Interview exclusive – Jarvis Naya ZAMBLE : La plus Jeune député de Côte d’Ivoire nous ouvre son cœur

Honorable Jarvis Naya ZAMBLE

Jarvis Naya ZAMBLE a eu de l’audace. Elle est devenue le plus jeune député de Côte d’Ivoire en battant à Gohitafla, le député sortant et le candidat du RHDP, son parti politique. Engagée à ces élections législatives comme indépendante, elle défraie actuellement la chronique, nourrit les débats et fait rêver de nombreux Jeunes qui veulent se lancer en politique. Dans une interview exclusive, l’honorable nous ouvre entièrement son cœur.

Tomorrow Magazine : Honorable, à votre si jeune âge, qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans l’arène politique ?

Jarvis Naya ZAMBLE : Servir la Nation, servir les populations, défendre des valeurs et des convictions. C’est pour cette raison que je suis dans l’action politique mais aussi sociale, depuis plusieurs années.

TM : Être Jeune et sans expérience dans l’arène politique, est souvent considéré comme un handicap ! Comment avez-vous réussi à battre d’aussi ‘’vieux loups’’ de la politique lors des dernières législatives ?

JNZ : Ma disponibilité auprès des populations à fait la différence. Je n’ai pas attendu la campagne et les élections, pour être à l’écoute des électeurs et des électrices. J’étais avec la base régulièrement, sans rien leur demander ! Et quand les populations ont appris que j’étais candidate, elles ont adhéré à ma vision.

Être jeune et être sans expérience peuvent être certes considérés par certains comme un handicap, mais cela peut devenir un atout, car quand on est jeune, on est innocent, et on a, si je peux ainsi le dire, les mains propres.

TM : Imaginiez-vous un jour devenir député de la République de Côte d’Ivoire ?

JNZ : Non à priori ! Mais oui un peu quand même, car je me suis dit que l’un des meilleurs moyens de continuer à servir les populations, est de pouvoir porter leurs aspirations au cœur de la représentation nationale.

TM : Honorable, une vive polémique a déchaîné les réseaux sociaux ces derniers jours. Elle était relative à une interview accordée à une chaîne de télévision internationale, comment avez-vous réagi face à cela ?

JNZ : Avec sérénité mais aussi avec concentration (rires). J’étais sereine et j’étais concentrée.

J’étais sereine parce que j’ai compris que les internautes souhaitent le bien et le meilleur pour moi. Même les critiques les plus méchantes visaient à m’aider à renforcer mon leadership, le leadership jeune et féminin. Je profite pour remercier les uns et les autres pour leur intérêt pour ma modeste personne. Cela m’a aussi aidée à rester davantage concentrée. Car c’est cela l’essentiel ! Être concentré ou rester concentré, c’est ne pas se disperser, ne pas s’éloigner de sa vision, ni de ses objectifs.

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TM : Revenons sur la fameuse question : quelle est votre idéologie politique ? Maintenez-vous votre réponse qui est celle de dire que c’est de rester concentré ?

JNZ : Bien sûr que je maintiens la réponse ! Mais je pose une question : c’est quoi une idéologie politique, ou plutôt que renferme la notion d’idéologie politique ? Une idéologie politique renferme la vision que l’on a de la politique, le sens de l’engagement politique que l’on a, ce que l’on veut faire en politique. Le problème qui s’est posé, est que certains ont pu penser que mon niveau de compréhension des choses, ne me permettait pas de connaître le sens de la question relative à l’idéologie politique ! Je pense que le malentendu vient de là. Vous savez, l’on peut ne pas tout savoir, et commettre des erreurs, mais il y a lieu d’avoir de la concentration de part et d’autre. Moi, j’étais concentrée et j’ai compris que le journaliste voulait savoir quelle est ma vision politique, là où d’autres voulaient entendre l’étalage de grandes théories comme le libéralisme, le socialisme, ou autre. Si tout le monde était resté concentré, je pense qu’on aurait évité toute la polémique et tout le buzz qui ont suivi. Mais comme j’ai dit, à quelque chose, malheur est bon. Je remercie encore les internautes pour leur réactivité sur la question.

