Claudy SIAR : La Génération Consciente doit devenir une Génération Agissante

Claudy SIAR

 Claudy SIAR est une icône. Son engagement pour le respect des libertés des peuples opprimés est aussi intense que ses activités dans les plus grands médias francophones de la planète. Claudy SIAR a une voix qui résonne partout en Afrique et est un personnage dont l’influence touchent chaque jour des millions de personnes. Ses détracteurs lui en veulent de travailler dans un média public français et ses admirateurs louent son courage pour ses positions tranchées dans la lutte pour la dignité de l’Homme Africain. Dans cette interview exclusive accordée à Tomorrow Magazine, Claudy SIAR nous présente le sens de sa lutte et revient sur les débuts de sa longue et grande carrière d’homme de média.

Tomorrow Magazine : Claudy SIAR, on vous entend très souvent parler de la génération consciente, mais qu’est-ce que revêt concrètement ce concept ?

Claudy SIAR : L’idée de la Génération Consciente est un état d’esprit que j’ai pensé lorsque j’avais une vingtaine d’années. Je souhaitais, au regard du monde dans lequel nous vivions que les choses changent. Et lorsque je parle de ‘’nous’’, je pense à toutes les personnes opprimées du monde, quelles que soient la couleur de leur peau et leur religion. J’appartiens à un peuple qui est né dans les fers de l’esclavage, je connais donc la couleur et l’odeur de l’oppression et je voulais que l’on puisse réfléchir à la possibilité de construire un autre monde, parce que penser à la création d’un autre monde me semble envisageable, et même urgente.

En 1991, je sors mon second album que j’intitule Génération Consciente et tous les messages à l’intérieur racontent l’histoire de ces peuples opprimés et se veulent universalistes. Et puis lorsque j’arrive sur RFI en 1995, je suis animé par cet esprit de militantisme. Mais, je décide de ne pas en faire une organisation pyramidale avec une direction en France et plein de petits mouvements en Afrique. J’ai surtout voulu que ce soit un état d’esprit chez les uns et les autres et ce n’est pas une question d’être jeune ou moins jeune, d’être un homme ou une femme, non ce n’est pas cela.

Je crois qu’aujourd’hui beaucoup ont compris cet état d’esprit et j’aime entendre des personnes dire : « J’appartiens à la Génération Consciente. » Mais ce que je dis désormais, c’est que cette Génération Consciente doit devenir une Génération Agissante.

TM : Aujourd’hui, partout dans le monde, on écoute Couleurs Tropicales, votre émission. Claudy SIAR, Comment est née cette œuvre radiophonique et pourquoi avoir pensé à la créer ?

CS : En 1994, je faisais déjà la télévision et un peu moins de radio. En ce moment, j’étais tous les dimanches matin sur la 3 et j’étais également sur M6 les dimanches en fin de matinée. J’avais ensuite envie de faire de la radio et j’avais surtout un rêve à réaliser. Je suis d’abord passé par Europe 1 où j’étais un petit assistant. Je suis ensuite devenu chroniqueur sur France Inter, mais mon objectif, c’était d’être dans une radio qui me permettrait d’être en prise directe avec l’Afrique. Alors, je vais frapper à la porte d’Africa N°1 et à l’époque, le patron de cette radio Nicolas BAREP me dit que j’ai un super profil et que ça pourrait se faire. Après 15 jours, il est revenu vers moi et m’a fait savoir finalement que c’était compliqué, car certaines personnes de son équipe avaient peur que je leur fasse de l’ombre. Je lui ai dit que ce n’est pas grave, c’est la vie. Quelques semaines plus tard, c’est une radio à laquelle je n’avais pas pensé qui m’appelle. Il s’agit de RFI qui m’appelle pour parler au monde et à l’Afrique en particulier. Vous ne pouvez pas imaginer la joie qui m’a envahi et à l’époque, je ne me rendais pas compte de la puissance de RFI.

