PaulYvesHeyTien, la révélation du court-métrage ivoirien

PaulYvesHeyTien, la nouvelle coqueluche du court-métrage ivoirien

Sur Facebook, c’est l’une des nouvelles coqueluches du court-métrage made in Côte d’Ivoire. PaulYvesHeyTien est passionné, un véritable passionné. Dans cette interview, la toute première qu’il accorde à un média, Paul raconte sa passion à Tomorrow Magazine et nous plonge dans son univers, dans son rêve. Bonne lecture !

Tomorrow Magazine : Bonjour Paul, présentez-vous à nos lecteurs.

Paul Yves Hey Tien : Bonjour Tomorrow Magazine, je suis Paul Yves ETTIEN à l’état-civil et je suis étudiant en année d’ingénierie pétrole, à l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Et l’autre facette, PaulYvesHeyTien, c’est celui qui réalise des vidéos sur internet. Cet autre Paul, c’est un créateur de contenus web, un comédien aussi.

TM : On le sait, vous êtes un grand passionné de cinéma, d’où vous vient cette passion ?

PYHT : Ma passion pour le cinéma, vient de certains films que je regardais dans ma tendre enfance. Je continue d’ailleurs à les regarder aujourd’hui. Les réalisateurs et les scénaristes, dans la plupart des films que je regarde et que j’apprécie, arrivent à me surprendre, à me faire ressentir des émotions. J’adore regarder ces films qui te font quitter la réalité et qui te font rêver carrément. À mon tour, je veux moi aussi vendre du rêve dans mes réalisations. J’ai décidé alors de faire ressentir des émotions à d’autres personnes.

TM : Tes réalisations de courts-métrages ne datent pas de maintenant. Les nombres faibles de vues de tes vidéos au début de ton aventure, ne t’ont-ils pas découragé ?

PYHT : Non, mes faibles débuts ne m’ont pas du tout découragé, parce que j’ai commencé et je continue à le faire par passion. C’est quelque chose que j’aime et que j’ai toujours aimé.

Vous savez, je ne réalise pas mes vidéos pour être célèbre ou pour gagner beaucoup d’argent. Au début, c’était une sorte d’amusement entre potes et ça s’est transformé au fur et à mesure des réalisations. C’est-à-dire qu’au début, je postais mes vidéos sur les réseaux juste pour le kiff. Je n’attendais vraiment rien en retour.

Après, il y a eu trois ou quatre personnes qui ont commencé à me suivre régulièrement, et là je me suis dit immédiatement que ces vidéos ne m’appartenaient plus à moi tout seul. Même si aujourd’hui, je n’avais que dix ou six personnes abonnées à ma page, je continuerai à faire des vidéos, à me performer, pour leur donner du plaisir. Aujourd’hui, après 7 ans, je prends toujours beaucoup de plaisir à réaliser des vidéos, pour enjoliver la journée des personnes qui ont l’amabilité de me suivre sur les réseaux sociaux.

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TM : Paul, vous êtes étudiants, alors comment arrivez-vous à trouver du temps pour réaliser toutes ces vidéos ?

PYHT : Oui je suis étudiant et je sais disposer de mes temps libres pour m’adonner à ma passion. Je sacrifie les moments de sport pour me consacrer à la rédaction de mes scénarios, au tournage de mes vidéos et à leur montage. Vous ne me verrez presque jamais sur un terrain de foot ou de basket en train de jouer.

Par ailleurs, si vous l’avez remarqué, je ne poste pas de vidéos aussi fréquemment que ça. Je poste avec beaucoup de semaines ou de mois d’intervalles. Cela s’explique par le fait que je prends mon temps pour les réaliser et il faut reconnaître que cela m’aide également avec l’école. Pour mes récentes productions, que j’ai baptisé ‘’Les 4 saisons’’ et qui ont connu un franc succès auprès du public, j’en ai tourné les trois premières le même jour. En un jour, j’avais déjà le scénario et tout ce qu’il fallait pour tourner.

J’ai tourné ‘’Lisa’’, mon dernier court-métrage, dans une période où j’avais assez de liberté. Avec mes amis, on l’a fait en deux ou trois jours. Je programme mes vidéos sur un mois et ça me donne du temps pour étudier et suivre mon cursus universitaire tranquillement.

TM : C’est quoi votre stratégie pour conquérir les réseaux sociaux ?

PYHT : Je n’ai pas de stratégie particulière pour conquérir les réseaux. Je vis simplement ma passion et je pense que l’ascension que je connais aujourd’hui, est due au fait que c’est seulement maintenant que les gens découvrent mon travail. Tout ce que j’essaie de faire actuellement, c’est d’améliorer la qualité de mon travail, de donner toujours le meilleur de moi-même, de toujours me performer, pour faire plaisir à ceux qui me suivent.

TM : De quoi vous inspirez-vous pour la réalisation de vos vidéos et comment sont-elles élaborées ?

PYHT : Je m’inspire premièrement de mon vécu et surtout du quotidien de la société ivoirienne. Avec mes amis, on essaie d’être le plus comique possible en exagérant dans les scénarios. Je mets en scène des situations hors du commun, pour donner le maximum de plaisir dans la réalisation.

Maintenant, en ce qui concerne mes courts-métrages comme ‘’Lisa’’, mes réalisations partent de la volonté d’atteindre deux objectifs. Le premier, c’est celui de sensibiliser sur un problème sociétal. Dans mon court-métrage intitulé ‘’Émilie’’, j’ai essayé d’attirer l’attention des uns et des autres sur la dépression, en montrant la réalité de cette maladie et ses conséquences. C’est en signe de solidarité à toutes ces personnes qui en souffrent, que nous l’avons réalisé. ‘’Lisa’’, c’est un message d’encouragement à l’endroit de toutes ces femmes qui, malheureusement, font des fausses-couches et qui rencontrent injustement après des problèmes dans leur couple.