Cela dit, je profite de Tomorrow Magazine pour préciser, au-delà de ma vision personnelle, que mon idéologie politique générale est tout naturellement celle de mon parti politique, le RHDP !

Pour moi, cela devait paraître si évident pour tous. Tout le monde peut comprendre que je ne peux pas avoir une idéologie politique différente de celle de mon parti politique. Le RHDP s’inspire de l’Houphouëtisme. Au-delà de l’Houphouëtisme, le RHDP est membre de l’international Libéral. Je m’inscris naturellement dans cette vision partagée par le RHDP, même si de nos jours les séparations idéologiques n’ont plus les mêmes enjeux qu’autrefois. Les enjeux et les urgences dans notre pays commandent de rester concentré pour des débats d’ordre pratique, et non pour des discussions sur des enjeux de philosophie politique ou de sciences politiques.

TM : Honorable Jarvis Naya ZAMBLE, on vous sait très proche des populations de Gohitafla, ne serait-ce pas uniquement que pour des raisons électoralistes que vous l’êtes ?

JNZ : Non Yannick. C’est dans le cadre d’une vision politique. Être proche de façon régulière des populations, ce n’est pas uniquement pour des raisons électoralistes. Pour moi, c’est une vocation. Vous aurez l’occasion de le constater ! Car maintenant que j’ai été élue, je resterai la même auprès des populations ! Je serai même de plus en plus sur le terrain, en dehors de la période des élections.

TM : Allez-vous vous ranger dans les rangs de votre parti politique le RHDP, après vous êtes engagée en qualité de candidate indépendante lors des dernières élections législatives ?

JNZ : C’est déjà fait ! La campagne est terminée ! J’ai relevé un défi : gagner avec le RHDP ou sans le RHDP. Je suis revenue donc à la maison, sans condition, ni complexe ! Je l’ai expliqué aux populations qui m’ont élue. Je vais les faire adhérer à cette option, pour soutenir le développement de notre région.

Ce qui importe, c’est moins l’étiquette politicienne, que la capacité d’agir pour améliorer le quotidien des populations, de mes électeurs et électrices.

TM : Vous, désormais député, que comptez-vous faire pour les populations de votre région et de celle de la Côte d’Ivoire entière ?

JNZ : Continuer mon engagement en faveur du leadership féminin, en faveur de la promotion de la jeunesse, pour plus de responsabilité, et d’autonomie en leur faveur. Soutenir les initiatives et les projets de loi dans ce sens, et pour l’emploi des femmes et des jeunes ! C’est pour toutes les régions de Côte d’Ivoire ! Notre mission est nationale, même si nous avons Gohitafla en bonne place (rires), dans notre cœur. Il s’agit de montrer que si j’ai pu arriver à ce stade, cela reste possible pour toutes les femmes, et pour tous les Jeunes. Nous allons porter cette vision, et maintenir cette espérance partout.

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TM : Après les législatives, avez-vous d’autres ambitions politiques ? Si oui, lesquelles ?

JNZ : Je n’ai rein à dire sur cela pour le moment ! Restons concentrés ! Stay focus, comme diraient les anglophones, sur la mission actuelle. On a le temps de parler d’autres choses plus tard, le moment venu !

TM : On vous a vu être désignée comme secrétaire de séance lors de la rentrée parlementaire 2021 de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, qu’est-ce que vous avez ressentie en ce moment-là̀ ?

JNZ : Un sentiment de grande responsabilité ! Un honneur d’être une sorte de porte-parole de la jeunesse de Côte d’Ivoire !

J’ai davantage perçu les enjeux et compris que je ne dois pas décevoir ! J’ai compris que je n’ai pas le droit à l’erreur ! C’est pour cela que je n’ai pas mal pris, comme indiqué plus haut, la polémique relative à la question sur l’idéologie politique !

TM : De nombreuses jeunes filles rêvent de faire comme vous. Vous êtes désormais très suivie, est-ce que vous en avez pleinement conscience ?

