Marie-Christine BEUGRE, Quoi qu’il en soit, on peut y arriver

 

Oui l’Afrique peut se permettre de rêver. Notre continent peut oser avoir le sourire, malgré toutes les calamités qui lui font encore résistance. Sa force, ce n’est pas seulement son sous-sol hyper riche, encore moins ses forêts denses. La Jeunesse du continent et plus particulièrement sa Jeunesse féminine qui, quoique relativement défavorisée, lui insuffle un nouveau dynamique. Elles sont, en effet, des milliers sur le continent à déclarer leur amour pour la terre qui les a vus naître et à faire valoir leur volonté de la voir s’épanouir et subvenir dignement aux besoins de ses enfants. Urbi et orbi, il n’est plus rare de voir des demoiselles, avec à peine une trentaine, une vingtaine, voire même une dizaine d’années d’âge, posséder une vision, un parcours et des valeurs qui inspirent. Marie-Christine BEUGRE est ivoirienne et est devenue par le fruit du destin actrice de cinéma. Une véritable étoile montante. Encore loin d’être une Naky Sy SAVANE ou une Akissi DELTA, elle est cependant devenue le modèle de plusieurs Jeunes et la source de motivation d’une multitude. Nouvellement nominée ambassadrice continentale de la marque internationale de beauté Dove, elle a permis à Tomorrow Magazine de savourer son histoire et de la partager à toute la Jeunesse du continent

 

Ce vendredi 17 février 2017, l’équipe de Tomorrow Magazine a rendez-vous avec la nouvelle ambassadrice du continent de la marque internationale de beauté Dove au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. 15 heures pile, nous sommes ponctuels. Elle aussi. Drapée dans une magnifique robe de couleur blanc noire, Marie-Christine BEUGRE ne laisse pas indifférent. C’est une très belle femme. On comprend tout de suite pourquoi les choix des responsables de cette marque de beauté l’ont choisi pour en faire leur ambassadrice.

Courtoise, souriante et affable à souhait, elle nous invite à prendre place dans l’un des restaurants huppés de cet hôtel cinq étoiles. Les premiers mots échangés nous convainquent de l’intelligence et de la perspicacité de cette Jeune dame. Marie-Christine BEUGRE n’est pas qu’une belle pépée, elle en a aussi dans le citron.

 

Eduquée comme une femme

Seule et unique fille de la famille, Marie-Christine BEUGRE passe son enfance dans une atmosphère fortement marquée par la foi chrétienne. Elle y apprend les règles de bases d’une vie pieuse. Son père est un homme cossu, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, enfant, elle n’a jamais eu de traitement de faveur, «Mon père avait énormément de moyens financiers, mais on ne m’a pas permis d’être traitée comme une princesse. C’est vrai que Papa me chouchoutait énormément, mais ma mère m’a donné une éducation très ferme.» Dit-elle.

Marie-Christine n’était pas toujours ouverte à ce traitement ‘’spécial’’. Elle ne comprend pas pourquoi est-ce qu’avec tout ce que la famille possède, elle ne peut avoir accès à certaines facilités. Aujourd’hui, elle comprend la démarche éducationnelle de Maman et ressent beaucoup de gratitude envers cette dernière. A cet effet, elle déclare que «A l’époque je n’appréciais pas ce qu’elle faisait. Mais aujourd’hui, je peux constater combien de fois cela me profite et je veux lui dire merci.» Avant d’ajouter ceci, «Maman m’a dit un jour, et cela est resté gravé dans mon cœur jusqu’à aujourd’hui, que si jamais il advenait qu’elle ne soit plus de ce monde, c’est à moi qu’échoirait la responsabilité de mère vis-à-vis de mon père et de mes frère. Elle ne m’a donc pas élevé comme un bébé, mais plutôt comme une femme.»

Pour mieux comprendre à quoi ressemblait la vie de Marie-Christine BEUGRE, voici quelques illustrations. A l’époque, elle a été le seul enfant de la famille qu’on a envoyé à l’internat lorsqu’elle était au primaire et cela très loin de ses géniteurs. En classe de 6ème et de retour à Abidjan, elle a encore été celle-là à qui on demandait d’emprunter le bus pour se rendre à l’école, alors qu’il y avait un chauffeur et une voiture à disposition des enfants. Ca été ainsi jusqu’à sa classe de 3ème. Aujourd’hui, elle profite grandement de cette éducation, «Tout ceci m’a permis de savoir faire la cuisine, de savoir tenir une maison, de m’occuper de mes frères et aussi de mon père qui, depuis toute petite, m’appelle ‘’maman’’.»