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Le 13 mars 1995, j’intègre l’équipe de Radio France Internationale. Pour la petite histoire, l’animation d’une émission de RFI animée par Gilles OBRINGER et appelée Canal Tropical m’est proposée après le décès de celui-ci, et je réponds que je ne souhaite pas que cette émission garde le même nom. J’estime que Gilles avait écrit une page de l’histoire de cette émission et moi, j’avais une autre vision de la chose. Je leur propose des noms et ils sont tous rejetés par la direction. Ils estimaient que c’était des noms un peu trop avant-gardistes par rapport à ce qu’était RFI à l’époque. Un soir, je finis par trouver un nom qui ne me plaît pas, mais qui je sais risque de plaire au président de la chaîne qui s’appelait André LARQUIET. Lorsque je prononce Couleurs Tropicales, il est tout heureux et trouve que c’est parfait. Aujourd’hui encore, je ne suis pas fan du nom Couleurs Tropicales, parce que je trouve qu’il a vieilli et qu’il ne correspond pas tout à fait à ce qu’est l’émission et c’est d’ailleurs pour cela que j’y ai toujours adjoint l’esprit de la Génération Consciente pour que les uns et les autres comprennent qu’on peut être dans quelque chose de léger, mais qui en réalité est très profond. Je suis très heureux d’être sur cette radio parce que je lui dois beaucoup.

Claudy SIAR

 

TM : On vous appelle souvent ‘’le plus Africain des Caribéens’’. Pour vous la rencontre, le mélange entre l’Afrique et les Caraïbes est-il aussi nécessaire pour permettre à ces deux terres de se développer et de vivre harmonieusement ?

CS : C’est ce que les gens disent, mais j’ai envie de dire que nous sommes deux à penser ainsi. Il y a mon grand frère Jacob Devarieux (paix à son âme) du mythique groupe musical Kassav’ et moi. Très clairement, je n’ai pas adopté une terre que je ne connaissais pas dans mon esprit ou dans mon identité. C’est-à-dire que je ne suis pas comme un antillais qui se passionnerait d’une terre inconnue ou si vous voulez, je ne suis pas une somme de pièces rapportées. Les terres guadeloupéennes, martiniquaises et Guyanaises en partie, sont des terres gorgées d’africanité, par la déportation de millions d’Africains, par ceux qui ont fait souche sur ces territoires.

On peut constater qu’en Haïti et sur toutes les terres des caraïbes, là où il y a des Afro, ces terres sont africaines. Lorsque je suis chez moi en Guadeloupe, j’ai l’impression d’être chez moi en Côte d’Ivoire. La façon dont les gens se comportent, la façon dont les gens marchent, la façon dont les gens parlent, même si c’est une autre langue, j’ai l’impression d’être chez moi. Que vous soyez dans les endroits les plus reculés ou que vous soyez en ville, vous allez avoir le même sentiment. Pour moi, c’est quelque chose d’important.
Lorsque je vais sur le continent africain, je ne fais que revenir au cœur même du réacteur, à la source même, je suis de cette terre-là. D’ailleurs, j’ai fait mon test ADN et à 89,7%, je suis d’Afrique subsaharienne.
Je suis de toutes ces terres d’Afrique subsaharienne et d’Europe, je n’ai que l’Italie avec 5,4%. Pour moi, c’est extraordinaire. Je suis donc d’ici. Il n’y a même pas de questionnement. Certains disent que je me passionne de l’Afrique, je réponds non ! Je ne me passionne pas de l’Afrique, je suis Africain. Wolé SOYINKA disait que le tigre n’a pas besoin de dire qu’il est tigre, il n’a qu’à bondir sur sa proie pour prouver sa tigritude. Je suis juste un tigre.

TM : Claudy SIAR, on vous sait très attaché à l’Afrique, surtout à sa jeunesse. Pourquoi cet engagement sans fin pour la cause de cette frange de la population ?