Deuxièmement, il faut savoir et c’est important, toutes mes vidéos ramènent à mon univers personnel. J’encourage toutes les personnes qui ont déjà regardé mes réalisations de continuer à le faire. Elles finiront par comprendre mon monde.

Pour ce qui concerne l’élaboration de mes vidéos, je travaille avec des Jeunes doués. Je prends l’exemple du compétent Serge Alex, mon cadreur qui m’aide à tourner mes films depuis 2017. Comme lui, de nombreux autres, des amis ou même mon grand frère Jean-François ETTIEN, acteur talentueux qui joue le rôle de mon père dans mes vidéos, m’aident à réaliser toutes ces vidéos en étant acteurs et techniciens. On tourne avec un smartphone et je fais les montages avec mon ordinateur. Voici tout le secret. Voici toute la magie.

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TM : Le mot Nouchi ‘’à batsaaarr’’ que vous employez très souvent dans vos vidéos, est fortement apprécié des internautes, comment vous est venue l’idée de l’utiliser ?

PYHT : J’ai employé ce mot pour la première dans mes vidéos en 2017 ou en 2018. Si mes souvenirs sont bons, c’était dans la vidéo intitulée ‘’Comment devenir fort en math ?’’ En fait, pendant le tournage de cette vidéo, à la fin d’une séquence, je devais dire quelque chose de drôle et face à la caméra, c’est ce mot qui est sorti de ma bouche. Je me suis rendu compte bien plus tard, que ma manière de le dire plaisait aux gens. J’ai donc décidé de le garder et de l’utiliser dans la plupart de mes vidéos.

TM : Certains Jeunes, passionnés de cinéma, trouvent que la cherté du matériel de tournage et de réalisation de films, freinent leur envie de se lancer dans des productions. Qu’en pensez-vous ?

PYHT : Dire que le matériel pour réaliser les vidéos est cher, c’est juste une excuse pour ne pas se lancer dans la création de contenus. Je vous donne mon exemple. Je l’ai dit tantôt, je filme avec mon téléphone et je monte la vidéo avec mon ordinateur. Je n’ai pas eu besoin de matériels chers pour faire des réalisations. On peut faire de belles et de bonnes réalisations avec le peu de moyens qu’on a, il faut juste laisser exprimer sa passion, il faut juste y mettre du temps, il faut juste travailler dur.

Pour ce qui est des appareils photo professionnels ou ordinateurs adaptés, il ne faut pas se presser, tout viendra avec le temps.

TM : Gagnez-vous beaucoup d’argent grâce à vos vidéos ?

PYHT : Non, au contraire, on va dire que c’est moi qui dépense dans la réalisation de mes vidéos. Pour l’instant, je ne gagne absolument rien sur les vidéos. Je le fais juste pour le kiff. Mais avec les récentes vidéos publiées sur ma page (4 saisons), j’ai été contacté par des entreprises. Alors, je pense que les choses vont évoluées. Je pourrai bientôt rentabiliser. On pourra faire de meilleures choses, sans être dans le déficit.

TM : Le succès est enfin là et vous avez de plus en plus de followers sur les réseaux sociaux, comment vous voient désormais vos amis, vos parents, etc. ?

PYHT : Pour vous dire toute la vérité, rien n’a changé. C’est toujours le même état d’esprit que lorsque j’avais 100 ou 300 abonnés et ce sera le même lorsque j’en aurai 500 000. Je n’ai pas pris la grosse tête. Je suis toujours le même, je réponds toujours aux messages de mes fans, mais il faut dire que maintenant, il y a tellement de messages dans mon inbox que ça devient difficile pour moi de répondre à tout le monde.

Mes amis sont fiers de moi, mes parents aussi et je me suis promis de ne jamais négliger ceux qui me suivent et me soutiennent depuis le début. Pour moi, je ne me sentirai célèbre que lorsque les Ivoiriens pourront me citer en exemple et lorsque je ferai véritablement la fierté de mon pays à l’extérieur. Pour ce faire, je continue de travailler.

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TM : Quelles sont vos ambitions à long terme ?

PYHT : J’ai de grands projets à réaliser sur le long terme, mais là je ne peux pas vous dire grande chose parce que je ne veux pas être spolié. Ce sera une grosse surprise.

TM :  À tous ces fans qui vous suivent régulièrement sur les réseaux sociaux, quel est votre message à leur endroit ?

PYHT : À tous ceux qui me suivent, je voudrais dire de ne jamais abandonner leurs rêves. Qu’ils se battent toujours pour les réaliser. Et s’ils n’ont pas de rêves, qu’ils en trouvent d’abord et qu’ils les poursuivent patiemment. Il faut persévérer et même si ça prend des années, il ne faut jamais baisser les bras, il faut toujours continuer.

Je crois en la force de la passion et en celle du travail. À force de continuer et d’apprendre, ils seront récompensés dans le futur et je souhaiterais surtout leur dire de ne jamais oublier de se confier en Dieu. Avec le Créateur, ‘’on ne tape jamais poteau’’.

Je leur demande enfin de continuer à me suivre, parce qu’à travers mon travail, je continuerai à nourrir leur esprit. Il paraît que je vends du rêve et apparemment, je le fais plutôt pas mal. Grand merci à Tomorrow Magazine !

 

Interview réalisée par Mister Colombo et Camille ETE

About Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN, aussi appelé Mister Colombo, est un Journaliste ivoirien. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, Yannick est un passionné de la Jeunesse Africaine. Sa plume, il l'a met au service de la promotion du Leadership de celle-ci.

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