 

Lorsque la communication mène au cinéma

Toute petite, Marie-Chrisitine BEUGRE rêve de devenir un jour hôtesse de l’air. Elle adore l’idée de parcourir le monde en avion. Sa Mère essaie de l’en dissuader, parce qu’ayant certainement prévue une autre voie pour sa fille, mais la Jeune fille ne compte pas abandonner cette voie. Après son BAC, elle fait des études en tourisme. Autour d’elle, les gens remarquent et apprécient fortement l’aura qu’elle dégage dans ses relations humaines. Elle a le sens de la communication et on ne manque pas de la lui signifier. Ce regard et cette appréciation des autres finissent par avoir un impact sur elle. Marie-Christine s’inscrit en faculté de communication dans une université privée d’Abidjan. Plus le temps s’écoule, plus elle s’éprend de la communication. Elle devient une véritable passionnée. Très rapidement, elle apprend le métier de communicateur et devient de plus en plus ambitieuse. Notre Jeune dame rêve de devenir une communicatrice hors pair pour le compte de grandes entreprises et plus tard créer sa propre agence de communication.

Tout se passe pour le mieux et après les études, elle intègre une agence de voyage. Aucune circonstance ne présage qu’elle deviendra dans un futur proche actrice de cinéma. Ce destin se dessinera lors à l’occasion de l’organisation d’un événement de mode. «Ma patronne dans le temps avait voulu que je défile lors d’un défilé de mode auquel notre agence était partenaire. Je n’étais pas vraiment intéressée parce que je suis très timide, mais elle a tellement insisté que j’ai fini par dire oui.» Marie-Christine, du regard de son employeur fera sensation le jour du défilé. Mais n’étant pas, à la base, mannequin, on lui accorde le bénéfice d’avoir un coach en la matière. Des séances d’entraînement pratiques sont initiées. Elle apprend à marcher comme un top model professionnel.

C’est pendant ces séances de coaching que son étoile d’actrice de cinéma va commencer à s’allumer. Un réalisateur cinématographique l’a repère. Il est séduit par le physique et la personnalité de notre ‘’mannequin apprenti’’. C’est plus que sûr, cette Jeune fille fera une talentueuse actrice, s’est-il assurément dit. Il la lui faut absolument pour son prochain projet. Il présente son souhait à la Jeune dame, mais celle-ci décline poliment. Elle manque de confiance en elle-même. «Pour moi c’était tout à fait impossible. Déjà que j’avais du mal à accepter de défiler devant des personnes, je ne pouvais pas faire du cinéma devant des gens et devant des caméras. Pour moi, je n’avais pas le talent pour le faire. J’ai donc refusé.» Ce refus déçoit l’homme du septième art et il se rabat sur d’autres mannequins présents, mais aucun ne lui arrachera la conviction que Marie-Christine BEUGRE est celle qu’il faut. Il va revenir à la charge en insistant, «Il a fait un casting avec les autres personnes qui bénéficiaient avec moi de la formation, mais il est revenu finalement vers mon coach pour insister sur le fait que je ferai une très bonne actrice de cinéma.» Cette fois-ci, le réalisateur choisit méticuleusement ses mots et les glissent dans le cœur de la charmante ‘’mannequin apprentie’’. Cette fois-ci, c’est la bonne. Elle est conquise. Elle décide d’essayer et de découvrir ce monde qui promet d’être exaltant. C’est une nouvelle aventure. Les week-ends de notre désormais actrice de cinéma sont bouclés.

Marie-Christine n’a aucune prétention dans sa nouvelle peau d’actrice. Elle le sait, il faut apprendre encore et encore. Elle se loue les services d’un coach qui a la tâche de la plonger dans la peau de son personnage. Pour son premier film, elle occupe un second rôle dans un film ivoirien intitulé ‘’Exil intérieur’’. Film dans lequel le célèbre acteur ivoirien Guy KALOU figure comme acteur principal. Mais les choses ne se déroulent pas vraiment bien. Elle nous raconte sans rentrer dans les détails, «A la fin du tournage, je n’ai pas gardé une très belle expérience du cinéma. Je n’ai pas vraiment aimé l’ambiance et j’ai décidé de ne plus jouer dans un film.»

