocody à la recherche de clients. Nous faisions ces trajets à pied sans manger, faute de moyens. Nos chaussures s’usaient et nous lâchaient quelquefois en route. Nous avions réussi à recenser plus de 300 entreprises. C’était physiquement et mentalement éprouvant mais nous nous disions que de là viendrait le succès de notre entreprise. Puis sont arrivés des problèmes internes qui ont conduit à l’arrêt de nos activités.

À ce propos, je conseille à ceux qui voudraient créer des entreprises plus tard de tout mettre en œuvre pour devenir de véritables Entrepreneurs et de s’entourer de gens qui partagent la même vision qu’eux. En effet, créer une entreprise et la gérer au quotidien ce n’est pas de l’eau à boire. Cela requiert de l’entrepreneur la culture de valeurs telles que le courage, la persévérance et surtout la résilience. C’est trois valeurs me semblent capitales dans cette aventure. Mais aujourd’hui, je veux vous parler de la résilience.

Ce mot désigne dans ce contexte, la capacité à se réorganiser après un échec pour continuer à poursuivre son objectif. L’échec de notre premier cabinet a été  une épreuve difficile. Financièrement premièrement, car nous y sommes sortis avec des dettes. Mais la grosse conséquence est plus mentale. Notre moral s’en est trouvé au plus bas fixe. Dans cette période, il est très facile de trouver des gens prompts à vous accuser et à vous reprocher tous les maux du monde. Elles n’hésitent pas une seconde à rire de vos échecs.

Voici des contraintes sociales auxquelles un leader se doit de faire absolument face, et pour cela il doit avoir un cœur large  pour recevoir toutes sortes d’invectives. Dans cette période, un mentor peut s’avérer déterminant. En ce qui me concerne, un entretien avec le pasteur Lee Jung Do, coordonnateur général de l’ONG International Youth Fellowship (IYF), organisation à laquelle j’appartiens, fut un moment décisif pour la suite.

Après lui avoir exposé l’état d’échec dans lequel je baignais, il m’a dit ceci : «Si tu peux apprendre quelque chose de cette situation alors tu n’auras rien perdu.»
Cette adresse à mon égard m’a poussé à réfléchir, à m’interroger : «Qu’est-ce que j’ai retenu de ces deux dernières années ? Qu’est-ce qui m’a échappé ? N’y aurait-il pas quelque chose à parfaire ?» En y pensant très sérieusement, j’ai décidé de continuer la marche avec beaucoup d’espoirs.

J’ai développé l’idée de mettre en place une solution comptable pour le secteur informel africain. En effet, les deux dernières années passées à faire de la consultance auprès des PME m’ont permis de constater que les logiciels comptables utilisés par les petits commerces en Côte d’Ivoire étaient inefficaces pour satisfaire le besoin en informations financières, nécessaires pour gérer leurs activités. Chouette ! Je venais de découvrir que toutes ces prospections menées en deux années n’avaient pas été vaines.

La pertinence et la qualité de cette idée ont été récompensées par une bourse de mobilité lors des 8ème Jeux de la Francophonie. Puis avec cette même idée nous avons été finalistes du business plan compétition du patronat ivoirien. Nous avons aussi remporté le prix impact Sud (projet qui a le plus d’impact sur les populations des pays en voie de développement.) de « Environnement Startup ». Ce dernier prix nous a permis d’intégrer un incubateur sérieux du nom d’Incub’ivoir. Avec ce dernier, nous avons pu transformer cette idée en un véritable projet d’entreprise, avec un modèle économique affermi. Aujourd’hui, nous travaillons à mettre sur le marché cette solution comptable innovante.
Nous retenons que «L’art du succès, c’est de tailler une opportunité avec nos problèmes.»
L’échec est une bonne école. Il enseigne la science de la vie : Lorsqu’une femme porte un enfant dans son sein, elle éprouve beaucoup de douleurs. Elle se déforme, elle perd de sa beauté, elle s’enfle quelquefois. À l’accouchement, elle fait face à des contractions atroces, elle pleure, elle se tord de douleur. Mais une fois qu’elle entend les pleurs de son bébé, elle oublie toutes ses douleurs. Elle est envahie par la joie de donner la vie à un nouveau porteur d’espoir pour le monde. C’est ce que l’échec nous enseigne. Dans les périodes difficiles, lorsque nous sommes en proie au doute, à l’angoisse et aux inquiétudes, nous devons continuer d’avancer, en gardant notre cœur dans l’espoir d’un lendemain meilleur…

Fabrice KOFFI, Founder & CEO of Keïwa

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