CS : Parce que la jeunesse est bafouée. Parce que celles et ceux qui sont au pouvoir, pas seulement le pouvoir politique, je parle aussi des pouvoirs médiatiques, intellectuels, économiques, etc. ont souvent oubliés qu’ils ont été jeunes. Ils ont oublié qu’ils ont eux aussi connu la problématique du manque d’opportunités, du manque de considération et lorsque à leur tour, ils sont en situation pour pouvoir changer les choses, ils reproduisent les schémas qu’ils ont dénoncés lorsqu’ils étaient jeunes. Ça me cause un problème ! Je me dis que ce continent ne changera que lorsqu’il y aura de la considération pour les autres identités, pour la culture, pour l’histoire… Lorsque ce continent sera capable de décrire sa propre histoire et lorsque ce continent, par les femmes et les hommes qui sont aux pouvoirs, sera capable de se dire que pour changer les paradigmes, il faut aujourd’hui changer les politiques éducatives, il faut donner de la considération et de la valeur à notre jeunesse.

Il faut comprendre que ce qu’il y a de meilleur, ce n’est pas ce qui vient de l’extérieur, mais c’est ce qui vient de l’intérieur et il est important de savoir qu’aucun pays ne se construit sur le fiasco de sa jeunesse et sur les rêves brisés de celle-ci. C’est cela ! Toute la problématique pour moi est là. On peut avoir de grandes difficultés à réaliser ses rêves, à réaliser ses ambitions, à s’accomplir, mais lorsqu’on arrive à casser les rêves de la jeunesse, ce n’est même plus de la stagnation, c’est de la régression et les autres verront en vous des proies potentielles.

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Le monde entier déclare que l’Afrique est un continent d’avenir et moi, je dis toujours à cela que l’Afrique doit avant tout être un continent d’avenir pour les africains et les Africains décideront avec qui ils veulent partager leur richesse. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où il y a une troisième ruée vers l’Afrique. Il y a eu l’époque de l’esclavage, où on est venu chercher des esclaves et déporter des millions d’africains. Il y a eu l’époque de la colonisation où on est venu prendre des territoires et fabriquer de faux pays avec des frontières artificielles. Et aujourd’hui, il y a une troisième ruée qui internationalement est légale, parce que ce sont des contrats que l’on signe, ce sont des terres rares que l’on vend à vil prix aux uns et aux autres. Ce sont également de grandes sociétés étrangères à qui l’on donne tout et n’importe quoi et pour moi ça veut dire qu’il y a une nouvelle colonisation. Devant l’histoire ou devant des instances internationales juridiques, personne ne pourra rien dire car contractuellement tout est légal et c’est la pire des choses qui pouvaient nous arriver.

Aujourd’hui, on évolue vers l’émergence d’une jeunesse qui a une vraie conscience, la conscience du monde et ça, je pense que les réseaux sociaux ont ouvert aussi les esprits de beaucoup d’entre eux, même si ça aussi ouvert à la connerie et l’insulte facile, mais ce n’est pas grave. Il faudra juste un temps pour que les choses se stabilisent. Mais j’ai confiance en cette jeunesse. Elle a envie de changer sa vie, elle a envie de vivre. Il y a une partie de cette jeunesse qui a envie de sortir du continent parce qu’elle est désespérée et je la comprends. Mais il est temps que ça change.

TM : Vous parcourez très souvent les pays africains du nord au sud, de l’est à l’ouest. Vous rencontrez leurs dirigeants, leurs jeunesses… Claudy SIAR, très sincèrement, y a-t-il à espérer de l’avenir du continent africain ?

CS : C’est une question qui peut sembler simple, mais qui est très complexe, très difficile ! Alors très cher Yannick, vous disiez dans votre question que je rencontre des dirigeants et je rencontre aussi des jeunes, des gens du peuple et croyez-moi, beaucoup de personnes ont des fantasmes sur ça. Ils se disent : ‘’Claudy SIAR, il est l’ami des puissants’’. Moi, je ne suis pas l’ami de puissantes personnalités politiques. Évidemment, on regarde ma carrière, on regarde ce que je représente, parce que j’ai rencontré beaucoup de personnalités que je connais et que je ne connais pas, mais les gens continuent de fantasmer sur mes relations avec celles-ci. Considérons un instant que je suis ami à des Chefs d’États en Afrique, pensez-vous que j’allais pouvoir dire ce que je dis au quotidien face à leur politique meurtrière vis-à-vis de leur jeunesse ? Jamais je ne pourrai leur dire cela.

