Pourquoi Martin Luther-King refusait-il la violence ?

Est-il possible de parler de Martin Luther-King sans toutefois l’associer à l’idéologie de la non-violence ? Le pasteur afro-américain aura marqué de son empreinte l’histoire des États-Unis, à travers sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale.

Est-il possible de parler de Martin Luther-King sans toutefois l’associer à l’idéologie de la non violence ? Le pasteur afro-américain aura marqué de son empreinte l’histoire des États-Unis, à travers sa lutte non violente contre la ségrégation raciale. Une démarche qui se justifie par sa foi en Dieu, mais également soutenue et motivée par sa découverte d’avec la philosophie Gandhienne.

Martin Luther-King est né le 15 janvier 1929 à Atlanta en Géorgie. Élève très brillant, il entre à l’âge de 15 ans à l’Université Morehouse où il étudie la sociologie. C’est alors qu’il commence à se préoccuper ardemment des questions d’équité et de justice sociale. La flamme de la lutte et du combat contre la ségrégation raciale commence à s’éveiller en lui, mais l’effet déclencheur n’est pas encore amorcé.

Rappelons que Martin Luther-King, à l’instar des autres afro-américains, a été dès sa tendre enfance témoin des barbaries et atrocités perpétrées contre les noirs. Pour lui, il est nécessaire de réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie de sa race. Comment s’y prendre ? Quelles stratégies et méthodes adoptées ?

Son ordination en tant que Pasteur le 25 février 1948 sera un tournant décisif dans sa quête de réponses à ses différentes préoccupations. Il entre au séminaire Crozer en Pennsylvanie pour étudier la théologie. Ses recherches sont alors focalisées sur les théories d’éthiques et sociales des grands philosophes. En lisant par ailleurs des documents de sociologie, King sera fortement impressionné par la théorie de ‘’l’évangile sociale’’ du pasteur américain Walter Rauschenbusch.

Cette théorie stipule ceci : « L’évangile est destiné à l’homme tout entier, non pas seulement à son âme, mais aussi à son corps (…) une religion qui prétend avoir le souci des âmes, mais qui se désintéresse d’une situation économique et sociale qui peut les blesser, est une religion spirituellement moribonde, condamnée à disparaître. » Cette théorie nous permet de mieux comprendre pourquoi le pasteur Martin Luther-King, dans l’exercice de sa fonction, ne s’est point limité entre les quatre murs de son temple mais a été plutôt actif sur le terrain. Quant à la stratégie et la méthode de lutte de King, elle trouve sa réponse dans la découverte qu’il fait d’avec la philosophie Gandhienne de la non violence, et ce fut en 1950 au cours d’une conférence animée par Mordecai Johnson, Président de l’Université Howard.

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Ce dernier revenait à peine de l’Inde et relatait la vie et les enseignements de Gandhi. King émerveillé par ce qu’il entend raconte : « Son message était si profond, si enthousiasmant qu’à la suite du congrès, je sortis m’acheter une demi-douzaine d’ouvrages sur la vie et l’œuvre de Gandhi (…) au fur et à mesure que j’avançais dans mes lectures, je fus de plus en plus fasciné par ses campagnes de résistance non violente. » Un peu plus loin, King explique comment avec Gandhi, il se rend compte de sa compréhension ‘’erronée’’ du sermon de Jésus sur la montagne. « Avant d’avoir lu Gandhi, j’avais été sur le point de penser que l’éthique chrétienne ne pouvait être appliquée que sur le plan des rapports individuels ; je croyais alors que les préceptes comme « tends l’autre joue » et « aimez vos ennemis » n’étaient valables que pour les conflits entre individus ; s’il s’agissait des races entières ou des nations, il me semblait que le problème exigeait une solution plus réaliste. Mais après avoir lu Gandhi, je compris que je m’étais gravement trompé. » Pour King, Gandhi est le seul personnage qui a su élever la morale chrétienne de l’amour au-dessus du niveau des rapports individuels pour en faire une force sociale efficace et puissante. Et à lui de conclure en ces termes : « Désormais, je fus persuadé que, sur le plan moral comme sur le plan pratique, c’était là la seule méthode possible pour un peuple opprimé décidé à se battre pour conquérir la liberté. »

Ainsi, le pasteur Martin Luther-King dans son choix de la méthode pacifique, fut profondément inspiré de Gandhi ainsi que de Jésus-Christ sur qui repose sa foi religieuse. Pour avoir fait ce choix, Martin Luther-King devient en 1964, le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix. Aujourd’hui, il est célébré chaque année dans le mois de janvier aux États-Unis.

Et vous ? Que pensez-vous de la non violence comme moyen de lutte pour l’émancipation totale de nos peuples ?

 

Pamphile GNAHOUA

About Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN, aussi appelé Mister Colombo, est un Journaliste ivoirien. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, Yannick est un passionné de la Jeunesse Africaine. Sa plume, il l'a met au service de la promotion du Leadership de celle-ci.

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