Il est temps de retourner à ces vieux amours. Elle replonge dans son rêve de devenir hôtesse de l’air et de faire le tour du monde en avion. Mais une scénariste respectée dans le milieu montre de la détermination et la convainc d’essayer encore de participer à un autre projet cinématographique. «La détermination d’une scénariste, une grande dame, l’épouse de l’acteur Guy KALOU, m’a fait réfléchir. Elle me persuade de ce que pendant le tournage du film ‘’Exil intérieur’’, elle a décelé en moi de très belles prédispositions pour ce métier d’acteur. Elle m’a convaincu de jouer le rôle principal dans un long métrage qu’elle avait écrite et qui s’intitulait ‘’Et si Dieu n’existait pas ?’’ Là, il y a eu un déclic, un coup de foudre j’ai envie de dire.» Nous explique-t-elle avec un air enjoué et fier. Cette fois-ci la passion du cinéma l’a finalement étreinte et elle décide d’y faire carrière et de se professionnaliser.

La passion qui l’anime, le travail acharné auquel elle se livre pour atteindre un bon niveau et l’intérêt qu’elle accorde à relever les défis lui permettent de gagner rapidement l’estime des téléspectateurs et des professionnels du 7ème art, «Je progresse tellement vite aujourd’hui que j’en suis moi-même étonnée. J’ai compris que lorsqu’on fait quelque chose avec passion et amour, on ne peut qu’exceller.» Cet avantage n’en éloigne pas pour autant toutes les difficultés que peut rencontrer un novice, mais Marie-Christine a découvert un secret qui l’a rend très épanouie dans son métier. «Aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir à faire ce métier et sur les lieux de tournage je m’éclate. Mon métier, je le considère comme un jeu. Dans ma tête, je ne suis pas en train de travailler, mais de m’amuser. Certes, c’est souvent épuisant et stressant, mais la passion surpasse toutes ces situations difficiles.»

 

De plus en plus sollicitée

Marie-Christine BEUGRE a joué dans trois longs métrages, notamment ‘’Exil intérieur’’, ‘’Et si Dieu n’existait pas 1’’ qui a été nominé au FESPACO cette année et ‘’Et si Dieu n’existait pas 2’’. Elle a également joué dans un court métrage, ‘’Ma meilleure amie’’ de l’ivoirien Mike DANON, qui n’est pas encore sorti. On peut aussi la retouver dans les séries humoristiques ‘’Chez Colette’’, diffusée sur Nollywood TV et ‘’sœurs ennemies’’ qui passe sur RTI 1, TV5 et sur toutes les chaînes Caribéennes et antillaises. De plus en plus sollicitée, elle s’apprête à tourner dans de nombreux autres films et cela fait sa joie.

Mais attention d’avoir la grosse tête. Plusieurs dans ce secteur n’ont pas fait attention à cela et ont vite éteint. Sidjiri BAKABA, Bakary BAMBA, Michel GOHOU, etc. peuvent se permettre de faire les dures sans qu’on n’ait à leur demander des comptes, mais pas elle. Elle considère qu’elle n’a encore rien fait, «Je considère sincèrement que je n’en suis nulle part encore dans ma carrière. Vous savez, j’ai envie d’atteindre le top niveau. Pas pour moi. Mais pour ma Côte d’Ivoire, pour mon Afrique et pour mes proches.»

 

Travailler encore et encore

Durant l’entretien qu’elle nous accorde, un mot ne manque pas de revenir : Travail. La notion de travail semble lui être plus qu’essentiel. Les personnes fainéantes et celles qui prennent leur succès pour acquis désolent Marie-Christine, «J’abhorre de voir des personnes dormir sur leur laurier ou tendre la main pour vivre. J’ai toujours cultivé la valeur travail dans mon cœur.» Si de nombreuses Jeunes filles l’envient lorsqu’elle la voit passer dans sa Mercedes rutilante, elles doivent bien savoir qu’il lui a fallu travailler dur pour cela. Marie-Christine a le fort désir de faire comprendre ce principe à ces dernières, «Je sais qu’il y a des nombreux Jeunes filles qui me regardent. Je sais qu’il y a de plus en plus de personnes qui m’admirent, alors je ressens le désir d’aller au-delà de ce qu’on peut espérer pour ma carrière, pour montrer à toute la Jeunesse qu’on peut y arriver malgré tout.» Et espère que la plus part comprendront.