Lorsqu’en 2017, je fais une vidéo dans laquelle je dénonce l’esclavage en Lybie, et j’organise à Paris la première manifestation internationale contre les crimes perpétrés contre la jeunesse dans ce pays, au cours de la manifestation, j’indexe tous les Chefs d’États et je déclare que leurs noms sont dans les Panama papers, dans tous ces scandales financiers et autres… Si ces personnalités étaient mes amis, je n’aurais pas le cran de le dire. J’ai reçu une bonne éducation, je n’insulte pas mes amis en public, je leur dis à la limite en privé ce que j’ai à leur dire, mais je ne peux pas me dissocier de ce qu’ils font. Alors, comprenez tout simplement que je ne suis pas l’ami de ces puissantes personnalités politiques. Certes, je connais des gens à qui je dis bonjour, je vois d’autres avec qui j’ai des relations cordiales, mais ça s’arrête là, rien d’autre. Par contre, il y a un président en Afrique dont je suis l’ami, il s’agit de Patrice TALON.  Pourquoi ? Parce que son épouse Claudine est une amie et c’est la culture qui nous a réunis. Et puis ensuite Patrice, je l’ai connu d’ailleurs quelques heures après ma rencontre avec son épouse, mais il n’était pas encore président de la République, mais chef d’entreprise. Cette amitié que j’ai avec le Chef de l’État béninois dure depuis plus de 20 ans.

Claudy SIAR

Maintenant, est-ce qu’on peut avoir confiance en l’avenir de l’Afrique ? Je répondrai oui et non ! Aujourd’hui, l’Afrique est dans une situation où elle est dominée spirituellement, économiquement, médiatiquement et politiquement. Elle ne fait que reproduire des schémas d’organisations sociales qui ressemblent à ce qui se fait en Occident et elle est incapable de se dire, j’ai mon talent, ma propre identité, mon propre réflexe… Vous savez Yannick, nous sommes différents des occidentaux du point de vue de l’histoire. Nos sociétés ancestrales peuvent nous conduire à créer notre propre monde. C’est pour cela que je dis que nous devons créer un monde qui nous ressemble, tant que nous serons incapables de réaliser ça, l’Afrique sera toujours dans la défaite. C’est une réalité !

Mais on constate de plus en plus qu’il y a une prise de conscience et cela rassure. Mais je ne pense pas que je verrai de mes yeux la victoire de l’Afrique sur ce monde, je ne pense pas non plus que cette génération verra cette victoire, mais le plus important ce n’est pas de voir la victoire, c’est plutôt de comprendre qu’il y a des prémices, qu’on a déjà planté les graines, que ces graines germeront et que les générations futures pourront jouer leur rôle. Mais encore une fois, tant qu’on n’est pas capable de créer un monde qui nous ressemble et qui nous rassemble, l’Afrique sera toujours dans la défaite et c’est très clair pour moi.

TM : Claudy SIAR, parlons de l’engagement et de l’attitude de la Jeunesse africaine face aux questions politiques, économiques et sociales. Comment imaginez ou souhaitez-vous qu’elle se comporte ?

CS : Ce que je souhaite d’abord c’est que la jeunesse africaine soit responsable. Et être responsable, ça veut dire avoir la possibilité de décider, d’être entendu, d’être considéré à sa juste valeur. L’impression que j’ai, c’est que les gens qui sont au pouvoir ne se rendent pas compte que leurs jeunesses ont soif de réussite. Ça peut arriver que des jeunes soient troublés pendant un moment, parce que justement, ils sont encore jeunes et qu’ils peuvent se tromper, mais ce n’est pas grave. Ce qui compte, je pense, c’est l’énergie qu’ils ont ces jeunes. Pour un changement et une évolution politique, sociale et économique, il faut pouvoir être capable d’écouter la jeunesse.