JNZ : Oui bien sûr ! J’en ai pleinement conscience ! Et la réponse à des questions précédentes tient ! J’ai dit notamment qu’il s’agit de montrer que si j’ai pu arriver à ce stade, cela reste possible pour toutes les femmes, et pour les jeunes. Nous allons porter cette vision, et maintenir cette espérance partout.

TM : On parle de plus en plus de la défense des droits de la femme, c’est quoi votre vision relativement à cette question importante ?

JNZ : Ma vision est de faire plus pour l’autonomisation des femmes, pour leur émancipation, pour leur bien-être. Les jeunes filles doivent aller à l’école, celles qui n’ont pas pu y aller à temps, doivent être alphabétisées. De loin, ou plutôt avant d’être élue député, je suivais ce que fait la Première dame Dominique OUATTARA sur la question, ainsi que d’autres ONG. Maintenant, de ma position, j’essaierai de porter plus haut cette vision qui demande de rester concentré. Je vais m’engager dans les pas de la Première dame.

TM : Honorable, nous allons aborder des questions moins sérieuses. Qu’est-ce que vous aimez faire dans la vie de tous les jours ?

JNZ : Me rendre disponible pour les populations ! Aider, partager le peu que j’ai ! Faire les choses simples de la vie, même si cela peut être de plus en plus difficile, car avec les médias et les responsabilités qui sont les miennes, il me faut faire attention ! Je ne pourrais plus faire ce que je fais comme avant (rire). Il me faut rester davantage et plus que jamais concentrée (rire).

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TM : Quel est votre footballeur préféré et pourquoi ?

JNZ : J’aime tous les bons joueurs ! Je les apprécie tous. ! Ce n’est pas un joker !

TM : En politique, qui vous inspire le plus ? Et pourquoi ?

JNZ : Le Président Alassane OUATTARA, le Premier ministre Hamed BAKAYOKO, et bien entendu le Président Félix HOUPHOUËT BOIGNY ! Sans oublier que j’ai un profond respect pour les Présidents Henri Konan BÉDIÉ et Laurent GBAGBO.

TM : Quel est votre mot à l’endroit de Tomorrow Magazine ?

JNZ : Ce sont des mots d’encouragements. Le journalisme est une mission noble ! Informer les populations est un sacerdoce ! Avec Tomorrow Magazine, vous parvenez à tirer votre épingle du jeu. Si j’ai accepté de parler à votre magazine, c’est parce que vous êtes une équipe de Jeunes ayant envie de faire bouger les choses, malgré les difficultés et les moyens limités. J’aurai besoin de vos suggestions et de vos propositions, pour aider à faire avancer la cause de la presse dans notre pays, à travers l’action des députés.

TM : Avez-vous une dernière chose à dire ?

JNZ : Oui ! Je voudrais dire merci aux populations qui m’ont élue ! Les rassurer de notre engagement. Infiniment merci aux anciens, aux femmes, aux Jeunes ! Je voudrais aussi remercier toute mon équipe, qui m’aide à organiser mes activités. Je leur demande de garder le cap et de croire en un avenir radieux commun. Merci également aux internautes, à qui je demande de rester concentrés !

 

Interview réalisée par Yannick DJANHOUN

 

 

 

 

 

 

 

About Yannick DJANHOUN

Yannick DJANHOUN, aussi appelé Mister Colombo, est un Journaliste ivoirien. Actuellement Rédacteur en Chef de Tomorrow Magazine, Yannick est un passionné de la Jeunesse Africaine. Sa plume, il l'a met au service de la promotion du Leadership de celle-ci.

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Tie bi leh Elie
Tie bi leh Elie
1 mois il y a

Je suis Élie Tie bi, fils de Gohitafla. Je tiens à exprimer en votre endroit honorable Jarvis mes sentiments de fierté. Fier de votre réponse grande sœur ( si vous me le permettez) vis-à-vis de cette polémique. Fier, fier, fierrrr de vous honorable. Bon vent à vous