Il ne faut pas tout attendre de Papa, Maman ou de l’oncle. Il faut apprendre à se bâtir soi-même. Avec un Papa bourgeois au carnet d’adresses plus que fournis, elle aurait pu croiser les bras et dégoter un emploi juteux dans une grande entreprise de la place, mais ses aspirations étaient ailleurs. Elle décide de se construire elle-même. Loin d’elle l’idée de nourrir un quelconque orgueil. Elle le fait parce qu’elle veut apprendre à grandir, à devenir cette grande dame que sa Mère ne cessait d’exalter, «Papa était très bien placé dans la société et m’a souvent proposé d’intégrer telle ou telle autre entreprise, mais j’ai toujours refusé. Je voulais me battre moi-même et me trouver un job.» Nous confie-t-elle.

Elle nous confiera que les moments de doute, de pleure, et de désespoir, elle les connait. Ce sont souvent de longs moments très pénibles et ils risquent de revenir à tout moment. Mais jamais ils n’ont eu raison d’elle, «J’ai connu des moments très difficiles. Je suis tombé, mais il n’était absolument pas possible que je reste à terre. Lorsque je tombe, je craque, je m’enferme seule dans la chambre, et lorsque que Marie-Christine revient elle est gonflée à bloc avec le sourire habituel. J’avance malgré tout.»  dira-t-elle toute fière avant d’ajouter ceci, «Je ne m’assois pas pour pleurnicher sur ma condition ou pour me complaire dans ce que j’ai déjà obtenu et fait, j’en veux toujours et pour ce faire, je boss.»

 

La reconnaissance internationale

En janvier 2017, Marie-Christine BEUGRE connait une ascension internationale. Le monde lui reconnait son talent et toutes ses valeurs. La marque internationale de beauté Dove, décide de faire d’elle son ambassadrice sur le continent africain. En compétition avec de grands noms féminins de la musique et du cinéma, le choix de Dove s’est porté sur elle. C’est un grand honneur et elle ne le nie pas, «C’est une véritable grâce que j’ai reçu, d’autant plus que j’étais en compétition avec d’autres grands noms du continent.» Mais c’est quand même tout mérité. Dove, très méticuleux sur le choix de ses ambassadrices continentales a pris soin de mener des enquêtes sur toutes les femmes présélectionnées. Et de toutes celles qui ont attiré l’attention de cette célèbre firme, celle-ci a trouvé que les valeurs que reflète Marie-Christine reflète épousent parfaitement celles de la marque.

Elle le sait, pas besoin de lui dire, cette nomination n’est aucunement un aboutissement. «Je ne veux pas parler de consécration, mais de continuité pour ne pas dormir sur mes lauriers.» Pour elle, c’est plutôt deux fois plus de responsabilité vis-à-vis de tous ces Jeunes qui l’a suivent.

 

La Jeunesse africaine, une fierté

Lorsqu’on lui pose la question de savoir si elle ressent du découragement quand elle analyse la mentalité de la Jeunesse africaine, elle se redresse sur sa chaise et répond avec un air plus sérieux, «Je suis fier de cette Jeunesse. On n’y peut rien, il y a toujours des pommes pourries qui gâtent le panier, mais je pense qu’il y a un gros réveil.» Pour Marie-Christine, l’illustration parfaite de ce qu’elle avance est juste devant elle, «Je ne vais pas aller loin pour prendre un exemple. Tomorrow Magazine est composé de Jeunes et vous faite un travail formidable. Pour moi, c’est le témoin de ce qui se passe sur le continent. Il y a tellement de raisons d’être fiers de cette Jeunesse.»

Un message à l’endroit de la Jeunesse africaine ? Elle en a et de très fort, «Je veux dire à la Jeunesse de continuer de croire en elle. Il faut garder la flamme. Chacun peut réaliser ce qu’il a comme rêve dans son cœur. Il faut travailler dur, il faut de l’abnégation et beaucoup de persévérance.» Il n’y a pas plus sourd que celui qui refuse d’entendre. Nous espérons que tous ceux qui liront cet article sont bien entendant.

A lire aussi : Cyriac GOGBOU, Le chef du village

About Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN, aussi appelé Mister Colombo, est un Journaliste ivoirien. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, Yannick est un passionné de la Jeunesse Africaine. Sa plume, il l'a met au service de la promotion du Leadership de celle-ci.

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