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J’ai organisé en 2015 une grande rencontre en Guinée qui s’appelait ‘’Nos Jeunes ont du talent’’. C’était une sorte de consultation nationale où plus de 25 000 jeunes ont été rassemblés pour s’exprimer et pour travailler dans leurs différentes régions ou dans des commissions, afin de faire des propositions et des doléances à l’ex-président Alpha CONDE au cours d’une cérémonie officielle, mais malheureusement l’exécutif n’a pas pris à cœur toutes les recommandations formulées. C’est dommage, parce que si le président de la République avait pris soin de bien lire les idées proposées, s’il avait bien compris cette jeunesse, je pense qu’il aurait eu une véritable symbiose entre lui et la jeunesse guinéenne. C’est quelque chose que je souhaite reproduire dans deux ou trois régions d’Afrique, parce que je pense que c’est vraiment important.

Il faut que les politiques tiennent réellement compte de ce que leur disent leurs jeunesses. C’est vrai, on ne peut pas tout réaliser, mais il faut être sérieusement à l’écoute de cette frange de la population et tenir compte de ses souhaits. Tant que les pays africains ne seront pas capables de faire cela, ce n’est pas la peine d’espérer en cette jeunesse. À quoi ça sert de faire des forums sur l’entrepreneuriat, sur le social, sur ceci ou cela en ne prenant en exemple que 2, 3 ou 4 jeunes brillants sortis des meilleures écoles et souvent même pas des écoles ivoiriennes, mais américaines, anglaises, Suisses, etc. On ne pourra jamais voir les choses avancer si on n’implique pas la jeunesse qui fait l’Afrique, qui rêve l’Afrique. Dans la jeunesse, il y a des intellectuels, des gens en activité ou des gens au chômage, il y a plusieurs tranches d’âges et ça, c’est important. Je dis non à l’idée selon laquelle on ne doit laisser s’exprimer que des jeunes qui ont fait les meilleures écoles. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer et apporter selon la mesure de sa capacité.

TM : De nombreux jeunes sur le continent sont admiratifs de votre parcours et de votre engagement. Ils sont même très curieux de savoir comment les choses se sont passées pour que Claudy SIAR en soit aujourd’hui à ce niveau.

CS : Ça été vraiment un pur hasard. J’ai fait une formation de chant, danse et comédie et je jouais au théâtre en 1983 et quelqu’un m’a dit « Claudy SIAR, tu dois faire la radio, tu as une voix pour faire la radio. » À cette époque, nous sommes au début des radios libres en France. Je me lance comme ça en radio et je comprends très vite que je devrais me convertir et connaître tous les rudiments de ce métier. A ce moment-là, on avait la possibilité de se former sur le tas et d’obtenir également nos diplômes sur le tas, ce qui n’est plus possible aujourd’hui en France. C’est ainsi que je me retrouve à Europe 1 en 1985. De 1986 à 1987, j’étais chroniqueur à France Inter et je me lance ensuite à la télévision à partir du 30 octobre 1988.

Aujourd’hui, ma fille est devenue journaliste. Elle travaille pour Brut et contrairement à moi, elle a fait une école de journalisme après le BAC. Tout ceci pour dire que je suis entré dans ce métier ‘’par accident’’. Ce n’était pas du tout prévu, c’est un hasard.

TM : Pour vous, qu’est ce qui peut être la chose la plus importante pour un jeune dans sa quête de réussite ?

CS : Il faut qu’il soit d’abord passionné, ça c’est une évidence.
Mais attention, la passion n’exclut jamais la raison et il faut qu’ils se disent toujours que si je pose cet acte-là, voici les conséquences qui peuvent en résulter. Il faut donc qu’il s’interroge toujours sur la raison de l’acte qu’il s’apprête à poser. Avec du recul, il y a des choses que je n’aurais probablement pas faites dans la vie si j’avais réfléchi un petit peu plus. C’est-à-dire que la pierre que vous déposez là, vous la verrez jusqu’à la fin de votre vie. Elle aura une conséquence dans votre vie. Alors, il faut juste se dire, ai-je raison de faire ça ? Qu’est-ce que cela va engendrer ? Quelque chose de positif, de négatif ou d’ambigu. ?

TM : Claudy SIAR, que pensez-vous de l’opportunité de lancer un média dédié à la promotion de la Jeunesse comme Tomorrow Magazine ?

