Yaye Souadou FALL, la jeune Sénégalaise qui redonne une seconde vie aux pneus usés

 

À l’instar de la plupart des grandes villes Africaines d’Afrique de l’Ouest, Dakar au Sénégal est confrontée à un véritable problème de recyclage de ses déchets. Impossible en effet, de circuler dans les ruelles de Dakar sans tomber sur ces amas de vieux pneus usés qui jonchent les trottoirs. Lorsqu’ils ne sont pas empilés les uns sur les autres et abandonnés dans la nature, ces pneus sont soumis à la vindicte des ferrailleurs de fortune qui les incendient sans précaution, produisant des immenses fumées nocives et polluantes.

C’est exactement à cause de cette ‘’épine’’ au cœur de Dakar la belle, que la jeune Sénégalaise Yaye Souadou FALL, âgée de 23 ans, s’est lancée dans l’ambitieuse aventure de revalorisation des pneus abimés. «L’alerte a été donnée relativement à la menace du réchauffement planétaire. Dès lors, nous nous sommes sentis concernés par la question des déchets et avons décidé d’apporter notre contribution à la sauvegarde de l’environnement, en ayant la vision de revaloriser tous types de déchets qui soient avec comme point de départ le recyclage des pneus en carreaux et revêtements de sol.» Explique-elle.

En avril 2015, elle cofonde la startup E-Cover et met sur pied un processus de transformation des pneus en produit utiles. «Nous produisons des semelles de chaussures, des carreaux, des revêtements de sol, appelés E-tiles et qui sont adaptés pour les surfaces planes, telles que les aires de jeux, les terrains de sport, les terrasses, les trottoirs, les vérandas, les cours, les balcons, les patios, les hangars et même les routes.» renseigne-t-elle.

Pour se démarquer, son équipe propose des produits finis «Antidérapants, flexibles, amortissants, personnalisables et étanches qui ont pour avantage d’offrir au client l’option d’une installation définitive ou amovible.» Si sa start-up renvoie aujourd’hui des signaux positifs en moins de trois ans d’existence, les débuts cependant n’ont pas été faciles. Entre levée de fonds raté et scepticisme de son entourage, Yaye Souadou FALL a fait preuve d’une résilience remarquable. «Avoir une idée ‘’folle’’ et convaincre ses proches n’est pas chose facile. À mes débuts, je pouvais compter du bout des doigts les personnes qui croyaient à mon projet. On nous prenait pour des ‘’fous’’ ou des ‘’rêveurs’’. Nous voulions tout simplement ramener un procédé industriel à un niveau manuel pour prouver que nous étions capables d’y parvenir, parce que nous croyons en nous-mêmes et en nos capacités.» se souvient et dit-elle, avec un air amusé.

Yaye Souadou FALL, titulaire d’une licence en Business and Administration, est aujourd’hui à la tête d’une modeste équipe de 06 personnes. À terme, elle  entend diversifier les services de sa start-up dans le recyclage d’autres formes de déchets plastiques qui peuvent être réutilisés à d’autres usages, comme l’impression 3D et le vêtement.

Une innovation environnementale primée ci et là

Le projet de Yaye Souadou FALL n’est pas passé inaperçu aux yeux des décideurs qui y ont vu une ingénieuse innovation en terme de réduction de l’empreinte carbone. Son originalité a été primée à plusieurs occasions sur le continent et à l’international.

En 2015, la jeune Sénégalaise avec sa startup E-cover a reçu la distinction de la meilleure entrepreneuse Africaine de l’année 2015 au cours de la Cop 21 à Paris ; Elle a également décroché la 3ème place du prix African rethink ; Elle s’est vue remettre, la même année, l’Award superwoman entrepreneurship organisé par l’association Jeader et l’ambassade des États-Unis au Sénégal.

En 2016, elle a été lauréate du prix Hub jeune entrepreneur de l’année au Maroc. Yaye Souadou FALL a décroché la deuxième place du Prix Anzisha 2016, qui consacre les meilleurs entrepreneurs africains de moins 22 ans qui innovent dans un secteur particulier.

 

Yaye Souadou FALL  en 04  citations :

  1. «L’échec fait tomber le perdant. L’échec inspire le gagnant.»
  2. «Si on a de l’argent et on n’a pas une bonne stratégie, ça ne sert à rien.»
  3. «L’entreprenariat est un chemin dur, compliqué et ça demande beaucoup de sacrifice, mais au final ça vaut la peine de se lancer au regard des résultats.»
     
  4. «Être excellent c’est un choix qu’on doit faire chaque jour. On ne peut pas se contenter de ce qu’on a fait hier, mais on doit prendre la décision encore aujourd’hui de faire quelque chose d’excellent.»

Romuald NGUEYAP

Correspondant au Cameroun

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