CS : Je pense que l’idée de lancer Tomorrow Magazine est magnifique, parce que pour le coup, il répond à toute la problématique que nous avons évoquée autour de la jeunesse. Je pense à la problématique de la considération de cette jeunesse. Voici un média qui a envie de se concentrer sur ces jeunes qui font de belles choses sur le continent et ce qui est surtout intéressent, c’est de parler de leur réussite. Mais il faut parler de la réussite accessible à tous. J’avais lancé pour TV5 une série d’émissions télévisées qui s’appelait Génération Consciente, et l’idée, c’était de prendre des personnes dont les réussites sont accessibles et qui dans le même temps font des choses pour d’autres personnes qui ont moins de chances, moins d’opportunités qu’eux. Pour moi, c’est cela l’essentiel et ce sont ces jeunes-là qu’il faut montrer. Il ne faut pas présenter que des réussites qui sont tellement extraordinaires, qui en fin de compte sont inaccessibles à tout le monde.

Claudy SIAR

En le faisant ainsi, on devrait être mieux considéré par les politiques et par le secteur économique, qui pourront dire voici un média fondé par des jeunes gens qui s’exprime aussi et qui met en avant cette jeunesse leader dans un continent où la majorité de la population est jeune. Bravo Tomorrow Magazine !

TM : Claudy SIAR, c’est déjà la fin de notre entretien. Quel est votre message à l’endroit de la jeunesse africaine ?

CS : J’ai envie de dire ceci : qui que vous soyez, où que vous soyez, restez fier de ce que vous êtes. Il n’y a pas de peuples supérieurs ou de peuples inférieurs. Il y a certes des gens riches, il y a des gens qui ont bien plus que d’autres en parlant du matériel, voir trop même, mais la dignité d’un être humain ne se mesure pas à son compte en banque, ni à la jolie voiture qui l’attend devant sa maison et ça, c’est extrêmement important. On est trop souvent dans l’immédiateté, et dans le matériel, on veut mesurer la valeur de quelqu’un par ce qu’il possède. Vous ne devez jamais être dans cette dynamique, sinon vous risquez de vous perdre.

Nous sommes dans une période de confrontation et de colère, mais certains vont jusqu’à entretenir la haine. Je voudrais leur dire que la haine n’est jamais une solution. La haine est un poison ! Ce n’est pas un poison que vous administrez à votre adversaire, mais que vous vous inoculez. Alors, ne faites jamais usage de la haine, ça risque de brouiller, et d’endommager votre raison !

 

Interview réalisée par Yannick DJANHOUN et Cassandre ZOUNON

About Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN, aussi appelé Mister Colombo, est un Journaliste ivoirien. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, Yannick est un passionné de la Jeunesse Africaine. Sa plume, il l'a met au service de la promotion du Leadership de celle-ci.

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Bony
Bony
4 mois il y a

C’est Bony Bony

Bony
Bony
4 mois il y a

Bonjour son excellence Claudy c’est Bony depuis le Togo,je te présente mon single Eto’o 2022 très très fort.merci a tout la génération consciente .

FOUMBOULOU NZIOBA
FOUMBOULOU NZIOBA
5 mois il y a

Wahou!
Quoi d’autre à dire à vous Tton Claudy si ce n’est que des remerciements pour l’éveil et la force suivant lesquels tu nous infeste chaque jour en ayant l’occasion et par quel moyen que ce soit.
On vous poche de nous et plus puissant avec nous.
Merci pour de ressusciter la Conscience qui effectivement doit être agissante Cher Aîné.
Encore,
merci pour tout…!
Christ – Mario de la Génération Consciente: Couleurs Tropicales…

Faouziatou Ibrahima
Faouziatou Ibrahima
5 mois il y a

Je viens de découvrir ce magazine grâce au post de Claudy Siar sur Dikalo. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt. CS a touché du doigt les réalités du terrain et les défis. J’ai aimé le fait qu’il ait proposé des solutions et aussi le fait qu’il soit réaliste.

Alain Job
Alain Job
5 mois il y a

Tres bonne conversation. Elle eclaire les jeunes du continent sur les defis qui les attendent et les replace au centre meme de l’emergence de L’Afrique en leur demandant d’etre active et agissante.
Merci